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Macrobe (oeuvres completes), Varron (de la langue latine), Pomponius Mela (oeuvres completes) : avec la traduction en français / publiées sous la direction de M. Nisard
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LES SATURNALES, L1V. VU.

physiques, et la résout, si je ne me trompe, dela manière suivante : Toute eau renferme en soiune portion d’un air extrêmement léger, qui larend salutaire; elle renferme aussi une lie ter-reuse, qui la rend, après la terre, l'élément leplus matériel. Lors donc que, condensée par lefroid de l’air et par la gelée, elle se prend, il fautbien que cet air extrêmement, léger qu’elle ren-ferme soit expulsé par l’évaporation, qui luipermet de se coaguler, en ne conservant en elleque sa partie terreuse. Ce qui le prouve , c’estque si ce même volume d’eau vient à être dis-sous par la chaleur du soleil, sa quantité se trou-vera moindre qu’avant qu’elle se fût coagulée :c’est parce qu’il manque la partie salubre, quel’évaporation a consommée. Or la neige, qui n’estautre chose que l’eau condensée dans l’air, aperdu, en se condensant, sa légèreté; et, par con-séquent , la boisson qu’on en peut tirer, en la fai-sant dissoudre, porte dans les intestins le germede diverses sortes de maladies.

Avlénus. — En parlant de la congélation, tum’as fait souvenir d’une question qui m’a sou-vent préoccupé : « Pourquoi les vins ne se gèlent-» ils point, ou très-rarement, tandis que la« rigueur du froid fait prendre la plus grande« partie des autres liquides? u’est-ce pas parce« que le vin a en lui certains principes de chaleur,« à cause desquels Homère lui donne l’épithète« d’ardent; et non, comme le pensent quelques« personnes, à cause de sa chaleur ? ou bien« existe-t-il quelque autre raison de cela? » C’estce que j’ignore, et ce que je désire savoir. — Di-saire répondit : Je veux que le vin possède unechaleur qui lui soit naturelle; mais l’huile ne lapossede-t-elle pas aussi, et a-t-elle moins de forcepour réchauffer les corps? Néanmoins la gelée la

iuquit, liabet in se aeris tenuissimi porlionem, quo sa-lutaris est; liabet et terreaui tæceni, qua est corpu-lenla post terrain. Ciiin ergo aei-is frigore et g^u coac.tacoaJeseit, uecesse est |ier evaporaliouem vetut exprimi exea aurai» illam teuuissimam ; qua discedeute conveniat inroaguluin, soia terrca in se reniauente natura. Qnod tiincapparet, quia cum fuerit eadeni aqua soUscalore reso-Inta, minor niodus ejus reperitur, quant fuit, antequamcongelasceret : ■ (lest auteni, quod evaporatio solumin aqua salubre consumsit. Nix ergo, quæ niliil aliudest, quant aqua in aere deusata, tenuitatem sui, cumdensaretur, aniisit : et ideoex ejus résolut® potu diversamorliorum généra viseeribus insemitianlnr.

Nominaliini gelu, veleris, quæ me solebatagitare, admo-nuit quæstionis, « cur villa, aut muiquam , ant rai enter,

« eongelascanl, ceteris ex magna parte iumioriiius niniie-<> late frigoris cogi sotitis? » Num quia viimm seminaqnædam in se râlons liabet, et ob eam rem HomerusriixitatSona oi'.ov, non, nt quidam pillant, propter colorent Pan alia qua'piani causa est? quant, quia ignoro, scire cu-pio. Ad baec Disarius : Esto, vina naturaii niunianturfalore, num oleuni ntlnusignituni est, ant niinorem vintin corporitmseatefactandistiabetPet tamen getu stringiliir.

fige. Certainement, si tu penses que les substaorces les plus chaudes sont celles qui doivent secongeler le plus difficilement, il s'ensuivrait quel’huile ne devrait point se geler ; et si tu pensesaussi que les substances les plus froides sont cellesqui se congèlent le plus facilement, comment levinaigre, qui est la plus frigorifique de toutes,n’est-il jamaispris par la gelée? La cause qui rendl’huile si prompte à se prendre ne serait-elle pasplutôt son épaisseur et sa densité? car le vin estbeaucoup plus sec et beaucoup plus liquideque l’huile; le vinaigre est le plus liquide de tousles fluides, comme il en est le plus acerbe par sonaigreur désagréable. A l’exemple de l’eau de mer,que son amertume ne reud pas moins désagréable,il n’est jamais coagulé par l’effet delà gelée. Carce qu’aécrit l'historien Hérodote, contre l'opinionpresque universelle, que le Bosphore qu’il appelleCimmérien, ainsi que toutes les plages qu’onnomme la mer Seythique, sont sujets à se geleret à prendre de la consistance, est autre choseque ce qu’il croit. En effet, ce n’est point l’eaude mer qui se congèle; mais comme, dans cesrégions, il est beaucoup de fleuves et de maraisqui affluent dans ces mers, la superficie de lamer, au-dessus de laquelle surnagent les eauxdouces, se congèle ; et l’on distingue l’eau marjuequi reste intacte, au milieu de cette congélationd’eaux qui lui sont étrangères. C’est ce que nousvoyons arriver aussi dans le Pont, où des quar-tiers de. glaces provenant des fleuves, et delàgrande quantité d’eaux marécageuses qui s’y ren-dent , flottent, quoique fortement coagulés, à lasurface des eaux marines, qui sont plus pesantesqu’eux. C’est à raison de cette grande quantitéd’eaux qui affluent dans le Pontet qui inondentd’eau douce sa surface, que Salluste a dit que

Certe si putas ea, quæ calidiora sunl, difficilius congela-scere, congruens erat neo. oleuni concrcscere, et ea, quælïigidiora sunt, facile getu cogi : aceUini auteni omniummaxime frigorificum est,atqueid tamen uuiiqiiam gelustringilur. Num igitur magis oieu causa est coaguii celerio-ris, quod etlævigatius, et spissiusest? faciiiora euiui adcoeundum videntur, quæ lævigaliora deusioraque sunt.Vino auteni nou contingit tanta mollilies; et est qiiamoleuni multo liquidius. Acetum vero et liquidissinuuu estinter ceteros bumores; et tautu est acerbius, ut sit accretristificum ; et exempta maiinæ aquæ, quæ ipsa qunqueamaritudine sui aspera est, nunquam gelu contraliilur.Nam quod Herodotus iiistoriannn seriptor, contra oniniun)ferme, qui bæc quæsiverunt, opinionem , srrjpsit, mareBosporicum, quod et Cimiiieriuin appellat, earumquepartiuni mare onine, quod Scythieum dicilur, id geluconsiringi et cousistere; aliter est, quam ptilalur. Namnon marina aqua contraliilur, sed quia plurinium in illisregiouibns linviornm est, et pabidum in ipsa maria in-lluentium, su|ierlicies maris, eui dulees aquæinnalant,congelascit; et ineolumi aqua marina videtur in marigelu, sed de advenis midis coactuni. Hoc et in Ponlo fierividemus; in quo Trusta quædum, et, ut ita dixerim,