DE LA LANGUE LATINE.
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ainsi que des noms des choses qui se passentdans les temps; dans le troisième, de ces deuxsortes de mots par rapport aux poètes.
il. Pythagorc de Samos dit que le principede toutes choses est double; qu’ainsi, par exem-ple, le fini et l'infini, le bien et le mal, la vieet la mort, le jour et la nuit, sont choses cor-rélatives et inséparables. Ainsi l’immobilité et lemouvement sont deux états corrélatifs. Ce quise meut ou reste immobile, c’est le corps ; l’es-pace où se meut le corps, c’est le lieu; la duréedu mouvement, c’est le temps; le mouvement,c’est l’action. Un exemple fera mieux ressortircette quadruple division : le corps est comme lecoureur; le lieu, comme le stade où il court; letemps, comme la durée de sa course ; l’action ,comme la course. — 12 . De là vient que presquetoutes les chosesimpliquentéternellementquatreétats : point de temps sans mouvement, puisquele temps en est la mesure; point de mouvementsans un corps qui se meuve, et sans un lieu oùce corps se meuve; point de corps qui se meuve,sans action. Donc tout principe implique les qua-tre idées de lieu, de corps, de temps et d’ac-tion. — 13. A ces quatre idées correspondentquatre espèces de mots. Je traiterai sommaire-ment dans ce livre de ceux qui servent à dési-gner les lieux et les choses que contiennent leslieux, en suivant les ramifications de leur pa-tenté; car il en est des mots comme des arbres,qui poussent souvent leurs racines dans l’héritagevoisin. Ainsi, lorsque, en parlant des lieux, jepasserai du mot ager (champ) au mot agrosus(homme riche en terres), ou agricola (laboureur),je ne croirai pas m’écarter de mon chemin. Lesafliuités des mots sont très-nombreuses : ainsi
secundo de tempornm et quæ in liis fiunt; in tertio deutraque re a poëtis comprehensa.
11. Pytbîgoras Samius ait omnium rerum initia essebina , ut finitum et infinitum, bonum et malum, vitamet mortem, diem et noclem. Quare item duo, status etmotus : quod stal aut agitatur, corpus ; ubi agitatur, lo-cus; dum agitatur, tempus; quod est in agitatu, actio.Quadripartitio magis sic apparebit : corpus est ut cursor:locus stadium quacurrit; tempus liora qua currit; actiocursio. — 12. Quare fit ut ideo fere omnia sint quadripar-tite, et ea æterna, quod neque unquam tempus quin fue-ritmotus, ejus enim intervallum tempus; neque motusubi non locus et corpus, quod alterum est quod movetur,alterum ubi; neque ubi id agitatur, non actio ibi. Igitnrinitiorum quadrigæ ; locus et corpus, tempus et actio.—13.Quare quod qualtuor généra prima rerum, totidem verbo-rum ; horum jam de binis, locis et iis rebus quæ in bisvidenlur, in boc libro snmmatim ponam. Sed qua cognatioejus erit verbi quæ radices egerit extra fines suas, perse-quemur ; sæpe enim ad limitem arboris radices sub viciniprodierunt segetem. Quare non, quom de locis dicam, siab agro ad agrosnm bominem, ad agricolam pervencro,aberraro. Milita societas verboium,nec Vinaha sine vinoexpediri, uec curia Calabra sin ecalatione polestaperiri.
Vinalia (fêtes où l’on faisait à Jupiter des libationsde vin nouveau) conduit à vinum (vin) ; Cala-bra , nom d’une curie, à calalio (convocation).
1 4. Je commencerai par les lieux, et par con-séquent par l’origine du mot locus. Le lieu (lo-cus) est l’endroit où l’on peut placer ( locare)quelque chose. Le mot collocare a aujourd’huile même sens qu’autrefois, comme on le voitdans ce passage de Plaute : J’ai une fille nubile,qui n’a point de dot, et à qui je ne puis trou-ver de parti ( inlocabilis ) ; et dans cet autre d’En-nius : O terre de Thrace, où j’ai élevé (locavi)un temple à Bacchus au milieu de la ville .—15. Le lieu est aussi le point où l’on s’arrête : delà le mot locare, qui, dans les ventes publiques,signifie adjuger à celui dont l’enchère n’est pointcouverte. De là le mot locarium, qui désigne leprix du gîte dans une hôtellerie ou une taverne ;de là encore loci muliebres, pour désigner lamatrice.
IG. Les lieux de la nature, suivant l’anciennedivision, sont, en général, au nombre de deux,le ciel et la terre : lesquels se subdivisent enune infinité d’autres. On appelle deux les lieuxsupérieurs, le séjour des dieux; et terres leslieux inférieurs, le séjour des hommes. Commel’Asie, le ciel se prend dans deux acceptions. Eneffet, l’Asie désigne en général la contrée, quin’est pas l’Europe, et qui comprend la Syrie ;on entend aussi sous ce nom une partie de l’A-sie, qu’on appelle Asie mineure, et dans la-quellese trouve l’Ionie etnotre province. — 17.De même le nom de ciel désigne et cette partieélevée où sont les étoiles, et ce vaste espace quePacuvius décrit dans le passage suivant : Voiscette sphère immense, au centre de laquelle
14. Incipiam Je locis ab ipsius loci origine. Ixcus est,ubi locatum quid esse potest. Ut nunc dicnnt conlocatum,veleres id dicere solitos, apparet, apud Plautum ;
Filiam habeo grandem cassam dote atque inlocabilcm ,
Neque eam queo locare quoiquam;
apud Ennui m :
O terra Threca, ubi Liberi fanum In civium
Mœro Incavi.
—15. Ubi quidquc constilit, locus; ab eo præco diciturlocare, quod usque idem it, quoad in aliquo consistitpretium ; inde locarium, quod datur, in stabulo eltabernaubi consistant. Sic loci muliebres , ubi naseendi initiaconsistant.
16. Loca naturæ secuudum antiquam divisionem primaduo, cælum etlerra; deindeparticulalim utriusque multa.Cœli dicuntur loca supera et ea deorum : terree loca in-féra et cabominum. Ut Asia, sic cælum dicitur modis duo-bus. Nam et Asia, quæ non Europa, in qua eliam Syria ;et Asia dicitur prions pars Asiæ, in qua est lonia ac pro-vincia nostra. — 17. Sic cælum et pars ejus, summum ubislellæ, et id quod Pacuvius, quom demonstrat, dicit ;
Hoc vide circum supraque, quod complexu continet
Terram,