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Macrobe (oeuvres completes), Varron (de la langue latine), Pomponius Mela (oeuvres completes) : avec la traduction en français / publiées sous la direction de M. Nisard
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LES SATURNALES, LIV. VIL

que la gauche et la droite de l'image se trouvas-sent placées dans le même sens que la gauche etla droite du corps réel. C’est ainsi que l’histrionqui s’ôte le masque le voit du côté qui lui cou-vrait le visage ; c’est-à-dire, par le creux du re-vers et non par la face. D’ailleurs, je voudraisdemander à Épicure si les images ne se détachentdes objets que lorsque quelqu’un a la volonté devoir, ou si, lorsque personne ne les considère,les atomes continuent d’en émaner en tout sens.S’il soutient le premier système, je demandequel pouvoir commande aux atomes de se tenirprêts à obéir à celui qui regarde, et de se dépla-cer autant de fois qu’il voudra mouvoir son vi-sage. S’il s’en tient au second, et qu’il dise qu’ilémane de tous les objets un flux perpétuel d’ato-mes, je demanderai combien de temps ils de-meurent adhérents à nos yeux, auxquels rien neles retient liés? Ou si j’accorde leur adhérence,comment transmettront-ils les couleurs, lesquel-les , bien qu’incorporelles de leur nature, nepeuvent néanmoins jamais exister sans corps?D’ailleurs, qui peut concevoir qu’aussitôt quevous tournez vos yeux, accourent les images duciel, de ta mer, de son rivage , des prés, desvaisseaux,des troupeaux, et de ces innombrablesobjets que nous apercevons d’un coup d’œil,surtout lorsque c’est dans le très-petit espace denotre prunelle que réside la faculté de la vue? Etde quelle manière s’effectue la vision d’une ar-mée? Est-ce que les atomes, sortis de chaquesoldat, se réunissent, et, ainsi agglomérés parmilliers, pénètrentdans l’œil decelui qui regarde?Mais pourquoi prendre la peine de discourir,afin de détruire une opinion qui se réfute elle-

vam, dexteradexteramrespiciat. Nam et liislriopersonamsibi detractam ex ea parte videt, qua induit ; seilicet nonfaciem, sed posteriorem cavernam. Deinde interrogarehune virum vellem, an tune imagines e rebus avolant,cum est qui velit videre: an et cumnullusaspicit, emicantnndique simnlacra? Nam si, quod primtim dixi, leneat;quæro, cujus imperio simulacra præsto sint inluenti, etquoties quis voluerit ora convertere, loties se et iliaconvenant? Sin secundoinhœreat, ut dicat perpetuo lluorererum omnium manare simulacra; quæro, quamdiu coliæ-rentia permanent, nullocoagulojunctaad permanendum?Aut si manere dederimus, quemadmodum aliquem re-linebunt colorem, cujus naturacum sit incorporea, tamennunquain potest esse sine corpore? Dein quis potest inanimum inducere, simulatque ociilos verteris, incurrereimagines cœli, maris, litoris, prali, navium, pecudum,et innuineiabilium præterea rerum, quas uno oculorumjactu videmus; cum sit pupula, quae visu pollet, oppidoparva? et quonam modo lotus exercitus visilur? an decingulis mililibus profecta simulacra se congerunl, atqueita collecla toi millia pénétrant oculos intuentis? Sedquid laboramus opinionem sic inanem verbis verberare,cum ipsa rei vanitas se-refellat? Constat autem, visiumnobis bac provenire ratione. Genuinnm lumen e pupula,quacunque cam verteris, directe linea emicat. Id oculorum

même par sa propre futilité? Or, il est certainque c’est parle mécanisme suivant que s’opère ennous la vision. Un trait de lumière s’échappe enligne directe de nos deux prunelles, de quelquecôté qu’on les tourne. Si cette émanation natu-relle de l’œil rencontre la lumière dans l’air quiest autour de nous, elle lui sert de conduit di-rect, jusqu’à ce qu’elle ait rencontré un corps ;quoique l’on tourne le visage pour regarder au-tour de soi, le rayon visuel s’échappe toujoursdirectement. Ce trait, que nous avons dit partide nos yeux, après avoir été délié à sa racine,s’élargit vers son extrémité, en la manière queles peintres représentent les rayons. C’est pourcela qu’un œil qui regarde par un très-petit trouembrasse la profondeur des cieux. Ainsi donc,trois choses nous sont nécessaires pour opérer lavision ; qu’un trait de lumière émane de nous,que l’air qu'il trouve sur son passage soit éclairé,et que le rayon rencontre un corps dont le chocarrête son cours; car s’il le prolonge trop long-temps, ce cours cesse d’être direct, le trait se fati-gue, ilse déchire et se déverse à droiteet àgauche.De là vient qu’en quelque endroit de la terrequ’on se trouve, on croit apercevoir les bornesdu ciel, et c'est là ce que les anciens nommèrenthorizon. Leurs observations ont constaté avecexactitude que le rayon visuel ne se prolonge pashorizontalement au delà de cent quatre-vingts sta-des, et qu’à cette distance il commence à se di-viser en lignes courbes. J’aiàithorizontalement,car notre vue atteint très-loin en hauteur, puisquenous voyons le ciel. Celui qui regarde est toujoursplacé au centre du cercle que forme son horizon;et, d’après la mesure que nous avons donnée de

domesticum prolluvium, si repererit in circumfuso nobisaere lucem, per eam directim pergit, quamdiu corpusoffendat : et si faciem verteris, ut circuinspicias, utrobi-que acies videndi directa procedit. Ipse autem jactus,quem diximus de nostris oculis emicare, incipiens a tenuiradice, in summa fit latior : sicnl radii a pictore fïngun-tur. Ideo per minutissimum foramen contemplans oculugvidet cœli profunditalem. Ergo tria ista nobis necessariasont ad efTectum videndi : lumen, quod de nobis emit-timus , et ut aer, qui interjacet, lucidus sit, et corpus,quo olfenso desinat intentio. Quæ, si diutius pergat, rec-tam inlenlionem lassata non obtinet, sed scissa in dexle-ram lævamque diffunditur. Hinc est, quod , ubicunquelerrarum steteris, videris libi quandam cœli conclusionemvidere; et hoc est, quod horizontem veteres vocaverunt :quorum indago fideliler depreliendit directain ab oculisaciem per planum contra aspicienlibus, non pergere ultracentum octoginta stadia, et inde jam recurvari. Per pla-num , ideo adjeci, quia altitudines longissime aspicimus ;quippe qui et cœlum videmus. Ergo in omni horizontisorbe ipse, qui intuetur, centvnm est. Et quia diximus ,quantum a cenlro acies nsque ad partem orbis exten-dilur : sine dubio in horizonte Siap-expo; orbis trecentorumsexaginta stadiorum est : et, si ulterius qui intueturaccesserit, scu rctrorsuni recesseril, similcm circa se or»