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MÀCLlOIJIi.
vie humaine. Carne croyez pas que j’invite laphilosophie à venir s’asseoir à nos tables sans yamener avec elle la modération, elle dont lesinstructions tendent à nous apprendre à l’obser-ver en toutes choses. Voici donc le jugement queje prononce, me rendant en quelque sorte arbitreentre toi et Prætextatus : Je veux bien consentirà ouvrir à la philosophie les portes de nos sallesde festins; mais je veux qu’elle et ses sectateurss’y fassent remarquer par la sagesse de leurconduite.
Furius Albin. —Eusthate, toi que, dansnotre siècle, la philosophie compte pour sonpremier adepte, tu es prié de nous expliquerquelle est cette sagesse que tu exiges de ton con-vive.
Eustathe. — La première observation à fairerelativement à la philosophie, c’est de considé-rer le caractère des convives, et de savoir si leplus grand nombre de ceux qui composent laréunion, savants, ou du moins amateurs de sesdoctrines, permettront de la voir devenir le su-jet de la conversation. Car, de même que quel-ques lettres muettes (consonnes), mêlées avecplusieurs voyelles, s’adoucissent facilement dansla composition des mots, de même des person-nes, en petit nombre, privées d’instruction, ous’estiment heureuses de se trouver en la sociétéde gens instruits, ou participent en ce qu’ellespeuvent à leur conversation, ou bien se laissententraîner au charme de l’entendre. Que si dessages se trouvent dans une réunion où la majo-rité soit étrangère aux connaissances philosophi-ques, ils devront se dissimuler et avoir la patiencede se mêler au bavardage, accessible au plusgrand nombre, alin d’éviter que le petit nombred’hommes distingués, qui se rencontrent dans la
cerc; aut riesciat servare modum, enjus in omnibus lm-manæ vitæ actibus lenninos ipsa coiislituit. Neque cnimila ad mensas invito pliilosopliiam, ut non se ipsa inodore-lur; enjus disciplina est, rcrinn omnium moderationemdocere. (It ergo inter te et Yetlimn velul arhitrali indica-tion!! cotnpnnatn, aperio qnidem philosophas tricliniorumtores, sed spondeo sic interliituiani, ne mensniam notresibi ac sedatorilms suis dispensationis excedat. Tune Fu-rius : Quia le unicum , Eustathi, impôt, sectalorem phi-losophas nostra ætas tnJit, oratus sis, ut modum dispen-sationis, quam daseicouvivanli, nobis ipse patefacias. EtEustathius : Primnm hoc eam scio servaturam, ut secummstimet præsentium ingénia convivarmn : et, si pluiesperitns, vel saltcm amatores sui, in convivii societate re-pererit, sermonent de se patietur agitari. Quia, vclntpaneæ literne inutre, dispersât inter multas vocales, in so-cictatem vocis facile mansuescunt, ila rariores imperiti,gatidenlcs eonsortio peiitorum, aut consonant si quapossunt, aut rerum talium capiuntur audilu. Si veto plu-res ah iiistilutioue disciplinât hujiis alicni sint; prudenli-bus, qui paueiores intererunt, saneiet dissimulationemsui, et patietur loquaciUitem inajori parti amicioretn so-ciale : lie rara Habilitas a plebe lumultuosiui e lurbetur. Et
société ne devienne victime de la multitude tu-multueuse. Et c’est ici un privilège particulierà la philosophie : car taudis que l’orateur nepeut persuader qu’en parlant, le philosophe metson art en pratique, autant en se taisant à proposqu’en parlant. Ainsi donc, lorsqu’un petit nom-bre d’hommes doctes se rencontreront dans unesociété d’hommes sans culture , ils devront serenfermer en eux-mêmes, et y conserver dans lesilence la connaissance de la vérité, afin d'éloi-gner jusqu’au soupçon de toute discordance.Cette conduite n’a rien d’étrange; elle ressem-ble à celle que tint jadis Pisistrate, tyran d’Athè-nes. Celui-ci ayant donné à ses iils un conseiljuste auquel ils ne s’étaient point conformés, coqui l’avait mis eu mésintelligence avec eux,n’eut pas plutôt appris que ses rivaux conce-vaient de la joie de cet accident, dans l’espoirque ces divisions pourraient amener quelqueschangements dans la maison régnante, qu’ils’empressa aussitôt de convoquer l’assembléedes citoyens, auxquels il dit : qu’à la vérité ilavait donné à ses iils des conseils auxquels ilsn’avaient point acquiescé; mais qu’ensuite ilavait reconnu qu’il était plus convenable à lapiété paternelle de céder au désir de ses enfants;qu’ainsi la ville ne devait pas ignorer que la con-corde régnait entre le roi et sa famille. Par cetteexplication, il ôta toute espérance à ceux quiintriguaient contre la tranquillité de celui quirégissait l’État. C’est ainsi que dans toutes lescirconstances de la vie, et principalement dansla joie des festins, tout ce qui pourrait choquerles autres doit être sacrifié à la concorde, sanstoutefois blesser la vertu. Ainsi, dans le banquetd’Agathon, où Socrate, Phèdre, Pausanias,Erisymaque, furent les convives; dans celui
bæc mm est de philosophire virtntibiis : «juin, oiun oralornon aliter nisl oranilo probetur, philosophes non minustacendo pro tempore, quam loipiendo, philosophatur. Sic.ergo pauci, qui aderunt, docliores, in consensuni midisconsorlii, salva et iutra se quiescente veri notionc, inigra-bunt, ut munis disconlire suspicio facessat. Necmirum,si doetns faeiet, quoil fecit quondam Pisislratus Atbena-riini tyrannus : qui cimi iiliis suis rectum dando consi-limu non obtinuisset assensum, atque ideoessetin simul-late cimi liberis, ubi hoc aimulis causnin inissc gaudijcomperit, ex ilia discordia spcrantibiis in iloino régnantisnasci posse novitatem; universitale civiuin convocala, aitsiicccnsiiisse qnidem se filiis non acquiescentibus pallia!voliintali; sed hoc sibi poslea visiiin palernæ apl.iiisessepietali, ut in scnlentiam liberorum ipse concederet : sci-rct igitur civitas, soliolem regis cnm ]ialrc concmdein.Iloccommento spein detraxil iusidiantibiisi cgnantisquieti.lia in oinni vitre genere, prrecipneque in lretiliaconvivali,«mue, quod videtiir absonum, in utiarri coucordiam sonisalva innocentia redigendum est. Sic Agatlionis convi.vium, quia Socrates, Phædros, Pausanias, et Erisyma-chos halniit, sic et cœna, quant Calliasdoctissimiis dédit,Charumdam dico, Autistlienen, et Herinogenen, cetc-