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Macrobe (oeuvres completes), Varron (de la langue latine), Pomponius Mela (oeuvres completes) : avec la traduction en français / publiées sous la direction de M. Nisard
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LES SATURNALES, LIV. VIL

objets qui appartiennent à l’essence de la vie.C’est aussi par ces canaux que reçoivent desforces les nerfs des mains et des pieds, et desautres parties du corps qui constituent l’organisa-tion régulière de la vie ; et c’est enfin pour assu-rer au corps une succession, que, de cette mêmemoelle épinière, d’autres nerfs se dirigent versles parties naturelles ou vers la matrice, afin deles rendre capables de remplir leur fonction.C’est ainsi qu’aucune partie du corps humainn’est privée de l’influence de la moelle épinière,ou de cellede l'esprit qui est placée dans la cavitédu cerveau ; et voilà comment on expliqueque le cerveau, qui est privé de sentiment, soitnéanmoins le point d’où il se répand dans toutle corps.

— C’est très-bien, dit Évangélus; notre petitGrec nous a expliqué si clairement les choses que.a nature avait couvertes de ses voiles, quenous croyons voir de nos yeux ce que ses dis-cours n’ont fait que nous décrire. Mais je cèdela parole à Eusthate, auquel j’ai usurpé son tourd’interroger. — Eusthate : qu’Eusèbe, le plusdisert des hommes, ou que tout autre qui le dési-rera, s’empare maintenant de l’interrogation;pour moi, j’y vaquerai par la suite, dans unmoment plus loisible.

CHAPITRE X.

Pourquoi la calvitie et la blancheur des cheveux commen-cent toujours par euvahir la partie antérieure de latête; et pourquoi les femmes et les eunuques ont la voixplus grêle que les hommes.

Disaire, nous disserterons donc ensemble, ditEusèbe, sur cet âge à la porte duquel nous som-mes près de frapper tous deux. Lorsqu’Homère

pedum, aliarumve partium, per quas décoré vivitur,virtus inde præstatur. Et ut ex bis successio procuretur,nervi ex eadem spinali medulla pudendis et matrici, utsuum opus impleant, ministrantur. Ita nulla in hominepars corporis sine spiramento, quod in ventre cerebri lo-catum est, et sine spinalis medullæ beneficio constat. Sicergo fit, ut cum ipsum cerebrum sensu careat, sensustamen a cerebro in omne corpus proficiscatur. Euge Græ-iulus noster, Evangélus ait, tam plane nobis ostendit resopertu naturæ tectas, ut, quidquid sermo descripsit, ocu-lis videre videatnur. Sed Eustathio jam cedo, cui præripuiconsulendi locum. Euslathius : Modo vel vir omnium di-sertissimus Eusebius, vel quicunque volent alii, ad exer-cilium consultation^ accédant ; nos postea liberiorc otiocongrediemur.

CAPUT X.

Qui fiat, ut calvitium pariter atque canities anteriores capi-tis partes primum invadant. Deinde, cur feminis atque eu-nuebis vox sit, quam vins, exilior?

Ergo, ait Eusebius, habendus mihi sermo, Disari, te-

dit des vieillards qu’ils ont les tempes blanches,je demande si, à la manière des poètes, il prendcette partie pour la tête entière, ou bien s’il aeu quelque motif d’attribuer la blancheur à cettepartie spécialement. — Disaire : En cela, commedans tout le reste, éclate l’exactitude du poètedivin ; car la partie antérieure de la tête est plushumide que l’occiput, et c’est à cause de celaque la blancheur commence par cet endroit àse manifester. — Si la partie antérieure, répliquaEusèbe, est la plus humide, pourquoi est-elle siexposée à la calvitie, qui n’est produite que parla siccité?— L’objection, dit Disaire, est faiteà propos ; mais la solution n’en est pas moinsclaire. La nature afait les parties antérieuresde latête les moins compactes, afin que les émanationsfumeuses ou superflues du cerveau pussents’éva-porer par un plus grand nombre de voies. De làvient qu’on remarque sur les crânes desséchés deshommes une espèce de suture, par laquelle, sij’ose m’exprimer ainsi, sont liés ensemble lesdeux hémisphères dont est formée la tête. Or,l’humidité fait place à la siccité dans les indivi-dus chez lesquels ces voies sont les plus ouver-tes; et si leurs cheveux blanchissent plus tard „ils n’échappent point à la calvitie. — Eusèbe :Si c’est la siccité qui produit la calvitie, et queles parties postérieures de la tête soient, commetu l’as dit, les plus sèches, pourquoi ne voyons-nous jamais l’occiput devenir chauve? — Disairerépondit : La siccité de l’occiput n’est point unvice, c’est une chose naturelle; car il est tel cheztous les individus. Or la calvitie n’est produiteque par la siccité qui résulte de cette mauvaisecomplexion, que les Grecs appellent dyscratie.Ainsi, ceux qui ont les cheveux crépus, ce quiest un effet de la sécheresse de leur tête, blan-

cum de ætate, cujus januam jam paene ambo pulsamus.Homerus, cum senes ito).ioxpoTa?ou; vocal, quæro; utriimex parte poetico more totum capul significarevêtit, an exaliqua ratione canos liuic praecipue parti capitis assigne!?Et Disarius : Et hoc divinus ille vates prudenter, ut cetera.Nam pars anterior capitis humidior occipitio est ; et indecrebro solet incipere canities. El si pars anterior, ait ille,humidior est, cur calvitium patitur, quod non nisi ex sic-citale contingit? Opportuna, inquit Disarius, objectio; sedratio non obscura est. Partes enim priores capitis fecitnatura rariores, ut, quidquid superllui aul fumei flatuscirca cerebrum fueril, evanescat per plures mealus : undevidemus in siccis defunctorum capitibus velut quasdam su-turas , quibus hemisphæria, ut ita dixerim, capitis alli-gantur. Quibus igilnr illi meatus fuerint ampliores, humo-rem siccitate mutant, et ideo tardius canescunt, sed noncalvilio carent. Si ergo siccitas calvos efiieit, et posterioracapitis sicciora esse dixisti ; cur calvum occipilium nun-qnam videmus? Ille respondit : Siccitas occipitii non exvitio, sed ex natura est. Ideo omnibus siccasunt occipitia.Ex illaaulem siccitate calvitium nascitur,quæ per maiamtemperiem, quam Graeci Suuxpaoiav soient vocare, con-tingit. Unde, quibus capilli snnt crispi, quia ita teinperati

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