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Macrobe (oeuvres completes), Varron (de la langue latine), Pomponius Mela (oeuvres completes) : avec la traduction en français / publiées sous la direction de M. Nisard
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MAGROBE.

par l’influence du viscère de gauche qu’ellesavoisinent. La troisième digestion s’opère dansles artères et dans les veines, qui sont le récep-tacle du sang et des esprits vitaux. Les veineset les artères font subir une espèce d’épurationau sang qu’elles reçoivent, et déversent dansla vessie toute la partie aqueuse, tandis qu’ellesdistribuent dans les diverses parties des membresde notre corps le sang liquide, pur et nutritif.Voilà comment de la nourriture que le ventreseul reçoit, il se forme une substance qui, dis-tribuée par les canaux de tous nos membres,nourrit les os et la moelle, les ongles même etles cheveux. C’est ici la quatrième digestion, aumoyen de laquelle chaque membre se nourrit dece qui lui a été départi. Cette substance tant defois épurée a cependant encore sa portiongrossière, qui, lorsque notre corps est dans unparfait état de santé, se dissipe par des conduitssecrets; mais lorsque quelqu’une de ses partiesest malade, c’est sur elle, à cause de sa faiblesse,que cette dernière portion se précipite : voilàquelle est l’origine de ces maladies que les mé-decins appellent fluxions. En effet, si la quan-tité du suc résultant de la dernière nourriturese trouve être trop copieuse, la partie du corpsqui est la plus saine en repousse l’excédant,lequel retombe infailliblement sur la partie laplus faible, qui n’a pas la force de le repousser.Ces matières étrangères font éprouver une ten-sion à la partie sur laquelle elles se portent, etcela occasionne de la souffrance. Voilà doncquelles sont les trois causes de la goutte et desautres maladies d’engorgement : la surabon-dance des humeurs, l’énergie d’une partie quiles repousse, et la débilité d’une autre qui lesreçoit.

visceris sui, illæ contagione frigoris sinislra oblinenlis lie-betanlur. In venis autem et arteriis, quæ sunt receptaculasanguinis etspiritus, terlia fit digestio. N'am acception san-gninem quodammodo deiæcant, et quod in eo aquosumest, venæ in vesicam refundunl : liquidum vero purumqueet altilem sangtiinem singulis totius corporis membris mi-nistrant. Et ita fit, ut, cum cibum solus venter accipiat,alimonia ejus, dispersa per universos membrorum mea-tus, ossa quoque et medullas et ungties nuti iat, et capil-los. Et hæc est quarta digestio, quæ in singulis membrisfit, dum, quod unicuique membro datum est, ipsi mem- ibru fit nutrimentum. Nec tamen huic toties defæcato retri- ;menta sua désuni, quæ, cum membra omnia in sua suntsanitate, per occulios evanescunt meatus. Si qua veropars corporis a*grescat, in ipsam quasi inlirmiorem ultimailia, quædiximus, retrimenta labnntur; et bine nascunturmorborum causæ, quæ 0eüpaTa medicis vocare mos est.

Si cnim fuerit ultimi succi justo uberior multitudo, banca se repellit pars corporis ilia, quæ sanior est; et siue du-bio labitur in inlirmam, quæ vires non habet repellendi :unde alieni receptio distendit locum, in quem ceciderit, et .bine creantur dolores. Hæc est ergo triplex causa vel noda- igræ, vel cujuslibet ex coniluenna morbi, id est, multitudo I

INous avons avancé qu’il se fait dans notrecorps quatre digestions, qui dépendent l’une del’autre; en telle sorte que si l’une est entravée,la suivante ne peut être effectuée ; reportons-nous maintenant à la première, qui s'opère dansle ventre, et nous reconnaîtrons les obstaclesqu’y apporte une nourriture de nature diverse.Les divers aliments ont chacun leur nature par-ticulière : les uns se digèrent promptement, lesautres avec plus de lenteur : l’effet de cetteopération est de les convertir en un suc; etquoiqu’ils aient été consommés en même temps,comme cette opération ne s’effectue pas simulta-uément, ceux des aliments qui ne l’ont pas en-core subie aigrissent le sue déjà produit; ce dontnous sommes souvent avertis par l’effet des éruc-tations. Certains aliments ne se soumettent quetardivement à l’action digestive ; or, de mêmeque l’action du feu sur le bois humide produitde la fumée, ainsi la chaleur naturelle fait exha-ler une fit méedeees aliments, que cette chaleur neconsume que tardivement ; c’est encore un effetque font éprouver les éructations. Au contraire,uue nourriture uniforme n’éprouve pointée trou-ble produit par les retards de la digestion, puis-qu’elle est simultanément convertie en un sucd’une nature simple; et aucune des digestionsn’est intervertie, puisqu’elles se succèdent cha-cune à leurs époques déterminées. Si quelqu’uncependant dédaignait d’admettre ces raisonne-ments (car l’on sait que rien n’est plus intraita-ble que l’ignorance), et persistait à penser quec’est la trop grande abondance de nourriturequi entrave la digestion, sans considération desa qualité, je trouverais encore dans cette thèsela preuve qu’une nourriture multiforme est unecause de maladie; car la variété des ragoûts

humons, fortitudo membri a se repellentis, et recipientisinfirmitas. Cum igitur asseruerimus, quatuor in corpore| fieri digestiones, quarum altéra pendet ex altéra, et si; præcedens fuerit impedita, milles fit sequentis effectus :i recurramus animo ad illam primam digestionem, quæ inj ventre eonficitur, et invenietur, quid impedimenti ex mul-tiformi nascalur alimonia. Diversorum enim ciborum di-versa natura est : et sunt qui celerius, sunt qui tardiu-digeruntur. Cum ergo prima digestio vyititur in succum,quia lion simul accepta omnia verümtur, quod prius ver-sum est, dum alia tardius vertuntur, acescit : et hoc sæpeetiam eructando sentimus. Alia quoque, quibus tarda di-gestio est, veiut ligna humida, quæ urgente igné fumumde se créant : sic et ilia, imminente igné naturæ, fumantdum tardius concoquuntur: siqnidem nec hoc sensiini eru-ctantis evadit. Cibus autem simplex non habet conlrover-sam moram , dum simul in simplicem succum vertitur :nec digestio ulla turbatur, dum omnes sibi stata mo-mentorum dimensione succédant. Si quis autem (quianiliil impatienlius imperilia) rationes bas dedignetur au-dire, existimans, non impediri digestionem, nisi sola ci-borum multitudine, Dec vêtit de qualitate tractare -, hicquoque multitbrmis alimonia deprehendilur causa morbo-