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Macrobe (oeuvres completes), Varron (de la langue latine), Pomponius Mela (oeuvres completes) : avec la traduction en français / publiées sous la direction de M. Nisard
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LES SATURNALES. LlV. VIL

donc, le temps absorbant incessamment quelquechose de ces deux substances, le vin devient pluspur et le miel plus aride, l’un se déchargeantde l’eau, l’autre perdant son suc.

Aviénus : — Tu ne trouveras pas nou plus la de-mande suivante étrangère à notre sujet : « Pour-* quoi, si l’on conserve du vin ou de l’huile dans« des vases à demi remplis, le vin dégénère-t-il en« tournant vers l’aigreur, tandis que l’huile, au« contraire, acquiert une saveur plus douce? »

— Ces deux observations sont justes, dit Disaire.La partie supérieure du vase de vin qui se trouvevide est remplie par un air qui lui est étranger,et qui pompe et absorbe jusqu’aux moindres por-tions d’humidité. Par l’effet de cette dessiccation,le vin, pour ainsi dire dépouillé de ses forces,ou s’aigrit, ou perd tout son agrément, selonqu’il est d’une qualité faible ou spiritueuse.L’huile, au contraire, par suite de l’épuisementdu fluide muqueux qu’elle renferme, et qui estproduit par la dessiccation du superflu de son hu-midité, acquiert un goût d’une nouvelle suavité.

Aviénus, insistant sur le même sujet, reprit : —Hésiode dit que, lorsqu’on est arrivé à moitié dutonneau, il faut ménager le vin; mais qu’on peutabuser jusqu’à la satiété des autres parties. In-failliblement, il veut dire par là que le meilleurvin est celui qui se trouve vers le milieu du ton-neau. D’un autre côté, il est constaté par l’expé-rience que la meilleure portion de l’huile est cellequi surnage; et la meilleure portion du miel,celle qui se trouve au fond. Je demande donc« pourquoi on réputé comme la meilleure, la« portion qui se trouve à la surface dans l’huile;« au milieu, dans le vin ; au fond, dans le miel? »

— Disaire répondit sans hésiter : Ce qu’il y a demeilleur dans le miel est plus pesant que le reste.

« si vasa vini atque olei diutule semiplena cuslodias, vi-n num ferme in acorem corrumpitur, oleo contra sapor« suaviorconcilialur?»Utrumque, Disarinsait, verum est.In illud enim vacuum, quod superne liquido caret, aeradvena incidit, qui tenuissimum quemque liumorcm elicitet exsorbet : eo siccato, vinum, quasi spoliatum viribus,prûut ingenio imbecillum aut validum fuit, vel acoreexasperatur, vel austeritate restringitur ; oleum autem,superfluo humore siccato, velut mucore, qui in eo latuit,absterso, acquirit novam suavitatem saporis.

Rursus, ail Aviénus, Hesiodus cum ad medium doliiperventnm est, comperceiidum, et celeris ejus partibusad sattetatem dicit abulendum ; optimum vinum sine du-bio significans, quod in dolii medielate consisteret. Sedethoc usu probatum est, in oleo optimum esse, quod su*pernatat, in melle, quod in imo est. Quæro igifur, « cur« oleum, quod in summo est; vinum , quod in medio;« mel, quod in fundo, optima esse credantur? » Nec cunc-tatus Disarius, ait : Mel, quod oplimnm est, reliquo pon-derosius est. In vase igilur mellis, pars , quæ in imo est,utique præstat pondéré ; et ideo superuante pretiosior est.Contra, in vase vini, pars inferior admixlioue fa;cis non

Ainsi, dans un vase de miel, la partie du fondest certainement la plus pesante; elle est doncmeilleure que celle qui surnage. Dans un vase devin, au contraire, la partie inférieure, à causedu mélange de la lie, est non-seulement trouble,mais même d’une mauvaise saveur; la partie su-périeure s’altère parla contigu'i'é de l'.iir, dontle mélange l’affaiblit. C’est pourquoi les agriculteurs, non contenls d’avoir abrité les tonneauxsous leurs toits, les enfouissent et les couvrentpar des enduits extérieurs, éloignant ainsi deleur vin, autant qu’il est possible, le contact del’air, qui lui est si manifestementnuisible, que levin a de la peine à se conserver même dans unvase plein, par conséquent moins accessible àl’air. Ainsi donc, si l'on vient à y puiser, et qu’onouvre par là une voie au mélange de l’air, toutce qui reste s’altérera. Donc le milieu du tonneau,parce qu’il est également distant de ses deux ex-trémités , est préservé de toute détérioration, n’é-tant ni troublé, ni affaibli.

Aviénus ajouta : —« Pourquoi la même boisson« paraît-elle plus pure à celui qui est à jeun qu'àn celui qui a mangé? » — Disaire : L’abstinenceépuise les veines, la saturation les obstrue; ainsidonc, lorsque la boisson coule dans un vide com-plet, ne trouvant point les veines obstruées parde la nourriture, elle n’est affaiblie par aucunmélange, et paraît plus forte au goût, à causede la vacuité des lieux qu’elle traverse.

Je voudrais savoir encore, dit Aviénus, « pour-■< quoi celui qui boit lorsqu’il a faim apaise un« peu la faim; tandis que celui qui prend de la« nourriture lorsqu’il a soif, non-seulement n’a-«■ paise pas la soif, mais au contraire I augmente« de plus en plus? » — La cause en est connue,répondit Disaire r lorsqu’on a consommé quelque

modo turbulenta,sedet sapore deterior est: pars vero summa, aeris vicina, corrumpilur, cujus admix lione fit dilolior.Undë agricolæ dolia non contenti suh teclo reposuisse,defodinnt, et operimentis extrinsecus illitis miiniiml, le-moventes, in quantum fieri potest, a vino aeris coulagio-nemjaquotam manifeste læditnr, ut vix se tueatur invase pleno, et ideo aeri minus pervio. Ceterum si iodebauseris,ct Iocum aeris admixtioni patefeceris, reliqmim,quod remansit, omne corrumpitur. Media igitur pars,quantum a confinio summi utriusque, tantum a noxa re-mota est, quasi nec turluilenla , nec «Ulula.

Adjecit Aviénus; >< Cur eadem potio meracior videtur« jejuno, quam ei, qui cihum sumsit? » El ille ; Venasinedia vacuefacit, saturitas obstruit. Igitur cum potio perinanitatem penitus induit, quia non obtusas cibo venasinvenit, neque fit admixtione dilutior, et per vacuummeans guslatu fortiore sentitur.

Hoc quoque sciendum mihi est, Avienns ait, a cur, quin esuriens biberil, aliquantuluin famemsulilevat ; qui vero« sitieos cibumsumserit, non solum non domat silim, sed« magis magisque cupidinem potus accendit? » Nota est,inquil Disarius, causa : nam liquori uidem nibil officit,

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HACIIOBE.