404
MACRO BE.
cette mer est moins amère que les autres. Ce quiprouve encore ce fait, c’est que, si l’on jette dansla merde Pont des morceaux de bois, des brins depaille, ou tout autre corps flottant, il est entraînéhors de cette mer vers laPropontide, et par con-séquent sur les côtes de l’Asie; tandis qu’il estcertain que l’eau ne coule point hors du Pont,mais au contraire qu’elle y afflue de l’autre mer.Car le seul courant qui déverse dans nos mersles eaux de l’Océan est le détroit de Gadès,situé entre l’Afrique et l’Espagne, dont le courantse prolopge incontestablement jusqu’à la merTyrrhénienne, en suivant les côtes de l’Espagneet de la Gaule. Il forme ensuite la mer Adriati-que ; puis à droite, la mer de Parthénium; à gau-che , la mer Ionienne ; et en face, la mer Egée,d’où il entre dans le Pont. Or donc, quelle est lacause par laquelle les courants d’eau sortent duPont, tandis que cette mer reçoit ses eaux dudehors? Chacun de ces effets a son explication.La surface de la mer du Pont coule en dehors, àcause de la grande quantité d’eaux douces qu’ellereçoit de la terre ; tandis que, dans le fond,l’éeoulement des eaux a lieu en dedans. C’estpour cela que, comme je l’ai dit, les objets flot-tants que l’on jette dans cette mer sont portés àl’extérieur ; tandis que si une colonne est jetéeau fond, elle est roulée vers l’intérieur. Et en effet,il a été souvent expérimenté que des objets pe-sants, jetés au fond de la mer de Propontide,avaient été entraînés dans l’intérieur de la mer duPont.
Aviénus. —Encore une seule question, etje metais. « Pourquoi toute substance douce le paraît-
prosiciæ gelidæ feruntur, contracte de fiuvialium vel pa-lustrium undarum inultitudine : in quas iicet frigori,quasi levatiures marina, plurimum autem aquarum taliuminfluere Ponto, et tolam superliciem ejus infectam essedulci liquore, præter quod ait Sallustius, « mare Ponti-« cuin dulcius, quam cetera, » est lioc quoque testimo-nio, quod si in Ponlum vel paleas, vel ligna, seu quæ-cunque alia natanlia projeceris, foras extra Pontum fe-runtur in Propontidem, atque ita in mare, quod alluitAsiæ oram; cum constet, in Pontum influere marisaquam,non ellluere de Ponto. Meatusenim, qui solus de oceanoreceptas aquas in maria nostra transmittit, in freto estGaditano, quod Hispaniam Africamque interjacet, et sinedubio inundatio ipsa per Hispaniense et Gallicanum litorain Tyrrhenum prodit : inde Hadriaticum mare facit; exquo dextra in Parthénium, læva in Jonium, et directimin Ægeum pergit; atque ita ingreditur in Pontum. Quæigitur ratio facit, ut rivatim aquæ de Ponto Huant, cumforis influentes aquas Pontus accipiat? Sed constat utra-que ratio. Nam superficies Ponti, propter nimias aquas,quæ de terra dulces iniluunt, foras eflluit : deorsum verointro pergit inlluxio. Unde probatmn est, natantia, quæ ,ut supra dixi, jaciuntur in Pontum, foras pelii; si verocolumnadeciderit, introrsum minari. Et hoc sæpeusu pro-balum est, ut graviora quæqne in fundo Prnpontidis adPonti interiora peJlanlur.
« elle davantage lorsqu’elle est froide que lors-« qu’elle est chaude? »_ Disaire répondit : La cha-leur absorbe la sensation, et son ardeur émoussele goût sur la langue. Le sentiment pénible qu’ellecommence par produire dans la bouche en ban-nit la volupté. Que si, au contraire, la bouchen’est point affectée par le sentiment de la cha-leur, la langue peut alors apprécier sans obsta-cle la douceur d’un aliment agréable. En outre,les sucs rendus doux par le moyen de la chaleurne pénètrent point dans nos veines impunément,et cette qualité nuisible en diminue la volupté.
CHAPITRE XIII.
De trois questions proposées à Disaire par Horus.
Horus, succédant à Aviénus, dit : En faisantplusieurs questions relatives à la boisson et à lanourriture, Aviénus a négligé la plus essentielle ;j’ignore si c’est par oubli ou volontairement.« Pourquoi ceux qui sont à jeun ont-ils plus de« soif que de faim? » Disaire, résous, s’il teplaît, pour nous touscette question.— Disaire:Tu m’interroges, Horus, sur un sujet qui méritebien d’être traité, mais dont l’explication est évi-dente. L’animal est un composé de divers élé-ments; mais entre les éléments qui constituent lecorps, il en est un qui exige seul, ou du moinsbeaucoup plus que les autres, l’aliment qui luiest exclusivement propre; je veux parler de lachaleur, qui réclame sans cesse qu’on lui fournissedu liquide. Hors de nous, nous ne voyons, par-mi les quatre éléments, ni l’eau, ni l’air, ni laterre, porter aucune atteinte aux objets placés
Adjecta hac una consultatione, relicebo : « Curomnen dulcium magis dulce videtur, cum frigidum est, quam« si caieat ? » Respondit Disarius : Calor sensum occupât,et gustatum linguæ fervor inlerpedit. ldeo ex asperationeoris proventa suavitas exciuditur. Quod si caloris absitinjuria , t(jm demum potest lingua incolumi blandimentodulcedinem pro meriloejusexcipere Præterea snccusdul-cis percalorem non impune pénétrât venarum receptacula :et ideo noxa minuit voluptatem.
CAPÜT XIII.
De questionibus tribus, quas Horus Dlsarlo proposuit.
Successif Horus, et, Cum multa, inquil, de polu et ci-batu quæsisset Aviénus, unum maxime necessarium,sponte an obfitus, ignoro, prætermisit, « curjejuni ma-« gis sitiant, quam esuriant:” hoc in commune nobis, Di-sari, si videtur, absolve. Et ille, Remtractatu dignam, in-quit, itore, quæsisti; sed cujus ratio in aperto sit. Cumenim animal ex diversis constet elementis, unum est deliis, quæ corpus efficiunt, quod et solum, aut maximeultra cetera, aptum sibi quærat alimeritum : caloremdico, qui liquorem sibi semper exigit ministrari. Certe deipsis quatuor elementis extrinsecus videmus nec aquam,uec ai-rem, neque terrain, aliquod, quo alatur, aut quod