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Macrobe (oeuvres completes), Varron (de la langue latine), Pomponius Mela (oeuvres completes) : avec la traduction en français / publiées sous la direction de M. Nisard
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MACROBE.

demi donc, dit-il, laquelle eut d'une digestion |plus Jacile, de la nourriture simple ou de la |nourriture composée ? car nous voyons que laplupart des gens usent de la dernière, et un pe-tit nombre de l’autre. La sobriété est une qua-lité fière, sévère, et en quelque sorte glorieused’elle-même : la gourmandise, au contraire, estun vice agréable, qui a même des prétentionsau bon ton. Je voudrais donc savoir lequel de cesdeux régimes, l'un austère et l'autre délicat, estplus propre à maintenir la santé. Je n’aurai pasà chercher bien loin mon répondant, puisqueDisaire est présent ici, lui qui connaît aussi bience qui convient au corps humain , qu’il connaîtl’essence productrice et nourricière de son orga-nisation. Je voudrais donc, Disaire , t’entendredire ce que les principes de la médecine indiquentsur cette question.

— Si quelqu’un, répliqua Disaire, de la troupecommune des hommes sans instruction m’eûtconsulté sur cette question, attendu que lesesprits vulgaires sont plus frappés des exemplesque des raisonnements, je me serais contenté del’instruire en lui faisant remarquer les mœursdes animaux, qui, usant d’une nourriture sim-ple et uniforme, jouissent d'un tempéramentbeaucoup plus sain que l’homme; et que parmieux, ceux-là seulement sont sujets à des mala-dies, qu’on gorge et qu’on engraisse avec unenourriture préparée, et dans la composition delaquelle il entre plusieurs ingrédients. Certaine-ment, en considérant que les animaux qui usentd’une nourriture simple jouissent ordinairementde la santé, et que ceux qu’on soumet, pour les en-graisser, à une nourriture variée et composéesont malades, il ne douterait pas que ce dernier

ctantes vidrmus. F.t est quidem superba et contumax, etveluti sui ostentatrix continentia : contra, amcecam se etconiem ap|>etentia mit videri. Cum ergo tina eerisoriasit,délicat,i altéra; scire equidem velim, qu® servandæ ap-tinr ait sanilati. N'ec longe petendns asserlor est, cum Di-sarius adsit, qui, qoid conveniat eorporibus humanis, nonminus rallet, quain ipsa nalura fabricæ bujus auctor etnutrix. Dicas ergo velim, quid de boc, quod quærilur,medicin® ratio persuadeat. Si me, Disariusinquit, aliquisex plebe imperitorum de hacquæstioneconsuluisset ; quiaplebeia ingénia magis exemplis, quam ratione capiunlur,admonuisse ilium contentus lorem instiluliouis pecudum :quibus cum simplex et uniformis cibns sit, multo saniores sunt eorporibus liumanis; et inter ipsas illæ morbisjmplicantiir, quibus, ut altiles fiant, offæ composite etquibusdam condimentls varia* sarciuntur. Nec dubitaretposlbac, cum advertisset animalibus simplici cibo utenti-bus (amiliarem sanitatem, ®grescere autem inter ilia,qu® saginam composita varietate patiuntnr, quia constat,id genus alimoni® non magis copia, quam varietate,cru-descere. Forlassc ilium altentiorem exemplo altero fecis-sem, ut considerarel, nuJIum iinquam fuisse medicoruincirca curas ægrescentium Um audacis negligentiæ, ut fe-brienti varium id ieui siinplu ciii cibum daret. Adeo cons-

I régime ne soit aussi indigeste par sa variété que| par son abondance. Peut-être l’aurais-je frappéencore davantage par un autre exemple, en luifaisant remarquer qu’il ne fut jamais de médecinassez imprudent ou assez audacieux pour per-mettre à un malade fébricitant d’user de la nour-riture composée, au lieu de la nourriture simple ;tant il est constant qu’une nourriture uniformeest d’une facile digestion puisque même un tem-pérament malade y peut suffire! Un troisièmeexemple pourrait encore être apporté, pourprouver qu’on doit éviter la variété des metscomme on évite celle des vins. Qui ignore, eueffet, que celui qui boit de diverses sortes devins est bientôt saisi par l’ivresse,sans qu’il soitnécessaire pour cela d’en avoir bu une grandequantité? Mais avec toi, Prætextatus, toi à quiseul il est donné d’atteindre au plus haut degréde toutes les sciences, cette question, qui n’auraitpas besoin de mes discours pour t’être éclaircie,doit être traitée par le raisonnement plutôt quepar les exemples.

Les indigestions résultent, ou de la qualitédu suc dans lequel la nourriture se résout, s’iln’est point approprié à l’humeur qui domine letempérament, ou de la trop grande quantité denourriture, dont la nature ne peut opérer la di-gestion complète. Parlons d’abord de la qualitédu suc : celui qui se nourrit d aliments simplesreconnaîtra facilement par expérience ceuxdont la substance lui est favorable ou pernicieuse:car n’en ayant pris que d’une seule espèce, il nepeut être dans le doute sur celui qui lui est nui-sible; et, par suite, il devient facile d’eviter uneincommodité dont on connaît la cause. Mais ce-lui qui se nourrit d’aliments divers doit éprou-

tat, quam facilis digestu sit uniformis alimonia, ut ei, velcum infirma est natura, suflicial. Nec tertium dcfuisselexemplum, ita esse vitandam ciborum varietatem, ut va-ria soient vina vitari. Quisenim ambigat,eum .quidiversovit:o utitur, in repentinam ruere ebrietatem, needum hocpotus copia postulante? Tecum autem, Vetti, oui soli per-fectionem disciplinarum omnium contigit obtinere, nontain exemplis, quam ratione tractandum est, qu® et metacentc, clam te es6e non poterat. Crudilates eveuiunt,aut qualitate succi, in quem cibus vertitur, si non sit ap-tus lunnori, qui corpus obtinuit; aut ipsius cibi inultitu-dine, non snfliciente natura ad omnia, qu® congesta sunt,concoqueuda. Ac primum de succi qualitate v iJeamus. Quisimplicem cibum suinit, facile, quo succo corpus ejus veljuvetur,velgravelur, usudocentecognoscit.Neceuimambi-git, cujus cibi qualitate possessus sit, cum iiniiin sumserit;et ita lit, ut noxa, cujus causa deprehensa sit, facile vitelur.Qui autem multiplici cibo alitur, diversas patitur qualilatese\ diversitate succorum : nec concordant huinores ex ma-teriæ varietate naseentes, nec elTiciunl liquidum pu-umvesanguinem, in quem jecoris ministerio vertunlur, et invenas cum tumultu suo transeunl. Hinc morborum scatu-rigo, qui ex repugnaulium sibi humorum discordia na-scuntur. Deinde, quia non omnium, qu® esui sunt, una