LES SATURNALES, LIV. VL
* mains de ce poète ont dû nécessairement lui fa-ciliter ces observations.
Le choix de ce nouveau sujet convint atoutle monde, et l’on engagea Servius à faire part deses observations. Il commença en ces termes : Vir-gile , ce poète digne de notre vénération, a beau-coup ajouté aux grâces de la langue latine, en yintroduisant différentes figures, soit du mots,soit de pensées. En voici des exemples :
« Elle créa une race de chevaux croisés, en« dérobant furtivement leur mère à son père. »Aux termes de ce vers, Circé aurait créé, tandisqu’cn effet elle a seulement fait créer.
« Le terrain tiède encore d’un récent car-« nage. »
TjOcus recens cœde est une expression employéepour la première fois par Virgile .
« Il dit, et ses compagnons lui cédèrent le« terrain prescrit ( cesserunt œquore jusso).
Pour jussi cesserunt.
« De leur sang répandu arrosèrent les flam-« mes. »
Cœso sanguine, pour, ex cœsis.
« Le vainqueur, dès l’aurore, acquittait les« vœux des dieux ( vota deum). ■>
Pour, quœ diis vota sunt.
« Accorde-moi de partager le sépulcre de mon« fils ( nati concédé sepulcro).»
Un autre aurait dit : nato concédé seputeri.
• (Iris) accélère la route en décrivant l’arc aux« mille couleurs {per mille coloribus arcum ).»C’est-ii-dire, per arcum mille colorum.
al> ipso figurata, non a vcterilnis accepta; vcl ausu poc-tico nove <pii<lem, sed decenter nsurpata. Quotidie cnimltomanæ indoli enarrando cundcm vatein, nccesse esthabcat liojns annotationis scienliam pronitiorem. Plaçaituniversis elcctio in reliqua sultccti ; et adliortati sunt Scr-vinm, ut, quai in se refusa sont, annolaret. lllc sic inci-pit : Vatcs iste venerabilis varie modo verba, modo sen-sus ligurando mullum latinitati leporis ndjecit. Qnalia suntliæc :
Supposlla de matro nothos furala creavlt :ut ipsa creavcrit, quos creari fecit.
Tcpidnque recentem
Cœde locum ;
cinii locus recens cœde nove diclus sit.lit :
H;ve ail, et socii cesserunt œquore jusso;
pro coquod, jussi cesserunt.
lit cœso sparscrunt sanguine Dominas,qui ex ciesis vidclicet profunditur.
Vota Deûm primo Victor solvebat Eoo,pro, quœ Diis vota sunt.
Et me consortem nati concédé sepulcro :alius dixlsset,
Et me consortem nato concédé sepulcrl.
El :
Ilia viam celerans per mille coloribus arcum,
« Les uns jettent nu feu (conjiciunt igni) les« dépouilles enlevées aux Latins égorgés : »pour, inignem.
a Le mouvement de son corps et la vigilance«de son regard lui font éviter les traits ( tela
« exit ).»
Tela exit, pour vitat.
« La mort abaissa les yeux blanchissants du« vieillard ( canentia lumina) ; »pour, vetustate senilia.
» Le creux ( antro ) d’un arbre rongé ; »pour cavema.
« Sillonne ( arat ) de rides son front odieux. »Arat est une belle expression, et qui n’a riend’exagéré.
«Troisfois (Énée ) reçoit, sur le contour de« son bouclier d’airain, cette forêt [silvam) (de« traits). »
Silvam, pour jaculis. Vir gregis (le mâledu troupeau), pour caper (le bouc); et tantd'autres expressions, comme :
« Une montagne d’eau,une moisson de traits,«une pluie de fer. » C’est ainsi qu’Homère a dit :
« Plut au ciel que tu fusses revêtu d’une tuni.« que de pierre, en récompense de tous les maux« que tu m’as occasionnés ! »
« Dons de Cérès laborieuse ( laboratœ Cere-« ris. »
« Il ne reçoit la nuit (noctemaccipit), ni dans« ses yeux , ni dans son cœur. »
« Du choc de la voix contre le rocher, ré-
id est, per arcum mille colorum.
Et :
Hicalii spolia occisis derepta LatinisConjiciunt igni.pro, inignem.
Et :
Corpore tela modo atque oculis vigilantlbus exit.
Tela exit, pro vitat.
Et :
Senior leto canentia lumina solvit.pro, vetustate senilia.
Exesœquc arborts antro,pro, cavema.
El:
Fronlem obscœnam rugis arat.
Aral, non nimie, sed pulchre dictum.
Ter secum ærato circumlert tegmine silvam;pro jaculis. et: Vir gregis, pro capro. Et ilia, quampulchra sunt :
Aquœ mons, telorum seges, ferreus imber.ut apud Hoinerum :
Aàtvov tôt jo jriTüiva, xax<3v , oootx lopytxç.
Doua laboratœ Cereris.
Et : .
Oeulisque aut pectore nocteirAccipit.