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MACROBE.
temps ; et quoique je puisse en entrevoir de moi-même la cause, j’aime mieux en acquérir ia cer-titude de celui qui s’occupe de l’étude de lanature du corps. Disaire : — Toutcorps tend par sapropre nature à se flétrir et à se dissoudre; et, àmoins qu’il ne soit retenu par quelque lien, il sedésorganise facilement. Ce lien existe tant quedure la vie, au moyen du renouvellement de l’air,par lequel les poumons qui engendrent le souffles’alimentent continuellement, en en aspirant sanscesse de nouveau. L’absence de la vie ayant faitcesser cet acte, les membres se flétrissent, lecorps s’affaisse, cédant à son propre poids. Alorsaussi le sang, qui, tant qu’il a été doué de cha-leur donnait de la vigueur aux membres, se pu-tréfie par l’absence de cette chaleur. Ne se con-tenant plus dans les veines, il s’écoule au dehors;et, de leurs canaux ainsi relâchés, dégoutte unpus fétide. Ce sont ces effets que prévient le mé-lange du sel dans les corps. En effet, le sel est desa nature sec et chaud; sa chaleur empêche la dis-solution du corps; sa siceité comprime ou absor-be l’humidité. Ce dernier point est facile à démon-trer par l’exemple suivant : Faites deux painsd’une pareille grandeur, l’un salé et l’autre sanssel, vous trouverez le second plus pesant que lepremier; ce qui est l’effet de l’humidité, que laprivation du sel y laisse séjourner.
Aviénus. Je veux demander à mon ami Di-saire '< pourquoi, tandis que le vin clarifiéest plus« vigoureux, il a cependant moins de force pour« se conserver; et en même temps pourquoi il« trouble si promptement celui qui le boit, tan-« dis qu’il tourne facilement, si on le conserve? »
dum, » quærere mecuni ipse constitui, qua ratione camemad diuturnitatem usas admixtio salis servet. Hoc licetæstimare mecum possim; malo tamen ab eo, qui corpori-bus curât, cerlior fîeri. Et Disarius : Omne corpus suaptenatura dissolubile et marcidum est ; et, nisi qnodam vin-culo contineatur, facile detluit. Continetur autem, quamdiuinest anima, reciprocatione aeris, qua vegetantur concep-lacola spiritus, dum semper novo spirandi nutriuntur ali-mento. Hue cessante per anima: discessum, membra mar-cescunt, etomne pondérésuocondictum corpus obteritur.Tum sanguis etiam, qui, quamdiu fuit compos caloris,dabat membris vigorem, calore discedente versus in saniem,non manet intra venas, sed foras exprimitur : atque italaxatis spiramentis, eftluit tabes fæculenta. Id fieri sal ad-mixtuscorpori prohibet. Estenim natura siccus et calidus:et lluxum quidem corporis calore contrahit,bumorem verosiccitale vel coercet, vel exsorbet. Certe humorem saledifferri,sive consumi, fit hinccognitu facile, quod, siduospanes pari magoitudine feceris, unum sale aspersum, sinesale alterum, invenies indigentem salis pondéré propen-siorem, scilicet humore in eo per salis penuriam perma-nente.
Et hoc a Disario meo quæsitum volo, « cur deftecatum
• vinum validius sit viribus, sed iofirmius ad permanen-
* dum; ettamhibentem cito permovet, quam ipsum, si« manserit, facile mutatur? » Ouod cito, inquit Disarius,
—Ce vin trouble promptement, répondit Di-saire, celui qui le boit, parce qu’il pénètre plusfacilement dans ses veines, à proportion qu’il aété liquéfié par l’épuration de la lie; d’un autrecôté, il se tourne facilement, parce que, ne trou-vant à s’appuyer sur aucun soutien, il est exposéde toutes parts à ce qui peut lui nuire ; car la lieest comme la racine du vin, qu’elle maintient,alimente, et auquel elle fournit des forces.
Je te demande maintenant, dit Aviénus, « pour-« quoi en toutes choses, excepté dans le miel, la« lie tombe au fond, et pourquoi le miel seul dé-« charge sa lie par en haut?» — Disaire répondit :La lie, étant une substance épaisse et terreuse, estplus pesante que tous les liquides, le miel ex-cepté. Aussi, chez les premiers, sa pesanteur lafait couler à fond, tandis que, se trouvant pluslégère que ce dernier, elle est chassée du lieu oùelle se trouve vers la surface.
Aviénus. — De ce qui vient d’être dit naissentdes questions du même genre. « Pourquoi, Di*« saire, ie vin et le miel sont-ils réputés meilleurs« à des époques différentes? le miel, lorsqu’il est« plus récent; le vin, lorsqu’il est plus vieux? »De là est venu ce proverbe des gourmets ;Pour bien faire le mulsum (vin doux), ilfaut mêler de I’Hymette nouveau avec du vieuxFalerne. — La raison de ceci, répondit Disaire,c’est la nature différente des deux liquides. Levin est humide, et le miel sec. Si tu doutes demon assertion, considère leur emploi en méde-cine. On prépare avec du vin les remèdes desti-nés à humecter le corps ; et l’on épure avec dumiel ceux qui sont destinés à le dessécher. Ainsi
permovet, hæc ratio est, quia tanto penetrabilius in venasefficitur bibentis, quanto fit liquidais, faece purgata. Ideoautem facile mutatur, quod nullo firmamento nixum un-dique sui ad noxam patet. Fæx eriim vino sustinendo etalendo, et viribus sufficiendis, quasi radix ejus est.
Et hoc quæro, Aviénus ait, « cur fæx in imo subsidit« omnium, nisimeilis : mel sotum est, quod in summumn fæcem exspuat? » Ad liæe Disarius : F axis materia,ut spissa atque lerrena, ceteris laticibus pondéré præstal,melle vincitur. Ideo iu illis gravitate devergensadfuiidiundecidit; in melle vero, ut levior, de loco victa sursumpellitur.
Quoniam ex bis, quæ dicta sunt, ingerunt se similesquæstiones; « cur, » Disari, » ita mel et vinum diversisn ætatibus liabentur oplima; mel, quod recentissimum,
« vinum, quod velnslissimnm? » undeest et illud prover-bium quo uluntur gulones : Mulsum, quod probe tempé-rés, miscendum esse novo Hymeltio et vetulo Falerno.Propterea, inquit ille, quia inter se ingenio diversa sunt.Vini enim natura Inimida est, meliis arida. Si dicto meoaddnbitaveris, mejieinæcontemplatol'effectum. Nam quæudanda sunt corporis, vino foventur ; quæ siccanda sunt,melledetergenlur. Igiturlonginquilale temporis de utroquealiquid exsorbente, vinum fit meracius, mel aridius : etita mel succo privatur, ut vinum aqua liberatur.
Nec hoc. quod sequitur, dissimile quæsitis est : « cur,