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LES SATURNALES , L1V. VII.
exige différents ingrédients, au moyen desquelson irrite l’appétit au delà du vœu de la nature.Gette irritation fait qu'on mauge des mets uneseconde fois, ou du moins qu’on goûte un peude chacun ; ce qui produit une pléthore. AussiSocrate avait-il coutume d’exhorter à éviter lesmets et les boissons qui prolongent l’appétenceau delà de ce qu’il faut pour apaiser la faim et lasoif. Finalement, il faut éviter la variété dansles mets, parce que c’est un raffinement de vo-lupté , dont un homme grave et studieux doits'abstenir. Car qu’y a-t-il de plus opposé à lavertu que la volupté? Mais je ne pousse pas plusloin cette discussion, de peur d’avoir l’air d’in-criminer le repas auquel nous assistons, et qui,encore que sobre , est composé cependant demets variés.
CHAPITRE V
Qu’au contraire une nourriture composée nous est plusappropriée qu’une nourriture simple.
Prætextatus et les autres convives s’empres-saient d’applaudir à ces discours, lorsqu’Evan-geius s’écria : Rien ne mérite moins d’être toléréque cet empire qu’obtient sur nos oreilles le char-me de l’élocution, qui soumet l’opinion par l’har-monie des paroles, qui nous surprend par lavolubilité du discours, et arrache la croyance desauditeurs en exerçant sur eux une véritable ty-rannie. Comme je m’avoue incapable de débrouil-ler un pareil labyrinthe, Prætextatus, inviteEustathe, en notre nom, à s’emparer de lathèse contraire à celle qui vient d’être soutenue,
rum. Nam pulmentorum varielasrecipit varia condimenla,quibus gula, ultra quam naturæ. necesse est, lacessitur :et lit ituie congeries, <lum pruritu desiderii amplius, velcerte de singolis parva libantur. Hinc Socrates suaderesolitnserat, illoscibos potusve vitandos, qui ultra silimfamemve sedandam producunt appelenliam. Denique velpropter hoc edendi varietas repudietur, quia plena est vo-luptalis : a qua seriis et studiosis caveDdum est. Quid enirntam contrarium, quam virlus et voluptas? Sed modumdisputalioiii facio, ne videar hoc ipsum, in quo sumus,licet sobrium sit, tamen quia varium est, accusare convi-vium.
CAPUT V.
Contra, cibum ihultiplicem aptiorem esse, quam sit sim-plex.
Hæc cum Prætextato et ceteris prona assensione placuis-sent : Euangelusexclamavit, Nihil tam indignum loieratu,quam quod aures nostras grteca lingua captivas tenet, etverborum rotunditati assentire cogimur, circumventi vo-lubilitale sermonis, qui ad exlorquendam (idem agit in au-dientes tyrannum. Et quia bis loquendi labyrinthis im-pares nos fatemur, âge, Vetli, hoçlemur Eustalhium, ut,recepta contraria disputatione, quidquid pro vario cibo
et à nous communiquer tous les argumentsqu’on peut produire en faveur de la nourrituremultiforme; et qu’ainsi une langue fougueusesuccombe sous ses propres traits, qu’un Grecenlève à un autre Grec nos applaudissements,comme on voit la corneille arracher les yeux à lacorneille.
Symmaque. — Évangelus,tu viens de solliciteravec amertume une chose très-agréable; car cesera un plaisir utile que d’entendre combattreun discours qui fut si fécond, et paré de tant d’é-légance. Mais ce n’est point pour tendre des piè-ges à des pensées ingénieuses, ce n’est point parenvie contre des développements brillants, quenous devons désirer de les voir combattre. Pourmon compte, je ne nierai pas d’avoir quelquefoischanté cette espèce de palinodie ; car on sait quec’est un exercice de rhétorique, de traiter lesdeux côtés des lieux communs, en soutenant al-ternativement le pour et le contre. Mais commeles arguments apportés par les Grecs en faveurd’une thèse ont sans doute trouvé leur ré-ponse chez eux plus facilement qu’ailleurs,nous te prions tous, Eustathe, de repousser lesraisonnements et les observations de Disaire, enrestituant pleinement aux festins les attraitsdont il lésa dépouillés.
Eustathe se lit solliciter longtemps, avantdesecharger de l’office réclamé de lui; mais il cédaenfin aux prières réitérées de tant de personnesillustres, auxquelles il n’était pas possible de ré-sister. Me voilà donc forcé, dit-il, à déclarer laguerre à deux objets qui me sont bien chers, àDisaire et à la frugalité; mais justifié par votreautorisation, comme par un édit du préteur, je
dici potesl, velit communicare nobiscum ; ut suis telislingua violenta succumbat, et Græcus Græco eripiat huneplausum ; tanquam coruix cornici oculos effodiat. Et Sym-machus : Rem jucundam, Euangele, amarius postulasti.Audere enim contra tam copiose et eleganler inventa, resest, quæ habeal utilem voluplatem ; sed non tanquam in-geniis insidianles, et gloriosis tractatibus invidentes, hocdebemus expetere. Nec abnego, potuisse me quoque tau-quarn palinodiam cauere. Est enim rhetorica prolnsio,communes locos in utramvis partem inventorum allerua-lione traclare. Sed quia facilius Græcorum inventionibusa Græeis forte aliis lelatæ respondent ; te, Eustathi, ora-mus omnes, ut sensa et inventa Disarii conlrariis repel-lendo,in inlegrum restituas exauctoratum eonviviorumleporem. Ille diu hocaseofficium deprecatus, ubi tôt im-pellenlium procerum, quibus obviandum non eral, hor-talui succulmit Bellum, inqnit, diiobus milii amicissimiscogor indicere, Disarioet continenliæ : sed ab auctorilalevestra, tanquam ab edicto prætoris, impetrata venia,gulæ patronum,quia neccsseesl, profîtebor. Inprimo spe-ciosis magis, quam veris, ut docebitur, exemplis pænenos Disarii noslri cepit Ingeniiim. Ait enim , peeudes utisimplici cibo, el ideo expugnari difficilîus earum, quambominum sanilatem. Sed utrumque falsum probabo. Namneque simplex est animalibus mulis alimonia ; no. ab illis,