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LES SATURNALES, LTV. VI.
"Enfin, portés par Mulcibcr lui-même, ils at-« teignent les plus hautes régions du ciel. »
(Virgile) :
« Que les chevreaux qui frappent des cornes« (petulci) n’insultent point aux fleurs. «Lucrèce, livre second :
« Les tendres chevreaux à la voix tremblante,» et les agneaux qui frappent des cornes [petulci),« reconnaissent leurs mères qui portent des cor-« nés. »
On pourrait regarder comme une grande au-dace que Virgile ait parlé, dans les Bucoliques,du feu liquide [liquidi) pour puri, lucidi; oupour efjusi, abundantis, si Lucrèce n’avaitdéjà employé cette épithète dans son sixièmelivre :
« C'est cette même cause qui fait voltiger sur• la terre ces flammes mobiles, ce feu liquide" ( liquidi ignis ) et doré. »
Tristis au lieu d'amants, est une permutationd’expression très-convenable, comme :
« L’amer lupin ( tristesque lupini ). »
C’est ainsi qu’Ennius, dans le quatrième livredes Stibines, avait dit :
« Il ne recherche ni le sénevé piquant [triste),« ni l'oignon à la saveur forte. »
Ce n’est pas Virgile qui a dit le premier auri-tos lepores (les lièvres aux grandes oreilles). Iln'a fait en ceci que suivre Afranius, qui, dansun prologue où il fait parler Priape, dit :
« Ce qu’on débite communément, que je suis" fils d’un père à longues oreilles ( aurito), n’est« pas vrai. »
•Te passe maintenant aux épithètes composées,employées par Virgile :
Dcnlquc Mulcibcr ipse ferons alllsslma cœli
Contingunt.
Hudiquc petulci
Floribus insultent.
Lucrclius in secundo :
Prætcrea teneri tremulis In vocilius liædi
Corniferas norunt maires, agnique petulci.
lilial audaciæ maximæ videri posait, quod ait in llucoli-r.is,
Et liquidi simul ignis,
pro puro vel lucido, seu pro eduso et abundanti; nisipi ior hoc epilheto Lucretius nsus fuisset in sexto :
Une etiam fit uti de causa mobilis ille
Devolel in terram liquidi calornureus ignis.
Trislis, pro amaro, translatio dccens est. Ut :
Tristesque lupini.
et ita linnius in libro Sabinarnm quarto :
Neque trislc quairitnt sinapi, neque cæpo mceslum.
Auritos lepores pon Maro prinius usurpât, sed Afrailium sequitur, qui in prologo ex persona Priapi ait ;
Nam quod vulgo prædicant
Aurito me parente nutum , non lia est.
" (Didon) voit, lorsqu’elle déposait ses of-« frandes sur i’autel à brûler l’encens ( turicre-« mis.)... »
Lucrèce avait déjà dit, dans son second li-vre :
« Souvent un jeune taureau, frappé dans le"sanctuaire de la divinité, tombe au pied des« autels où brûle l’encens ( turicremas) »(Virgile) :
» Le pieux archer ( arqvitenens). »
Nævius avait employé cette épithète, dans lesecond livre de la Guerre punique :
« Ensuite le divin archer ( arquitenens) puis-« saut par ses flèches, Apollon pythien, né et« honoré à Delphes. »
Et ailleurs :
" Et toi, déesse armée de l'arc ( arquitenens)« (Diane) et de flèches redoutables. »llostius, dans son second livre de la Guerred’Istrie, dit aussi :
« La divine Minerve et l’invincible Apollon,« fils de Latone, qui est armé d’un arc [arqui-« tenens ). »
(Virgile) :
" Les faunes, habitants des forêts ( silvico-« Icc). »
Nævius, livre premier de la Guerre punique:
« Les hommes, habitants des forêts [silvicolœ),« et ignorant encore la guerre. »
Accius, dans les Bacchantes :
" Maintenant habitants des forêts [silvicolœ),« parcourant des lieux inconnus.... »
(Virgile) :
" Considérant la mer, où volent les voiles« [mare velivolum). »
et,utcompositasubjungam, quod ait Vergilins,
Vidi turicremis cum dona Imponeret aris ;
jam Lucretius in secundo dixerat :
Nam sæpe ante Dcûm vitulus delubra décora ■Turicremas propter mactatus concidit aras.
Quem plus Arquitenens.
Hoc epitheto nsus est Nævius belli Pnnici libro secundo :« Deinde pollens sagittis inclitus Arquitenens, sanctusque« Dclphis prognans Pythius Apollo. » Idem alibi : « Cum« lu arquitenens sagittis pollens Dea. » Sed et llostius librosecundo belli Histrici :
Dla Mlnerva, simul autem invictùs Apollo,
Arquitenens, Latonius.
Etiam silvicolœ Fauni.
Nævius libro primo belli Punici :
Silvicolœ homines bellique inertes.
Accius in Bacchis :
Et nunc silvicolæ ignota invisentes Imu.
Despiciens mare velivolum.
Livius in Helena:
Tu qui permensus pontl maria alla vclivola.
Ilnnius in quarto decimo :