MACROBE.
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chissent tardivement, mais deviennent bientôtchauves; au contraire, ceux dont les cheveuxsont rares ne les perdent pas facilement, parcequ’ils sont nourris par le fluide appelé flegme;mais ils blanchissent bientôt, et cela parce qu’ilsse teignent de la couleur du fluide qui les nour-rit. — Eusèbe : Si c’est à cause de l’abon-dance des humeurs que blanchissent les che-veux des vieillards, pourquoi attribue-t-on à lavieillesse une si grande siccité? — Parce quependant la vieillesse, répondit Disaire, la cha-leur naturelle se trouvant éteinte par le temps,le tempérament devient froid, ce qui donne nais-sance à des humeurs froides et superflues. D’ail-leurs, le fluide vital se dessèche par la longévité.Ainsi la vieillesse est affectée de la sécheresse,en ce sens qu’elle manque de ce fluide naturel,et que son humidité ne consiste qu’en une abon-dance d’humeurs vicieuses, procréées par la froi-dure du tempérament. C’est aussi la raison pourlaquelle l’ôge avancé est sujet aux insomnies,parce que le sommeii, qui est produit principa-lement par l'humidité du corps, ne saurait l’êtrepar l’humidité qui n’est point naturelle. La cons-titution de l’enfance est humide, parce qu’il y aabondancede fluide naturel, mais non superfluité.C’est à cause de cette grande humidité que lescheveux des enfants ne blanchissent jamais,parce que leur flegme u’est point alimenté par lafroidure, mais par le fluide vital et naturel. Cartout fluide qui résulte du froid de l’âge, ou quiest produit par quelque autre vice, est superflu,et par conséquent nuisible. Nous voyons lesdangers extrêmes auxquels une pareille humi-dité expose les femmes, si elle n’est pas fréquem-ment évacuée. C’est elle qui affaiblit les jambes
sunt, ut capite sicciores sint, larde canescunt, cito incalvitium transeunt : contra, qui capillo sunt rariore, noneo facile nudantur, nutriente humore, quod çUyfia voci-tatur; sed fit illis cita canities. Nam idco albi sunt cani,quia colorem luimoris.quo nutriuntur, imitanlur. Sicrgosenibus abundantia humons capillos in canitiem tingit ;cur senecta opinioncm exactæ siccitalis accepit? Quia se-necta, inquit ille, exstincto per vetustatem naturali ca-lore, fit frigida : et ex illo frigore gelidi et superfiui nas-cuntur Immores. Ceterum liquor vitalis longævitate sicca-tus est ; inde senecta sicca est inopia naturalis humoris;Immectu est abundantia vitiosi ex Irigore procréâti. 11 incest, quod ex vigiliis ætas gravior aflicitur; quia somnus,qui maxime ex humore contingit, de non naturaii humorenascitur. Sicut est mullus in infantia, quae humida est,abundantia non superilui, sed naturalis humoris. Eademratio est, qua: pueritiam canescere non patitur, cum sithumectissimajquia nonexfrigore nato phlcgmate humidaest, sed illo naturali ctvitali humore nutritur. Ille enimInimor, qui aut de aetatis frigorc nascitur, aut cujusiihetvitiositatis oecasione contrahitur, ut superfiuus, ita etnoxius est. Hunevidemus in feminis, nisi crebro egeraUir,extrema minitantem; hune in emmehis dehilitatem tibiisiugereutein : quorum ossa, qnasi semper in superfluo hu-
des eunuques, dont les os nageant toujours,pour ainsi dire,dans une humidité surabondante,sont privés delà vigueur naturelle, et plient fa-cilement, parce qu’ils ne peuvent supporter le.poids du corps dont ils sont chargés, comme lejonc se courbe sous le faix qu’pn lui impose.
Eusèbe :— Puisque la discussion sur la super-fluité des humeurs nous a conduits des vieillardsaux eunuques, je veux que tu me dises pourquoila voix de ees derniers est si aiguë, que, lorsqu’onne les voit pas, on peut la confondre avec celledes femmes? — C’est encore, répondit Disaire,l’abondance superflue de l’humidité qui produitcet effet. Car cette humidité, épaississant l’artèrepar laquelle monte le son de la voix, en rétrécitle passage; et voilà pourquoi la voix des femmeset celle des eunuques est aiguë, tandis que celledes hommes est grave, parce qu’elle trouve uneouverture libre et béante dans toute la capacitéde l’artère. Une semblable froidure de tempéra-ment produit dans les femmes et dans les eunu-ques une pareille abondance d’humeurs super-flues ; c’est ce que prouve l’embonpoint qu’ilsacquièrent également, et le développement pres-que égal qu’atteignent les mamelles chez les unscomme chez les autres.
CHAPITRE XI.
Pourquoila honte et la joie font rougir, et pourquoi lacrainte fait pâlir.
Quand Disaire eut cessé de parler, c’était autour de Servius d’interroger, lorsque sa timiditénaturelle alla jusqu’au point de le faire rougir;et Disaire lui dit : — Courage, Servius, rassérène
inore natantia; naturali vigore caruerunt; et ideo facileintorquentur, dum pondus superpositi corporis ferre nonpossunt : sicut canna, pondéré sibi imposilo, curvalur.
Et Eusebius : Quoniam nos a scnectule usqne ad eu-nuchos traxil superilui humoris disputalio, dicas volo,cur ita aculæ vocis sint, ut sæpe millier, an ennuclms lo-quatur, nisi videas, ignores? ld qiioquc lacéré superiluihumoris abundantiam, ille respondit. Ipseenimàprr.ptxv,per quam sonus vocis ascendit, effieiens crassiorem, au-gustat vocis meatuin : et ideo vel feminis, vel eunuchisvox acuta est; viris gravis, quibus vocis transitus habetliberum et ex integio patentera meatum. Nasci iiutein ineunuchiset in feminis ex pari frigore purent pæneimportmnbumoiis atmndaïUian/ etiain hinc liquet, quod utrmnquecorpus sæpe pinguescit : certe ubera prope similiter ntris-que grandescunt.
caput xi.
Cor ii, quos pudel, aut qui gaudent, rubescant : at inciden-tes pallor invadat.
His diclis,cum ad interrogamjum orijo Servi»™ jamvocaret, naturali pressus ille verecundia usqne nu prmli-lionem coloris erubuit. Et Disarius -. Age, Servi, non so-