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Macrobe (oeuvres completes), Varron (de la langue latine), Pomponius Mela (oeuvres completes) : avec la traduction en français / publiées sous la direction de M. Nisard
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LES SATURNAI

ton front! Puisque tu surpasses on science, non-seulement tous les jeunes gens de ton âge, maismême tous les vieillards, bannis cette pudeurqu’atteste la rougeur de ton visage, et disserte li-brement avec nous sur ce qui te viendra dansl’esprit. Tu ne nous instruiras pas moins par tesinterrogations , que si tu répondais toi-même acelles d’autrui. — Comme, il garda le silence encorequelque temps, Disaire l’excita à le rompre par depressantes invitations. — Eh bien I dit Servius, jet’interroge sur ce que tu dis qui vient de m'arriver :pourquoi la pudeur que l’âme éprouve produit larougeur de la surface du corps?— Disaire : Lorsquequelque chose excite eu nous une honnête pudeur,la nature, en se portant vers les extrémités, pé-nètre dans notre sang qui se trouble, et l’agite demanière à ce que la peau en est colorée; et voilàce qui produit la rougeur. Les physiciens disentencore que la nature, lorsqu’elle éprouve le sen-timent de la pudeur, se couvre du sang, commed’un voile ; et c’est pourquoi nous voyons souventcelui qui rougit mettre sa main devant son visage.Tu ne douteras point de cette raison , lorsque tusauras que la rougeur n’est autre chose que lacouleur du sang.

Servius répliqua : — Et ceux qui éprouvent unsentiment de joie, pourquoi rougissent-ils? — Di-saire: Lajoie vient du dehors de nous; la nature seporte avec impétuosité vers elle; le sang la suit,comme partageant le sentiment de son bonheur,et colore la peau. C’est ce qui produit, ainsi quedans le cas précédent, la rougeur du teint.

Servius. — Pourquoi, au contraire, ceux quiéprouvent lesentiment de lacrainte pâlissent-ils?—Ceci n’est point obscur, répondit Disaire ; car lors-qu’elle craint quelque chose de l’extérieur, la na-

lum adolescentium, qui tibi æquævi sunt, sed senuni quo-que omnium doclissime, commascula frontem ; et séques-trât ; 1 verecundia, quam in le faciès rubore indical, confernobiscum libéré, quod occurrerit; inlerrogationibus tuisnon minus doctrinæ collaturus, quam si aliis consulenli-bus ipse respondeas. Cumque diutule tacentem crebris illeexhorlalionibusexcilarct; lloc, inquit Servius, extequauo,quod milii contigisse dixisti; quæ facial causa, ut ruborcorpori ex animi pudore nascatur? Et ille, Natura, inquit,cum quid eioccurrit honesto pudore dignum, imum pe-tendo pénétrât sanguinem : quo commoto, atque dil'fuso,cutis tingilur; etinde nasciturrubor. üicunteliam physici,quod natura pudore tacta, ita sanguinem ante se pro vela-mento tendat, ut videmus quemque erubescentem manumsibi ante faciem fréquenter opponere. Nec dubitare de bispoteris, cum niliil aliud sit rubor, nisi color sanguinis. Ad-dit Servius : Et qui gaudent, cur rubescunt? El Disarius,Gaudium, inquit, extrinsecus contingit : ad hocanimosooccursu natura festinat, quam sanguis comitando , quasii/acritale integritalis suæ compotem, tingitcutem; et indesimilis color nascilur. Idem refert : Contra, qui metuunt,qua ratione pallescunt? Nec hoc, Disarius ait, in occultoest : natura enim, cum quid de extrinsecus contingentibus

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turc se retire aans son intérieur. C'est ainsi ijuenous-mêmes, lorsque nous appréhendons quelquechose, nous cherchons les ténèbres et les lieuxqui peuvent nous cacher. Ainsi donc la nature,tendant à descendre pour trouver à se cacher, en-traîne avec soi le sang, qui lui sert comme dechar pour la transporter : sa retraite laisse surla peau un fluide plus clair, et c’est ce qui fait quecelle-ci pâlit. C’est par une raison analogue queceux qui craignent tremblent. La force vitale, seconcentrant dans l’intérieur, abandonne les nerfsqui La communiquaient aux membres; et ceux-cisont agités par les secousses de la crainte. C’estencore ainsi que le relâchement du ventre ac-compagne la frayeur, parce que les muscles, quitenaient fermés les conduits des excréments,abandonnés par la force vitale qui se concentréintérieurement, lâchent les liens qui devaientretenir les excréments jusqu’à l’opportunité de ladigestion. — Servius donna son assentiment à cesréponses par .un respectueux silence.

CHAPITRE XII.

De quinze questions proposées par Aviénus à üisaire.

Aviénus : — Puisque mon tour est venu defaire, comme les autres, des interrogations, jeveux ramener sur des sujets relatifs aux festinsla conversation, qui s’était beaucoup écartée dela table pour passer à d’autres questions. Envoyant servir de la viande salée, que nous ap-pelons lard ( laridum ), mot composé, je pense,de large aridurn |très-sec), je me suis proposésouvent de rechercher pourquoi le mélange du selavec la viande la conserve pendant si long-

metuit, in ait uni tota demergilur : sicut nos quoque, cumtimemus, latebras et loca nos occulentia quærimus. Ergotota deseendens ut lateat, trahit secum sanguinem,'quovelul curru semper vehitur. Hoc demerso, hunior dilutiorcuti remanel; et inde pallesciL Ideo limentes et trcimmt,quia virtusanimæ introrsum fugiensnervos relinquit, qui-bus tenebatur fortitudo meinbrorum ; et inde sailli timorisagitantur. Hinc etlaxamentum ventriscomitatur timorem;quia musculi, quibus claudebantur retrimcntoruni mea-tus, fugienlis introrsum animæ virtute deserti, laxantvincula, quibus retrimenla usquead digestionis opportu*nitalem coutinebantur. Servius bis dictis venerahiliter as-sensus, oblicuil.

CAPUT XII.

De quæsliooibus quindecim, Disario ab Avieno propositis.

Tune Aviénus : Quia meordo, ait, ad similitudinemconsultationis applicat, reducendus mihiestad conviviumsermo, qui longius a mensa jam fuerat evagatus, et adalias transierat quæstiones. Sæpe apposita salila carne,quam « laridum » vocamus. ni opinor, « quasi large ari-