DE LA LANGUE LATINE.
tions de la famil le, laquel le est, pendant ce temps,considérée comme souillée. De là eucore humi-lior, humillimus, pour désigner l’abaissement,parce que la terre est la plus basse partie dumonde.
24. De humus vient humor (eau, humidité) :ce qui explique cette expression de Lucilius : laterre s'évapore en nuées et en pluie ; et cetteautre de Pacuvius : la terre exhale un airhumide, c’est-à-dire imprégné de humus. Delà, uliginosus ager (champ marécageux); udus,uvidus; de là, sudor, parce que la sueur dégouttevers la terre. — 25. De la vient peut-être puteus(puits), si ce n’est plutôt de ce que les Éoliensdisaient tojtsoî, dérivé de irôroç, au lieu de cppÉap;demême qu’ils disaient iroTapioî au lieu de iroraao;.De putei dérive le nom de la ville de Puteoli,parce qu’elle est entourée d’une grande quantitéd’eaux froides et chaudes ; à moins plutôt qu’ilne vienne de pulor (puanteur), à cause des odeurspuantes de soufre et d’alun que la terre y exhalesouvent. De putei dérive encore puticoli, sortede fosses communes dans les environs des villes,à cause des morts qu’on y ensevelissait, ou plutôtputiculœ, comme l’écrit Ælius, parce que c’étaitlà que pourrissaient les cadavres des morts. Audelà des Exquilies est uu lieu public de cette es-pèce, que, dans une de ses comédies, Afraniusappelle subluculi, parce que les cadavres y sontsans cesse exposés à la lumière du ciel. —2e. La-cus (lac), grand bassin qui peut contenir del’eau. Palus (marais), eau peu profonde (paulu-lum), mais répandue visiblement ( palam ) surun grand espace : stagnum (étang), du mot grecTTEyvov, qui n’a pas d’issue : aussi voit-on desétangs auprès des villœ (fermes, métairies), parcequ un bassin d’une forme ronde est plus propre
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à contenir l’eau qu’un bassin dont les bords sontà angles. — 27. Fluvius et jlumen (fleuve), cequi coule ,fluii : d’où ce qu’on lit dans la loi deshéritages urbains : stillicidia fluminaque utfluanl ita cadantque. Il y a cette différence en-tre stillicidium (gouttière) et Jlumen, qu’unegouttière tombe goutte à goutte, stillatim cadit ,et qu’un fleuve a un écoulement continu ,Jluit.— 28.. Amnis, de ambitus (circuit), courantd’eau qui entoure quelque chose : de là le nomd 'Amiterniniens donné aux habitants des alen-tours d’Aterne. De là encore le mot ambire,servant à désigner l’action du candidat qui veutobtenir les suffrages du peuple, parce qu’il tourneautour des citoyens. Celui qui, dans ce cas, recou-rait à des moyens interdits par la loi, s’exposaità être accusé de ambitus indagabilis (brigue cri-minelle). Le Tibre est appelé amnis, parce qu’ilcoule autour du champ de Mars et de Rome. Laville d’Interamne est ainsi nommée, parce qu’elleest située entre des fleuves (amnes). Antemnesdoit aussi son nom à ce qu’elle a devant elle(ante) l’Auio, rivière qui se jette dans le Tibre.Antemnes est aussi un vieux terme de guerre ,que l’usage n’a point sanctiouné. — 29. L’étymo-logie du nom du Tibre n’appartient pas à la lan-gue latine, quoique ce nom s’y soit introduit;car ce fleuve a sa source hors du Latium. J’endis autant du Volturne, qui sort du Samnium;mais, de même que du nom de ce fleuve nousavons nommé Volturnum la ville située dans sonvoisinage sur les bords de la mer, nom qui estarrivé jusqu’à nous comme un mot latin , ainsinous avons fait Tiberinus de Tiberis. Nous avonsen effet notre colonie Volturnum, et notre dieuTiberinus.
30. Quant à l’origine du nom de Tibre , l’É-
lior qui ad liumum demissior, infini us humillimus,quod in mundo intima humus.
24- Bumor hinc; itaque ideo Lucilius :
Terra abit in nimbos imbremque ;
Pacuvius:
terra exhalat auram atque auroram humidamhumectant. Hinc ager uliginosus humidissiiuus ; bineudus uvidus; hinc sudor, quod Huit deorsum in terrain.
_26. Undesumi pote, puteus, nisi potius quod Æolis di-
cebaut ut itvrapov tôv ito-apèv, sic ttû-eov a potu, non utmine çpéop. A puteis oppidum Puteoli, quod incircumeum locum aquæ frigidæ et caldæ multæ; nisi a putorepotius quod putidus odor ibi sæpe ex sulphure et alu-mine. Extra oppida a puteis puticoli, quod ibi in puteisobruebantur bomines, nisi potius, ut Ælius scribit, pu-liculœ quod putescebant ibi cadavera projecla. Qui locuspubliais ultra Exquilias, itaque eum Afranius sublucu-los in togata appellat, quod inde suspiciunt perpetuo lu-men.— 26. Lacus lacuna magna, ubiaquacontineri potest.Palus paululum aquæ in altitudiiiero, et palam latius dif-fusée. Stagnum a græco ffTeyvov, quod non liabet rimant ;hinc ad villas rotuuda stagna, quod rotundum facilUmeVARHO.N.
continet, anguli inaxume lahorant. — 27. Fluvius quodHuit, item Jlumen, a quo Lege prædiorum urbanorumscribitur :
Stillicidia fluminaque ut Quant ita cadantque.
Inter hæc hoc interest, quod stillicidium eo quod stilla-tim cadat; /lumen quod Huit continue. — 2S. Amnis id flu-men quod circuit aliquid ; nam ab ambitu amnis ; ab hocquicircum Aternum habitant, Amiternini appellali. Abeo qui populum candidalus circum it, ambil; et qui ali-ter facit, indagabili ex ambitu causant dicit. Itaque Ti-beris amnis quod ambit Martium campum et Crbem.Oppidum Interamna dictum, quod inter amneis est cons-titutum; item Antemnœ, quod ante amnis, qui Anio,intluitinTiberim : quod bello male acceptum consenuit. —29. Tiberis quod caput extra Latium, si inde nomen quo-que exfluit in linguam nostram, nihil ad èrup.oi.o'Yov lati-num ; ut quod oritur ex Samnio Yolturnus, nihil ad la-tinam linguam; al, quod proxumum oppidum* ab eosecundnm mare Volturnum, ut ad nos jam, ut latinumvocabuluin : ita Tiberinus nostrum; et colonia enimnostraVolturnum, et deus Tiberinus. — 30. Sed de Tiberisnonliue auceps historia; nam suum Etruria, et Latium
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