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Macrobe (oeuvres completes), Varron (de la langue latine), Pomponius Mela (oeuvres completes) : avec la traduction en français / publiées sous la direction de M. Nisard
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478 VÀRRON.

entraîné dans son cours, et dérobé aux yeuxmêmes de nos ancêtres, la perspicacité de Mu-tius et de Brutus ne saurait le découvrir dans lesombres du passé. Je ne m’arrêterai donc pas long-temps dans de vaines investigations : je me hâ-terai au contraire, autant du moins que me lepermettront les difficultés du chemin ; car je vaism’engager dans les détours d’une forêt téné-breuse, infréquentée, et remplie d’obstaclesqui peuvent m’empêcher d’avancer. — 6. Toutchange avec'le temps : de là toutes ces discordan-ces entre la signification ancienne et la significa-tion actuelle des mots. Si l’on prend soin de cons-tater d’abord les différentes modifications dontles mots sont susceptibles en passant par la bou-che des hommes, on aura moins de peine à re-monter à leur origine. L’altération des mots,comme je l’ai démontré dans les livres précé-dents, a huit causes principales. Elle résulte duretranchement ou de l’addition d’une ou plusieurslettres, de leur attraction ou de leur changement,de l’allongement ou de l’abréviation des syllabes ;enfin de... Comme, dans les livres précédents,j’ai démontré par des exemples assez nombreuxles eauses de cette altération, je me borne ici àles rappeler.

7. Je commencerai par l’origine des mots, la-quelle a quatre degrés. Le premier est celui quiest à la portée de tout le monde. Qui ne voit eneffet d’où viennent les mots arenifodinœ (sa-blonnière) et viocvrus (intendant des chaus-sées) ? Le second est celui auquel on s’élève pourétudier le vieux langage, et rechercher commentles poètes ont formé, composé, modifié chaquemot. A ce degré appartiennent les mots suivantsde Pacuvius : rudentisibilus (sifflement des cor-

dages), incurvicervicum pecus (le troupeau àla tête courbée), clamyde clupeat brachium (iis’arme de sa chlamyde en guise de bouclier). —

8. Le troisième est celui où s’élève la philosophiepour découvrir l’origine des mots qui sont dansl’usage commun, tels que oppidum (fort), vicus(quartier, village), via (voie). Le quatrième est ce-lui qui nous initie à ia connaissance des principesdes choses. Que si je ne parviens pas à l’atteindre,au défaut de science certaine je m’appuierai surla conjecture, à l’exemple des médecins, quiquelquefois n’agissent pas autrement dans lechoix des remèdes qu’ils conseillent aux malades.

9. Si je n’atteins pas ce quatrième degré, j’i-rai du moins au delà du degré précédent, grâceau flambeau non-seulement d’Aristophane, maisencore de Cléanthe. J’ai voulu aller plus loin queceux qui se sont bornés à rechercher l’originedes mots créés par les poètes ; car il ne me sem-blait pas satisfaisant de rechercher l’origine d’unmot d’Ennius, et de négliger celle d’un mot duroi Latinus. La plupart des mots poétiques, eneffet, sont plutôt faits pour mon plaisir que pourmon usage; mais les anciens sont plutôt faits pourmon usage que pour mon plaisir. Les mots quenous a légués le roi Roinulus ne sont-ils pas plusvéritablement miens que ceux que nous a lé-gués le poète Livius? — 10. Or, puisque les motssont de trois espèces, latins, étrangers, ouoblitérés, j’exposerai la raison des premierset la dérivation des seconds, sans m’occuperde ceux dont la trace est perdue, en vous fai-sant part tantôt de mes découvertes, tantôt demes conjectures. Dans ce livre je recherche-rai l’origine des noms des lieux et des acces-soires ; dans le livre suivant, des noms des temps,

Non, si non potuero indagare, eo ero tardior; sed velociorideo si quiveio; non mediocreis enim lenebræ in silvaubi ha’c captanda; neque eo qno pervenire volumus se-mitæ tri la:; neque non in tramitibus quædam objecta,quæ euntem relinere possent. — 6. Quo verborum novo-rtim ac veterum discordia onniis. In consuetudine com-mun! quoi modis Jiterariim commulatio sit facta qui ani-madverterit, facilius scrutari origines patietur verborum ;reperiel enim esse commutata, ut in superioribus librisostendi, maxime propter bis quaternas causas. Literarumenim lit demptione aut additione, et propter earum adtra.-ctionem aut commutationem, item syllabarum produ-

ctione autcorreplione, denique.one : quæ quoi'iani

in superioribus libris, quojusmodi essent, exemplis satisdemoustravi, hic commonendum esse modo putavi.

7. Nunc singuloiuni verborum origines expediam ; quo-rum quatuor explanandi gradus. Infimiis is quo etiam po-pulus venit : quis enim non videt unde arenifodinœ etViocwrus? Secundus quo grammatica escendit anliqua,quæ ostendit, quemadmodimi quodque poéta tinxerit ver-butn, confinxerit, déclinant. Hic Pacuvi rudentisibilus,hic incurvicervicum pecus, hic clamyde clupeat bra-

chium. — 8. Tertios gradus qno phitosoplifa ascendenspervenit, atque ea quæ in consuetudine communi essentaperire cœpit, utaquodictum esset oppidum, vicus,via. Quartus ubi est aditus ad initia rerum : quo si nonperveniam, scientiam ad opinionem aucupabor, quodetiam in salute nostra nonnunquam facit quom ægrola-mus medicus.

9. Quod si summum gradum non attigero, lamen secun-dum præteribo, quod non solum ad Aristophanis lucer-nam sed etiam ad Cleantbis lucubravi. Volui præterire eos,qui poëtarum modo verba ut sint licta expédiant; nonenim videbatur consentaneum, quærere me in eo verboquod finxisset Ennius causam, negligere quod ante rexLatinus finxisset; quom poëticis multis verbis magis de-iecter quam ular, antiquis magis utar quam delecter. Annun potius mea verba ilia quæ hæreditate a Romulo regevenerunt, quam quæ a poëta Livio relicta?— 10. Jgiturquoniam in bæc sunt tri parti ta verba, quæ sunt aut no-stra aut aliéna aut oblivia : de nostris dicam cur sint, dealienis unde sint, de obliviis relinquam. Quorum parlimquo ita invenerim partim quo ita opiner scribam. In hoclibro dicam de vocabulis locorum et quæ in bis sunt) in