LES SATURNALES, LIV. VI.
transporter dans ses ouvrages, en n'y changeant(pie quelques paroles ; et comme il serait troplong de citer en entier ces morceaux et leur'imitation , je ne ferai qu’indiquer les vieux ouvragesdans lesquels ils se trouvent, afin que ceux quivoudront les y aller lire puissent en vérifier lasingulière conformité. La description d’une tem-péte est pincée au commencement de l’Enéide.Vénus vient sc plaindre à Jupiter des périls aux-quels son fils est exposé. Jupiter la console parle tableau de la prospérité que lui promet l’ave-nir. Tout cela est pris à Nævius, dans le premierlivre de son poème de la Guerre L’unique; carlà aussi, Vénus vient se plaindre à Jupiter de latempête qu’éprouvent les Troycns; et Jupiteradresse la parole à sa fille pour la consoler, enlui montrant l’avenir. Le morceau de l’unduruset Ritias, qui ouvrent les portes du camp, estpris du quinzième livre d’Ennius, lequel fait faireaux deux llister, durant le siège, une sortie parune porte de la ville, et effectuer un grand car-nage des assiégeants. Virgile n’a pas môme hésitéà prendre dans Cicéron, quand il y a trouvédes beautés dont il a pu s’accommoder :
« O prince des Troyens, dontles faits belliqueux« sont encore nu-dessusde leur vaste renommée. »Ce qui signifie que, bien que la réputation d’É-née soit au-dessus de toute expression, ses hautsfaits la surpassent encore. La môme pensée seretrouve dans le Caton de Cicéron, exprimée parles paroles qui suivent : « Il arrivait de lui le con-« traire de ce qui arrive ordinairement des autres« hommes, que ses actions se trouvaient nu-des-« sus de leur renommée ; en sorte que, chose bien
Sont alii loci pliirinioruni versuum, quos Maro in opussumn ciiiii paucorum immutalione verliorum a vcleribustraiisliilit. lit quia longmn esl, universos versos ex ntro-i|iin tnniRr.riliei'o , libms veteres nolalm, ni, qui volet,illie. legendn æqunlilatem Inconnu oonlèiendo miielnr. Inpiincipio /l'.ni'iilos lempestas deserihilnr, et Venus apnd.lovein querilnr de pei ienlis lilii, et .Inppiter eam de fn-tnronim prosperilate solalnr. nie locus lotus suintas aNmvio est ex primo lihrnhelli l’unie,i. Illicenim nique Ve-nus, Trojanis lempestale laboianlilnis, eum Jove ipieri-tur : et sequuntur verlia .lovis (ilinm eonsolantis spe fulu-l'oruni. Item de I’andaro et liitia aperientilms portas,locus aeeeptus est ex libro ipiinto dee.imo linnii, qui in-duxit llislros duos in obsidione empisse porlain , et slra-l>eni de obsidentc lioste fecisse. Ncc Tullio compilando ,dunnnodo undique ornamenta silii conferret, abslinuit :
O fuma ingens, ingentior armis,
VlrTroJane.
nempe hoc ait : Æneam famam suam faillis fortilmssu-pergressum, cum pli’rumque famasit majoi i obus. Sensushic in Catonc Cie.eronis est liis verhis : « Contingebal in« eo, quod plerisque contra solet, ut niajota omnia re,« quain fama, viderenlur : id quod non saepe evenit, ut« exspeelatio cognilionc, aures al) oculis vinccrenlur. »Item :
meneur..
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« rare! ce qu’on voyait de ses yeux surpassait« l’attente qu’avait fait naître ce que l’on avaita oui dire. »
Virgile dit ailleurs :
« Près de lui, mais encore à une grande dis-« tance. »
Cicéron avait dit dans Brutus : « L. Philippea approchait de deux hommes de première dis—« tinction, Crassus et Antoine; mais il n’en ap-« prochait toutefois qu’à une distance considé-« rable. >.
CHAPITRE III.
Ile quelques passages que d’autres poètes avaient les pre-miers pris dans Homère, et que Virgile a transportésensuite de chez, eux dans son poème.
Il est des passages de Virgile qu’on croit qu’ila pris dans Homère ; mais je prouverai que cer-tains de nos poètes les avaient transportés avantlui dans leurs vers. Cette espèce de guerre faitepar un grand nombre, cette coalition pour dé-rober à Homère, est le comble de l’éloge qu’onait pu faire de lui ; et toutefois :
« II est resté inébranlable comme le rocher quirésiste à la mer. »
Homère avait dit, en parlant du vaillant com-bat d’Ajax :
« Cependant Ajax ne pouvait plus tenir; il« était accablé par les traits que lui lançaient les«plus illustres des guerriers troyens; il était« vaincu par la volonté de Jupiter. Le casque« brillant qui lui couvrait la tête retentissait hor-« riblement sous les coups répétés qu’on lui por-
l'roximus hufe, longo sed proximus intervalle».
Ciccro in lînilo : « Duolms igitur summis, Crasso et« Antonio, L. l’Iiilippns proximus accedebat, sed longo« inlorvallo, lamcn proximus. «
CAPUT 111.
Quos locos piinniin alii ex Honiero Irnnstulerint, inde Ver-gilius operi suo asciverit.
Sont qunidam apnd Vergilinm, quaeab Homero crcdituriranstulisse : sed ea docebo a nostris auc.loribus sumla,qui prioresliæcab Homero in carmina sua tiaxerant: quodqnidem summus Homericæ laudis cumulus est, quod,cum ita a plm imisadversus eum vigilatum sit, coactæqueomnium vires manum contra fecerint,
Ille velut pelagi rupes immota resislil.
Humérus de Ajacis forti pugua ait :
Aïa; 8’ oCixét’ Ipipe - pii^ETO yàp PeXeeuoi.
Aâpva |xiv Zpvôç te v6o? , xal ïpwEç àYauol,
BâtXiovTE;’ Seivi^v 8è mpi xpox^oiot ipaeiv^llvjXr)? Pa/.Xnpivï] xavayyiv ly v pdXXero S’atelKa'ivtpoIXap’eùiroiïiO’* 68’ àptçTspôv topov êxapvsv,
'lipitsBov aUv iyjjyj erâxû; atôXov où8è Bûvavxo
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