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Macrobe (oeuvres completes), Varron (de la langue latine), Pomponius Mela (oeuvres completes) : avec la traduction en français / publiées sous la direction de M. Nisard
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VARRON.

est suspendue la terre, et que nous appelonsciel. Lucilius a adopté cette double division,qu’il indique au commencement de ses vingt etun livres : Je me propose d'étudier, la saisonféconde de l’éther et de la terre.

18. Ælius prétend que le mot cœlum dérived e. cœlare (ciseler);ou, par antiphrase, de ce-lare (cacher), parce qu’il est à découvert. Cettedernière étymologie est plus plausible que l’autre,parce que cœlare viendrait plutôt de cœlum quecœlum ne vient de cœlare ; et même, sans re-courir aune antiphrase, on pourrait dire quecœlum dérive avec autant de raison de celare,parce que le ciel est caché pendant le jour, queparce qu’il n’est pas caché pendant la nuit. —

19. Pour moi, je crois bien plutôt que chaos aformé choum, puis cavum, et entin cœlum,puisque le ciel, comme je l'ai dit, est une sphèreconcave, qui enveloppe la terre. Ainsi Andro-maque dit à la Nuit : O toi qui parcours surton char étoilé la voûte du ciel; et Agamemnon :Sur le bouclier retentissant du ciel; car unbouclier est concave. Nous lisons encore dansEnnius : Les vastes voûtes du ciel. — 20. Donc,de même que cavum a produit caveu (fosse,caverne), caullœ (bergerie), convallis ou val liscavata (vallée creuse), ainsi cœlum dérive de ca-vum, qui dérive à son tour de chaos, le chaos,d’où, suivant Hésiode, sont issues toutes choses.

2 1 . Terra (terre) vient, ainsi que le dit Ælius,de terere (broyer, frotter) : c’est pourquoi, dansles livres des Augures, on trouve ce nom écritavecuneseule/?.De la même racine dérivent 1».territorium (territoire), nom des alentours pu-

quoi subjungit : (

Id quoi! noslri cælum memorant.

A qua bipartita divisione Lucilius suonim unius et vigintilibrorum initiuia fecit hoc :

Ætheris et terræ genitabile quærere tempos.

18. Cœlum dictum scribit Ælius, quod est cælatum :aut, contrario nomine, celatum, quod apertum est. Nonmale, quod prius multo potins a cælo quam cælum acælando ; sed non minus illud alterum de celando potuitdici, quod interdiu celatur, qaam quod noctu non celatur.—19. Omninoego magis putoa Ckao choum, bine cavumet liinc cœlum, quoniam, ut dixi, hoc circum supraque,quod complexu continet terram cavum cælum. Itaquedicit Andromacha Nocti :

Quæ cava cæli signitenenlibus conlicis bigis ;et Agamemnon :

in altisono cæli clipeo,

cavom enim clipeum; et Ennius item ad cavationem :

cæli ingentes fornices.

20. Quare ut acavo cavea et caullœ et convallis, cavatatalus . e cœlum. acavatione; ut cavum sit ortum, undcjmma apud Hesiodum, a Chao, acavo cœlum

21. Terra dicta ab eo, ut Ælius scribit, quod teritur;

blicsdes villes, parce qu’ils sonttrès-fréquentés;2° extermentarium, espèce de tunique, quis’use au frottement du corps ; 3° tritura, tempsoù l’on moud le blé, et trivolum, instrumentpropre à moudre le blé ; 4° terminus (terme),nom des limites des champs, parce qu’elles con-finent au chemin de passage. Dans certaines par-ties du Latium on ne dit pas terminus, maistermen, que l’on trouve dans Accius; et de làles Grecs ont dit Tsppuov ; peut-être même ce motest-il d’origine grecque, car Évandre, qui vints'établir sur le mont Palatin, était Àrcadien. —22. Via (voie) vient de vehere (porter, charrier),de même que iter (passage) vient de ire (aller) ;aclus (droit de passage avec une bête de sommeet un chariot), de agere (conduire) ; arnbitus, decircumire (aller autour), car arnbitus et circui-tus (circuit) sont synonymes; et les interprètesdes Douze Tables donnent à arnbitus, z n parlantd’un mur, le sens de circuitus. Donc tera aproduit terra, et comme la surface de la terreest foulée par la plante du pied ( solum ), les poè-tes ont appelé solum cette partie extérieure dela terre. — 23. Terra et humus sont regardéscomme identiques : ainsi Ennius a dit, en par-lant d'hommes tombés à terre: cubitis pinsibant(ils ont frappé de leurs coudes) hurnurn, c’est-à-dire !a terre. De là encore humatus, pour dési-gner un mort enterré, et inhumatus (qui n’apas reçu la sépulture), pour désigner, suivantl’expression des pontifes, l’état du cadavre d’unRomain qui a été brûlé, mais qui n’a pas en-core été couvert de la terre sépulcrale, ou dontla tête a été détachée pour servir aux pnrifica-

| ilaque terra in Augurum libris scripta cum R uno. Ab eocolonis locus communis qui prope oppidum relinquitur,territorium, quod maxime teritur; bine lintenm quodteritur cnrpore, extermentarium-, bine in messi tritura,quod tum frumentum teritur, et trivolum, qui terit :bine fines agrorum termini, quod eæ parteis propter li-mitare iter maxime teruntur ; itaque bine, quod is in Latioaliquot lotis dicitur, ut apud Accium, non terminus sedtermen, hinc Græci quoque xéppova; pote vel illinc;Evander enim, qui in Palatium venit, e Græcia Areas.— 22. Via sicut iter, quod ea vehendo teritur, iter ilu ;actus quodagendo teritur; etiam arnbitus est quod cir-cumeundo teritur, nam arnbitus circuitus, ab eoque XIITabularum interprètes arnbitus parietis circuitum essedescribunt Igitur tera terra, et ab eo poëtæ appellaruntsuuima terræ quæ solo teri possunt, solalerrœ. — 23.Terra ut putant eadem et humus; ideo Ennium in terramcadenlis dicere :

cubitis pinsibant humum.

Et quod terra sit humus, ideo is humatus mortuus, quiterra sit obrutus. Ab eo, quom Romanus combustus est,si in sepulcbrum ejus abjecta gleba non est, aut si osexceptum est mortui ad familiam purgandam, donecjnpurgando humo est opertus (ut pontifices dicunt, quoadinhumatus sit), familia funesta manet. El dicitur humi -