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Macrobe (oeuvres completes), Varron (de la langue latine), Pomponius Mela (oeuvres completes) : avec la traduction en français / publiées sous la direction de M. Nisard
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LES SATURNALES, LIV. VII.

continue ses fonctions sans être troublé;en sorteque ce mouvement-là même ne produit aucuneffet nuisible sur ceux qui s’y sont habitués.

Évangélus : — Je te tiens, Disaire, dans mesfilets ; et, si je ne me trompe, cette fois tu ne m'é-chapperas pas. J’ai entendu souvent tes collèguesdans ton art, et toi-même, dire qu’il n’y avaitpoint de sensibilité dans le cerveau, mais que,comme les os, les dents, les cheveux, ilétait privéde sentiment. Est-il vrai que vous le soutenezainsi, ou bien le nies-tu? — Cela est vrai, ré-pondit Disaire.—Te voilà donc pris. Car,mêmeeu t’accordant (ce qui est pourtant difficile à sepersuader ) qu’il y ait dans l’homme, autre choseque les cheveux qui soit privé de sentiment,comment as-tu pu dire tout à l’heure que lecerveau est le régulateur de tous les sens, puis-que tu avoues toi-même qu’il n’existe point enlui de sensation? Peut-on excuser l’audace d'unetelle contradiction, ou la légèreté frappante detes discours ?

Disaire répondit en souriant : —Les filets danslesquels tu me tiens enveloppé, Évangélus,sont trop lâches, et leurs mailles trop écartées;car tu m'en verras échapper sans efforts. La na-ture a voulu que les parties qui sont très-sèchesou très-humides ne fussent pas susceptibles desensibilité. Les os, les dents, les ongles, les che-veux, sont tellement condensés par une grandesiccité, qu’ils ne sont point accessibles aux im-pressions de cet esprit qui communiqué la sen-sibilité. La graisse, la moelle et le cerveau sonttellement amollis et plongés dans l’humidité, quecette même impression, que la siccité repousse,ne peut être retenue au sein de cet amollisse-ment. C’est ce qui fait que lu sensibilité n’a pu

exister dans la graisse, dans la moelle et dans lecerveau , tout comme dans les dents, les ongles,les os et les cheveux; et de même que l’amputa-tion des cheveux n’occasionne aucune douleur,de même il n'en éprouverait pas la sensation celuià qui l’on trancherait une dent, un os, une portionde graisse, de moelle, ou de cerveau. Cependantnous voyons, diras-tu, ceux à qui l’on coupe desos éprouver des tourments; et les hommes sontsouvent torturés par des douleurs aux dents.Personne ne nie cela. Mais, pour couper un os,il faut couper la membrane qui l’enveloppe; etc’est cette section qui fait éprouver de la dou-leur. Quand la main du médecin a franchi cettepartie, fos et la moelle que celui-ci contient su-bissent l’amputation avec la même insensibilitéque les cheveux. Lorsqu'on souffre des mauxde dents, le sentiment de la douleur n’est pointdans l'os de la dent, mais dans la chair où elleest emboîtée. Toute la partie de l’ongle excrois-sante hors de la chair peut être coupée sans au-cune sensation; mais celle qui est adhérente àla chair occasionne de la douleur, si elle esttranchée, non en elle-même, mais dans la partieou elle est fixée. De même aussi le cheveu donton coupe la partie extérieure, est insensible à ladouleur; mais, si on l’arrache il communiqueune sensation à la chair dont il est séparé. Demême enfin, l’attouchement du cerveau faitéprouver à l’homme de la souffrance, et souventlui donne la mort, non par sa propre sensation,mais par celle de la membrane qui l’enveloppe,laquelle donne lieu à la douleur.

J'ai dit quelles sont les parties du corps hu-main qui sont privées de sentiment, et j’en aiindiqué les causes. Le reste de ma tâche consiste

ante diximus, assuetimi.rei jam mm sibi novæ, mm pave- ,scit hune motum, nec ministeria sua deseï it. Ideo cou-suetis etiam isteagitatus innoxius est.

Et Euangehis : Irrelitiim te jam , Disan, teneo : et, sivere opinor, nusqiiam liodie effugies. Et aliosenim in artelibi socios, et ipsum te audivi sæpe dicentem, cèrebiônon inesse sensum ; sed ut ossa, ut (lentes, ut capillos,ita et cerebrum esse sine sensu. Venitmie est, hæc vosdicere solitos’an ut falsum refelles? Venim, ait ille. Eccejam clausus es. Ut enim concédant tibi, præler capillosin homine aliquid esse sine sensu, quod non t'unie per-suasn est; tamen cor sensus onmes paulo ante dixisii acerebro liiinistrari, cuni, cerebro non iuesse sensum, ipsefatearis? potestne excusare liujns contraiîelatis ausumvel vestri oris nota vohlbililas? HtDisarius renidens : Re-lia, quibns me involiitnni tenes, niinis rarasunt, niuiispalula; ee.ee me, Euangele, sine nisti imle exeintuni vi-debis. Opus natura* est, ut sensum vel nlmimn sicca,vel niminm humecta non capiant. Ossa, déniés cum un-guibus et capillis, nimia siccilate ita densala sunt, ut pe-netrabiita non sint efleclui animæ, qui sensum minislrat.Adeps, medulla, et cerebrum ita in humore atque mol-Mie sont, ut enudein elfeclum animæ, quem siccitasillanon reetpit, molli tic* latu non tenout. idco t:un denlibu»,

, ungomus, ossibus et capillis, quant adipi, medullis, etcerebro sensus inesse non potnit. El sicut seetio capillo-rinn niliil doloris ingerit : ita si secelur vel dens, vel os,seu adeps, seu cerebrum, seu medulla, aberit omnissensus doloris. Sed videmus, inquies, tormentis alïici,quibns secantur ossa, torqueri lioinines et dolore dentium.Hoc verum esse, quis abneget? sed , utossccetur, omen-tum, quod imposition est ossl, cruclatimi, duni sectio-nempalitur, importât. Quod cum tnedici matius transit,os jam cum medulla, quam continet, liabet indolentiam ,sectioni similem capilloriitn. Et cum dentium dolor est,non os demis lu sensu est, sed caro, quæ continet den-tem. Nam et ungliis, qüantus extra carnem crescendopergit, sine sensu secatur : qui calni adhærel, jam facit,si secetur, dolorem, bon suo, sed sedis suæ corpore. Si-cut capillus, dum superior secatur, nescit dolofem; siavellatur, sensum accipit a carne, quam deserlt. Et cere-brum, quod taetti soi hominem vel lorquet, vel fréquen-ter inlerimit, non suo sensu, sed vestitus sut, id est, omen-ti, hune Importât dolorem. Ergo diximus quæ in hominesine sensu sint ; et quæ hoc causa facial, indicatum est.

Reliqua pars debiti mei de eo est, cur cerebfmii, cuiftBcnsimi non babeat, sensus gubernel. Sed de hoc quoqueleutubo, >1 polero esse «otvciido. Sensus, de quibns lu*