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Macrobe (oeuvres completes), Varron (de la langue latine), Pomponius Mela (oeuvres completes) : avec la traduction en français / publiées sous la direction de M. Nisard
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MACROBE.

à expliquer comment le cerveau, qui est privéde sentiment, est cependant le régulateur dessensations. Les sens, dont nous avons à parler,sont au nombre de cinq : la vue, l’ouïe, l’odorat,le goût, et le tact. Ces sens sont inhérents auxcorps, et ils ne sont propres qu’aux seulscorps périssables : car les corps divins n’ont au-cune espèce de sens, tandis que tous les corps,même les divins, ont une âme plus divine en-core. Si donc l’excellence des corps divins rendles sens indignes d’eux, comme n’étant convena-bles qu’à des corps périssables, combien plusl’âme se trouvera-t-elle trop élevée pour avoirbesoin des sens ? Or, pour constituer un hommeet en faire un être vivant, il faut une âme qui il-lumine un corps. Elle l’illumine en habitant enlui ; et sa résidence est dans le cerveau. Sphéri-que de sa nature et nous venant d’en haut, l’â-me occupe aussi la partie sphérique et la plusélevée du corps humain, laquelle est en mêmetemps privée de sensibilité, dont l’âme n’a pasbesoin. Mais comme la sensibilité est nécessaireà la partie animale, un esprit est placé dans lescavités du cerveau, esprit au moyen duquell’âmecommunique ses effets, et dont les fonctionssont de produire et de gouverner les sensations.De ces cavités, que les anciens médecins ontappelées ventricules du cerveau, naissent septpaires de nerfs, auxquelles vous donnerez enlatin le nom qu’il vous plaira. Pour nous, nousappelons en grec syzygie l’assemblage dedeux nerfs qui partent ensemble du mêmelieu, et viennent aboutir au même point. Les septpaires de nerfs partant donc de la cavité du cer-veau remplissent les fonctions de canaux, quivont distribuer, chacun en son lieu, d’après les

lois de la nature, le souffle et la sensation , etcommuniquent ainsi cette propriété aux mem-bres les plus rapprochés, comme à ceux quis’écartent le plus de l’esprit animal. La premièrepaire de ces nerfs se dirige vers les yeux, et leurdonne la faculté de distinguer les divers objets et dediscerner les couleurs; la seconde se dirige en separtageant vers les deux oreilles, dans lesquelleselle produitla notion des sons ; la troisième entredans le nez, et lui communique la vertu de l’o-dorat; la quatrième va occuper le palais, paroù nous apprécions le goût des choses ; la cin-quième communique son action à tout le corps,car toutes les parties du corps discernent les ob-jets mous d’avec les objets durs, ceux qui sontfroids d’avec ceux qui sont chauds. La sixièmepaire de nerfs partant du cerveau vient aboutirà l’estomac, auquel la sensibilité est essentielle-ment nécessaire pour invoquer ce dont il a be-soin, repousser le superflu, et pour être enfinà lui-même, dans l’homme sobre, son propre mo-dérateur. La septième paire de nerfs répand lesentiment dans la moelle épinière, qui est chezl’animal ce qu’est la quille dans le navire, etqui joue un rôle si utile et si important, que lesmédecins l’on appelée le long cerveau. De làaussi, comme du cerveau , partent divers canauxqui concourent aux trois actes que se proposel’âme. Car il est trois choses que l’âme a pour butde procurer au corps animal : qu’il vive; que savie soit bien organisée; et que, par la succession,l’immortalité lui soit assurée. L’action de l’âmepour ces trois objets est communiquée, commeje l’ai dit, par la moelle épinière, qui fournit laforce, suivant les moyens dont j'ai parlé, au cœur,au foie, et aux organes de la respiration ; trois

quimur,quinque sunt : visus, auditus, odoratus, gustuset tactus. Hi aut corporel sunt, aut ci rca corpus, solis-que sunt caducis corporibus familiales. Nulli enim di-vine corpori sensus inesl : anima vero omni corpore,vel si divinum est, ipsa divinior est. Ergo si dignitasdivinorum corporum sensum dedignatur, quasi aptumcaducis : multo magis anima majoris est majeslatis, quamut sensu egeat. Ut autem liomo constet et vivum animalsit, animal præstat, quæ corpus illuminât. Porro illumi-nât inhabitando ; et babilatio ejus in cerebroest. Spliæ-ralisenim natura, et ad nos veniens de alto, partem inbomineet altam, et sphæralem tenuil, et quæ sensu ca-real, qui non est animæ necessarius. Sed quia necessariusanimali est, locat in cavernis cerebri spiramentum de ef-fectibus suis : cujus spiramenti natura hæc est, ut sensusingérât, et guliernet. De his ergo cavernis, quas ventrescerebri nostra vocavit antiquitas, nascuntur nervorumseptem oruÇuf i'« : cui rci nomen, quod ipse voles, Lati-num facito. Nos enim oijîuyîixv nervorum vocamus,cumbini nervi pariter emergunt, et in locum certum desiuunt.Septem igilur nervorum cnjÇuviai, de cerebri ventre nas*rentes , vicem implent fistulanim, spiramentum sensili-Cum ad sua quæque loca naturalilege ducentes, ut sen-

sum vicinis et longe positis membris animalis infundantPrima igitur auÇuyîa nervorum talium petit oculos, etdat illis agnitionem specierum, et discrelionem colorum.Secunda in aures diffunditur ; per quam eis iunascitur no-tifia sonorum. Tertia naribus inseritur, vint ministransodorandi. Quarta palatum tenet; quo de gustatibus judi-catur. Quinta vi sua omne corpus implet : omnis enimpars corporis mollia et aspera, frigida et calida discernit.Sexta de cerebro means stomachum petit; cui maximesensus est necessarius, ut, quæ desunt, appelât, super-flua respuat, et in homine sobrio se ipse moderetur. Sep-tinia mguyia nervorum infundit sensum spinali medullæ;quæ hoc est animali, quod est navi carina : et adeo usuaut dignitate præcipua est, ut longum cerebrum a me-dicis sit vocata. Ex hac denique, ut ex cerebro, diversinascuntur meatus, virtutem tribus animæ propositis mi-nistrantes. Tria sunt enim, quæ ex animæ providentiaaccipit corpus animalis : ut vivat, ut décoré vivat, et utimmortalilas illi successione quæratur. His tribus propo-sitis, ut dixi, animæ per spiualem medullam præbetureffectus. Nam cordi, et jecori, et spirandi ministeriis,quæ omnia ad vivendum pertinent, vires de spinalibus,quos dixi, mealibus ininislrantur : nervis etiam manuum,