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LES SATURNALES, LIV. VI.
Furiusnvnit dit, livre premier:
« Atteint subitement d’une blessure grave , ilx lâche les rênes de son cheval, tombe , coule à„ terre {in humum dejluxit ), et ses armes d’ai-« rain retentissent de sa chute. »
«Alors Interrecommença à s’endurcir, et à« renfermer ( discludere ) la mer dans ses li-« mites. »
Le verbe discludere parait nouveau à notreoreille; cependant Lucrèce l’avait déjà employédans son cinquième livre :
« .Ensuite quelques parties commencèrent à« se dégager de cette masse, les atomes homogè-« nés sc rapprochèrent, et le monde commença« à se former à part ( discludere). »
« Tityre, un berger doit faire paître ses bre-« bis grasses, et répéter un chant.simple (deduc-« tum ). »
Deduclum est une expression élégante, pourlenuis ou subtilis. Afranius, dans la Vierge, l'aemployé dans le môme sens : « Triste, elle ré-« pondit en peu de mots, et d’une voix faible [voce« dedueta ) , qu’elle eût mieux aimé ne s’ôtre« pas reposée. » On trouve aussi dans Corniflcius :«Babillant d’une voix aiguë ( dedueta voce).Tous ces auteurs ont tiré cetto expression dePomponius , qui, dans l’Atellane intitulée lesCalendes de Mars, dit : « Il faut que tu modi-« fies (deducas) ta voix, afin que l’on croie que« c’est une femme qui parle. Va, fais apporter le« présent ; moi, je rendrai ma voix douce et lé-« gère. » Et plus bas : « Je vais maintenant mo-« diller ma voix ( deducam .) »
Sic Fuiius in primo :
Illc gravi subito dcvlndus viilnccc ImbcnasMlsltequl, lapsusquc lu liuinum dcduxit, et nrmislleddldlt æriilis nonilum.
Tum durare solum, et discludere Nerea pontoCerperlt.
Périt mires noslras hoc verlmin, discludere, ut uovum ;sed prier Eucretius in ipiinto :
Diffiigcre Inde loci partes crcpcrn, paresqueCiun parlbus Jungl rca, etiliacludcro mumlum.
Pastorcm, Tityre, plnguesPoacere oporlet oves, deductum dlccro cnrinen.
deduclum, pro lenui et subtiU elegnntcr position est.Sic autem et Afranius in VirRine : « Vérins pauculis res-« pondit, tristis voce dedueta; malieqne se non quic-« visse, dixit. » Hem apud Corniliciuni :
Ucducta inlhl voce garrienll.
Sed liæc.ali illo fluxernut, quod Pomponius in Allellana,quæ Kalendæ Martine inscrihitur, ait : « Voccm deducas« oportet, ut mulieris videantur verba. Julie modo nttera-« tur munus; ego vocem reddam teintent et linuulani; » etinfra : « litiaia mine vocem deducam. »
• « Nous rasâmes les rochers qui se projettent« ( projecta) devant le promontoire de Pachynum. »Si projecta doit être pris dans le sens ordi-naire , il est synonyme A'abjecta ( jeté û terre);mais dans le sens où le prenaient les anciens, ilest synonyme d cjacta (placé devant), commeVirgile l’a dit. ailleurs :
« Tandis qu’en avançant le pied gauche (pro-« jectopede) il se disposent! combat. »
Et comme Sisenna l’avait dit dans son livresecond :
« Les Marses approchent de plus près; et s’é-« tant fait un toit de leurs boucliers mis en avant« {projecta), ils lancent à l’envi des pierres« contre l’ennemi. »
Et ailleurs, dans le môme livre :
« Il était un antique et vaste chêne, dont les« rameaux projetés ( projectis ) en cercle ombra-« geaient une grande partie de ce vaste espace. »
Lucrèce dit aussi, dans le troisième livre :
« Quelque énorme que soit la projection ( pro-«jectu) de son corps. »
« Abattre tempeslivement le pin de la forêt. »Cette épithète tempestiva, à propos du pin,est prise dans Caton, qui dit: « Cueillez la pomme« de pin, à la lune décroissante, après midi, et« quand le vent du midi ne souffle point : c’est«l’époque opportune ( tempestiva ), lorsque la« semence est mûre. »
Virgile a employé, dans ses vers, des motsgrecs : mais il n’est pas le premier qui ait oséprendre cette licence; il n’a fait en cela que sui-vre l’exemple d’auteurs plus anciens.
« Des lustres ( lychni) sont suspendus aux pla-ît fonds dorés. »
Projectaque saxa Pacliynl Radlmus.projec/a, si seciindmn consiictudinem dicutur, intelligi-tur abjec/a; si sec.undum veteres ,projecta, porrojacta;ut alibi ait :
Projcnto dum pede lævo Aptat sc pugnæ.
Scd et Sisenna in secundo dixit : « Et Marsi propi us suc-« cédant. Atqne ita sentis projectis tecti, saxa certatim« lenta manihiis conjiciiint in liostes. » Et in codem :« Velus alque ingens crat arborilex,qiiæcircum projectis« ramis majorent partent loci sumnii tegebat. » Et Lucre-tius in terlio :
Qunmlibet humant projeetu corporls exslet.
lit tempeslivam sllvis evertcrc plnum.
Hoc verbiim de pino tempestiva a Catone suntsit, quiail : « Pinçant nucem cuin effodies, lima decrescentecxi-« mito post nieridiem, sine vento austro. Tum vero erit« tempestiva, cumsemen suant maturum erit. » tnscruitoperi suo et græca verba; sed nonprimus hoc ausus. Auc-lorinn enim veterum audaciain secutiis est.
Dépendent lychni Inquearibus aureis;sicut Enniiis in nono :
Lychnorum lumlna bis sex.