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Macrobe (oeuvres completes), Varron (de la langue latine), Pomponius Mela (oeuvres completes) : avec la traduction en français / publiées sous la direction de M. Nisard
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LES SATURNALES, LIV. VIL

Le sarensme est encore adouci, si la position decelui qui le lance est la môme que celle de celuicontre qui il est lancé; comme si, par exemple,imi indigent, un homme d’une naissance obscure,en raille un autre sur la pauvreté, ou sur l’obs-curité de sa naissance. Ainsi, Tbarsius Ampbias,(fui tenait sa fortune d’un jardinier, après avoirdit quelques mots contre un ami auquel il sem-blait reprocher sa dégénération, ajouta aussitôt :« Au reste, nous venons tous deux de la même« graine; » propos qui ne fit qu’égayer chacund’eux. Voici maintenant un genre de sarcasmedont l’effet direct est de combler de joie ceux àqui on l’adresse : si l’on reproche, par exemple,à un homme courageux d'être prodigue de savie, et de vouloir mourirpour autrui ; il un hommelibéral, qu'il répand ses richesses, en s’inquié-tant plus des autres que de lui-méme. C’e.st ainsique, sous l’apparence du blâme, Diogène avaitcoutume de louer Antisthène le Cynique, sonmaître :« 11 m’a rendu, disait-il, mendiant, deH riche que jetais auparavant; et au lieu d’une« vaste maison, il m'a donné un tonneau pour■i habitation. » C’était le louer mieux , de parlerde la sorte, que s'il eût dit : « Je lui suis reçoit-« naissant de ce qu’il m’a rendu philosophe, et« de ce qu’il a fait de moi un homme d’une« vertu consommée. »

De tout cela concluons que ce que l’on com-prend sous le nom générique de sarcasme produitdes effets bien divers. Parmi les institutions parlesquelles Lycurgue forma les mœurs sévères desLacédémoniens, on doit remarquer celle qui pres-crivait aux jeunes gens de lancer des sarcasmessans injurier, et de supporter ceux qu’on lançaitcontre, eux. Si quelqu'un d'eux se lut mis en eo-

ol in amiouni quasi degenemn nonnulla dixisset, inoxsulijor.lt : « Soil ot nos do iisdein seminihus suions ; » etmîmes pnrilor lielos l'eoit. Ilia vern sconiinnUt directe læ-lilia eum, in i|uem diimitur, inliindunt : si virinn foilemvitupérés, ipmsi « salnlis sua’ prodiguai, et pio alita mori« volenlem ; « mit si olijeeeris liliendi, « ipiod les suas« pi'ofnndat, minus silii, ipmmaliis, eonsiilendo. » Sic etDiogeuos Antliistcnem Cjuie.um, magistrimi sumn, sole-bal veluli viluperando laudare. « Ipso me, aielial, « men-n dienm fecit ex divile, et pro ampla domo in dolio feeitn haliitare. » Me.lius anlein isla dieeliat, ipiain si direrel :« Grains illi sain, quia ipso me philosophai!!, etennsmn-

« ma læ virlatis vilain l'eoit. » Krgo, cun.uni nomen

soominalis sit, divers! in eo continental elieoiiis. Ideoapud liuccdnnnouins, inlet* oeteia exactæ vil.e instituai,line, quoipie exercilii gonus a I.ycurgo est instilut.um, utadolescentesetscotmnalaftineniorsudiee.re, etah aliisin sedicta perpeli discerent : ac si quis eormn in indignalioncnioli laie dietmn prolapsus lilissel, iillerius ci in allerunidieere non lioeliat. Cum ergo videas, mi Aviene, (insli-tuemla est enim adidesoentia tua, quai ita doe.ilis est, utdiscenda piwcipial) eum videas, impiam, anoeps esse oniuo8Comniatum gémis; suadeo, in ooniiviis, in ipiilms heli-tiæ insidiatur ira, ali ejpsinodi die.lis faeessas, et mugis

1ère à propos d’un mot de ce genre, il lui étaitinterdit d’en dire désormais aux autres. Donc,mon cher Aviénus, toi dont la jeunesse docilemérite et réclame l’instruction, puisque, tu voisque toute espèce de sarensme peut avoir un dou-ble effet, je t’engage t'i les éviter à table, où lacolère dresse sans cesse des embûches à la gaieté,et à proposer de préférence, ou à résoudre desquestions relatives à la circonstance; exerciceque les anciens n’ont pas jugé tellement puéril,qu’Aristote n’en ait fait l’objet d’un de ses écrits,ainsi que Plutarque, et votre Apulée. Il ne fautdonc point dédaigner ce qui a pu mériter l’at-tention de tant de philosophes.

CHAPITRE IV.

Qu’une nourriture simple est préférable h une nourriturecomposée, comme étant de plus facile digestion.

Prætextatus. — Pourquoi proposer exclusivement à un jeune homme de s’exercersur desques-tions de ce genre, qui ne conviennent pas moinsaux hommes âgés? Bien plus; vous tous qui êtesici, pourquoi n’engageriez-vous pas la discussionsur des sujets relatifs au repas; et non pointseulement sur la nourriture, mais encore sur lanature des corps, et autres questions de ce genre,puisque nous avons ici notre ami Disaire, dontles connaissances relatives aux objets de sa pro-fession pourront nous être si utiles dans ce genrede discussions?

Tout le monde fut de l’avis de Prætextatus,et on l’invita à parler le premier, afin que lesautres pussent se régler sur son exemple relati-vement à la manière (l’interroger. — ,1e deman-

ipiæslioncs convivales vel proponas , vel ipso dissolvasQund gonus vetercs ita ludirram non putanint, ut etAristotcles do ipsis aliqua consciipserit, ot Plutarclms , otvoslor Apuloius : noc contomnondum sit, quod lot philo-sopliaiitiiim curam nierait.

CA PUT IV.

Cilium simplicom pricfcremlum esse mulliplici, ut qui sitdigestu facllior.

Kl Prætextatus : Hoc qiiæslionum gonus, cmn et seniloin docoal ætatem, cur soli juveni suadetur? Quiu agiteomnes, qui adostis hic, opta convivio fabulemur; noc deciliatn tantum, sed et si qua de natura corporum, velalia; præsontc maxime Disario noslro, cujus plurimum adhoc gonus ipiæstionmii poteril ars ot doctrina conforte :sortiamurque, si videtur, ut per ordinem unus(|uisqneproponal, qiiam solvendam exislimet, quæstionem. Hicassensi omnes, Prælextato antoloquium delulorunt, uran-ies, ut, cum ipse coqiisset, ccteris ex filo consullationisejus, interrogandi eo-stituerctur exemplum. Tum ille :Quîito, impiit, n utrum simplex au multiplex cihus dige-« stu sit faeilior : » quia multos hune, nonnullos ilium se-