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Macrobe (oeuvres completes), Varron (de la langue latine), Pomponius Mela (oeuvres completes) : avec la traduction en français / publiées sous la direction de M. Nisard
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MACROBE.

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Avant lui Ennius avait dit, livre neuvième :

«Douze lustres allumés [lychnorum lumi-« na ). »

Et Lucrèce, livre cinquième :

« Ces lumières terrestres qui éclairent pen-« clant la nuit, suspendues à ries lustres [lych-« ni). »

Et Lueile, livre premier:

«Nous nommons chénopode (pied d’oie),« clinopode (pied de lit), et lychni (lustres), ce« que nous nommions précédemment ornements« de pieds délit, et lampes. »

Quand Virgile a dit :

« La-voûte éthérée (ælhra ) n’était point éelai-» rée par les astres, »

Ennius avait dit avant lui, livre seizième :

« Cependant le soleil se couche, et l’Océan ab-« sorbe la rougeur éthérée [ælhra) des deux. »Et Ilius, dans la Theutrante :

« L’astre brûlant qui rouleau haut descieux« enflammés (jlammeam cethram ). »

(Virgile a dit) : « L’artificieuse ( dœdala)« Cirai, » parce que Lucrèce avait dit : « La terre« ingénieuse (dœdala tellus) ; » il a dit :

« La forêt et les échos de l’Olympe retentis-« sent (reboant), »parce qu’on trouvait dans Lucrèce :

« Nos palais dorés et lambrissés ne retentissent« point [reboant) du son de la cithare. »

Mais ce sont là des licences dont Virgile ausé beaucoup plus sobrement que les ancienspoètes; car ils ont dit encore pausa (pause), ma-chœra (espèce de glaive), acotia (intempérance,)malacen (mauve), et autres mots semblables.

Les anciens poètes ont aussi employé quelque-fois des mots puniques ou osques, et, à leurimitation, Virgile a accueilli quelquefois ces motsétrangers, comme dans ce vers : « assidûment« les bœufs [uri) des forêts. »

Le mot [uri) est une expression gauloise quisignifie bœuf sauvage; et encore dans le verssuivant :

« Les oreilles velues sous les cornes recour-« bées » [camuris).

Camuris est un mot étranger qui signifie re-plié sur soi-même ; et c’est peut-être de là quenous avons formé figurément le mot caméra[ voûte).

CHAPITRE V.

De certaines épithètes qui nous paraissent nouvelles dansVirgile, et que les anciens ont employées avant lui.

Il est dans Virgile plusieurs épithètes qu’onregarde comme créées par lui ; mais je prouve-rai qu’il les a tirées des anciens. Les unes sontsimples, comme Gradivus , Mulciber; d’autrescomposées, comme arquitenens, vitisator. Jeparlerai d’abord des épithètes simples :

« Mulciber avait représenté les Africains,« qui ne portent point de ceinture. »

Mulciber est Vulcain, c’est-à-dire le feu, quidompte tout et amollit tout (mulcct). Aceiusavait dit dans Philoctôte :

« Hélas 1 ô Mulciber, ta main a fabriqué des« armes pour ce lâche. »

Et Egnatius livre premier,,De la nature deschoses :

Et Lncretins in quinto :

Quin eliam nocturna libi lerreslria quæ suntLumina, pendantes lyclini.

Lucilius in primo :

Porro chuenopodas, clinopodas, lychnosqueUt diximus semnos ante pedes lecti atque lucernas.

Et quod dix.it :

Nec lucidus æthra

Siderea polus :

Ennius prior dixerat in sexto decimo :

Interea fax

Occldit, oceanumqne rubra tractim ohrult æthra.et Ilius in Theutrante :

Flammeam per æthram alte fervidam ferri faccm.

Dædala Circe;

quia T.ucretins dixerat :

Dædala tellus.

Reboant sylvæque et longns Olympus;quia est apud Lucretium :

Nec citbara reboant laqueata aurataque tecta.

Sed bar licentia largius usi sunt veteres, parcius Maro.Quippc illi dîxerunt et pausam, et mactueram, et aco-, et malacen , et alia similia. Nec non et Punicis

Oscisque verbis usi sunt veteres ; quorum imitations Ver-gilius peregrina verba non respuit, ut in illo :

Silvestres uri assidue.

uri enim Gallica vox est,qua feri boves signiiicantur; et :

Camuris hirlæ sub cornibus aurea.camuris peregrinum verbum est, id est, in se redeuntihus ;et forte nos quoque cameram bac ratione liguiavimus.

CAPUT V.

Epltheta, quæ apud Vergillum nova videntur, velustloribusquoque in usu fuisse.

Multa quoque epitbeta apud Vergilium sunt, quæ obipso fie,ta credunlur : sed et hæc a veteribus tracta mons-trabo. Sunt autem ex bis alia simplicia, ut, Gradivus ,Mulciber : alia composita, ut, arquitenens, vitisator.Sed prias de simplicibus dicam :

Et discinclos Mulciber Afros.

Mulciber est Vide,anus, quod ignis ait, et omnia muloealac domet. Actius in Pliiloctele :

Heu Mulciber,

Arma ignavo invicta es fabricatus manu.

et Egnatius de Rcrum natura libro primo :