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Macrobe (oeuvres completes), Varron (de la langue latine), Pomponius Mela (oeuvres completes) : avec la traduction en français / publiées sous la direction de M. Nisard
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MACROBE.

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liquide, rien ne l’arrête en aucun endroit, et nel’empêche de se distribuer vers toutes les partiesdu corps et d’aller remplir les veines. Aussi, lors-qu’on remédie par la boisson à la vacuité pro-duite par l’abstinence, cette vacuité ne se repro-duit pas entièrement; tandis que la nourriture,dont le volume est, plus considérable et plusdense, ne parvient dans les veines qu’après avoirété dissoute peu à peu. Ainsi, elle n’apporte aucunsoulagement à la soif actuelle. Loin de là, elleabsorbe, toute l’humidité extérieure qu’elle ren-contre , et par là elle augmente l’ardeur de la soif.

— Jeneveux pas non plus,dit Aviénus, resterdans l’ignorance de ceci : « Pourquoi on éprouve« plus de plaisir à se désaltérer qu’à se rassasier? »— Disaire : Ceci s’explique parce que j'ai déjàdit. La boisson pénètre tout d’un trait dans l’ensem-ble du corps, et le sentiment qu’éprouvent tou-tes ses parties produit une volupté unique, sensibleet très-grande; tandis que la nourriture, n’étantprise qu’à petites portions, n’apaise la faim quepeu a peu ; et ia volupté qu’elle occasionne, étantplusieurs fois répétée, doit par cela même êtremoindre,

(Aviénus). — Situ le trouves bon, j’ajouterai en-core ceci à mes autres demandes : * Pourquoi la sa-» tiété a-t-elle atteint celui qui dévore avec«avidité, que celui qui mangerait lentement la« même quantité?» — Larénonse est courte, ditDisaire. Lorsqu’on dévore avidement, beaucoupd’air s’introduit avec les aliments,en ouvrant labouche et par les fréquentes aspirations; cet airremplit les veines, et contribue, comme la nour-riture^ procurer la satiété.

(Aviénus). — Si je ne dois pas te fatiguer,Disaire, souffre l’exces de paroles que m’inspire

l’ardeur de m’instruire; et dis-moi, je te prie,« pourquoi nous serrons dans la bouehe des ati-« ments très-chauds, plus facilement que nous« ne pourrions les supporter sur la main ; et s’ils« sont encore trop chauds pour que nous puis-« sions les mâcher plus longtemps, pourquoi les« avalons-nous sur-le-champ, sans que le ventre« en éprouve une brûlure pernicieuse? » —Di-saire : La chaleur intérieure qui se trouve dansle ventre, beaucoup plus forte et plus véhémenteque celle des objets qu’il peut recevoir, enveloppecelle-ci, et la détruit par sa puissance. Aussi, situ as mis dans la bouche quelque chose de brû-lant, il ne faut point ouvrir les lèvres, commefont certaines personnes; car l’air renouvelé nefait que prêter de nouvelles forces à la chaleur;mais il faut fermer un peu la bouche, afin que lachaleur plus forte, que le ventre communiquejusqu’à la bouche, comprime la chaleur moindrede la nourriture. Quant à la main, il n’est aucunechaleur qui lui soit propre, qui l'aide à suppor-ter un objet brûlant.

— Depuis longtemps, dit Aviénus, je désirede savoir « pourquoi l’eau qu’on a amenée à«la température de la neige, en y recueillant«des grêlons, est moins nuisible à boire que« celle qui provient de la neige fondue? » —Disaire : J'ajouterai quelque chose àeequetu medemandes. L’eau qui provient de la neige fondue,quand même on la mettrait devant le feu pourla boire chaude, est aussi nuisible que si on labuvait froide. Ce n’est donc pas le froid de laneige qui lui communique cette qualité perni-cieuse ; mais il en existe une autre cause, que jene craindrai pas de rechercher sur les tracesd’Aristote. Il l’établit ainsi dans ses Questions

quin sumlus ad onines corporis partes, quoquo versuspermanet, et venas compleat. lit ideo inedia, quæ inani-lalem fecerat, acceplo potus remedio, quasi jam non intotum var.ua recreatiir. Cibatus vero, utpote concretior etgraudior, in venas non nisi panlatim confectusadmitlitur.Ideo silim, quam reperit, nullo subsidio suldevat; inunoquidipiid foris liumoris narine est, exsorbet : et inde pé-nurie ejns, qnar silis vocatnr, augetur.

Nec hoc miln, Aviénus ait, ignoratum relinquo : « cur« major voluptas est, cmn sitis poui exstingnitur, qnam« cum lames sedatnr cibo? ► El Disarius : Ex prædielishoc quoque liquet. Nam potionis totius haustus in omnecorpus smiul pénétrât, et omnium partiuin sensus faeitimam maximam et sensibilein voluplatcm : dbus autemexigno subniinistralu panlatim penuriam consolatur. tdeovoluptas ejns nuiltifariam comminnitur.

Hoc quoque, si videlur, addo qna'sitis : « cur, qui« avidius vorant, facilins satias capit, quam qui eadern« quielius ederint? „ Prévis est, inquit, ilia responsio.Nam, ubi avide devoralur, lune mullus aer cmn eduli-lius inferlur proptor hinntium rictus, et crebrilatem res-pirarrdi. Igilur ubi acr venas couiplevit, ad objiciendumfastidjnm pro cibo pensatur.

Ni molestus libi sum, Disari, patere plus nimio ex dis-

cendi cupidine garrientem; et dicas, quæso , « cur edulia« satis calida facilius comprimimus ore, quam manu su-« stiriemns ; et si quid eorum plus fervet, quam ut dju-« tius possil mandi, illico devoramus, et laincn alvus non« perniciose uritur? » Et ille : Intestinuscalor, qui in alvoest, quasi multo major vehementiorque, quidquid cali-dum accipit, magnitudine sua circumvenit ac débilitât.Ideo præstat, si quid ori fervidum admoveris, non, utquidam faciunt, hiare, (nenovo spiritu fervori vires mi-nistres ), sed paulisper labra comprimere; ut major cajor,qui de ventre eliam ori opilulatur, comprimât minoremcalorem. Manus autem, ut rem fervidam ferre possil,nullo proprio jilvatur calore.

Jamdudum , inquit Aviénus, Dosse aveo, « cur aqua,« quæ obsila globis nubium perducitur ad nivaleni rigo-« rem, minus in potu noxia est, quam ex ipsa nive aqua« résolu ta, » scimus enim, quot quantæque noxæ epotnnivis humore nascantur. Et Disarius : Addo aliquid a tequæsitis. Aqua enim ex nive resoluta, eliamsi igné cale-fiat, et calida bibatur, æque noxia est, ac si epota sitfrigida. Ergo non solo rigorc nivalis aqua perniciosa est,sed ob aliam causam, quam uon pigebit aperirc, auclor*Aristotele : qui in physicis quæstionibus suis liane posuil,et in hune sensum, ni fallor,absolvit : Omnis aqua.