DE LA LANGUE LATINE.
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étant pour les êtres -vivants une sortie de la vie(exitus), on a appelé la mort exilium, de mêmequ’on a donné le nom d 'inilium à la naissance,c’est-à-dire à l’union de l’âme et du corps (quominunum ineuni). — 61. C’est pourquoi tout corps,lorsqu’il est trop chaud ou trop humide, périt oudemeure stérile, comme on peut le remarquerdans les deux saisons contraires de l’année : enété, 1 air est brûlant et l’épi se dessèche; en hi-ver, la nature, refroidie et humide, attend pourproduire le retour du printemps. Le feu et l’eausont donc les deux causes de la naissance : c’estpourquoi on les dépose au seuil des nouveauxmariés comme symbole de l’union. Le feu repré-sente la nature mâle, parce qu’en elle est la se-mence; et l’eau représente la nature féminine,parce qu'en elle est l'humidité qui développe lefruit de la conception. — 62. Vénus est le lienqui unit ces deux éléments : de là ce mot d’unpoète comique : huic victrix Venus, videsnefiœc? ce qu’il ne faut pas entendre dans le sensde vincere (vaincre), mais dans le sens de vin-cire (lier) ; car victoire est un mot qui vient lui-même de vin cire; parce que ceux qui ont ledessous sont, en quelque sorte, liés. La poésie,qui donna le Ciel pour père à la Victoire et àVénus, atteste la commune origine.de leurs noms.En elfet, de l’antique mariage qui unit ( vin xi l )le Ciel et la Terre, naquit la S’ictoire. On la repré-sente avec une couronne et une palme, parce quela couronne est le lien de la tête, et parce que lapalme déploie de chaque côté des feuilles d’é-gale grandeur, unies entre elles avec symétrie :d’où est venu le mot vieri, qui a. la même signi-fication que vinciri (être lié), et qu’on trouvedans le Sota d’Ennius : Ils allaient voluptueuse-
Recte igitnr Pacuvins quod ait :
Animam æther adjugat,
et Ennius : Terrain corpus quœ dederit, ipsam capere,neque dispendi/acere hilum. Animæ et corporis disces-sus quod natis is exitus, inde exilium, ut, quom innnum ineunt, initia 61. Inde omne corpus, ubinimius
ardor aut humor, aut interit, aut, si manet, stérile -quoi testis (estas et hiems , quod in altéra aer ardet etspica aret, in altéra natura ad nascendum Cnm imbre etfrigore luctare non volt et potius ver exspectat. Igitur du-plex causa nascendi ignis et aqua; ideoea nuptiis in limineadliibenlur quod conjungit. Hinc et mas ignis, quod ibisemen; aquafemina, quod fétusalitur humore.—62. Ethorum vinctionis vis Veuus ; hinc Comicus :huic victrix Venus,
Videsne hæc?
non quod vincere relit Venus, sed vincire. Ipsa Victoriaabeo, quod superati Vinciuutur. Utrique testis poesisquod et Victoria et Venus dicitur Cffligena. Tellus enimquod prima vincta Ca*lo, Victoria ex eo. Ideo h*c cum-rona et palma, qnod cordna vinclum capitis, et ipsa avinctura dicitor vieri id est vinciri, a quô est in SotaEnnii :
ment tresser une couronne, symbole d’amour. —
63. Suivant les poètes, Vénus naquit de l’ccumede la mer, mêlée à une semence de feu tombéedu ciel : ce qui donne à entendre que la puissancede Vénus consiste dans l’union du feuèt de l'eau.Du mot vis (puissance, force) est issu le motvila (vie), comme le dit Lucilius : La vie, c’estla force (vis), qui nous fait faire tout. — 64.Le ciel étant le principe de toutes choses, Sa-turne fut ainsi nommé de satus (génération, se-mence) ; et comme il est aussi le feu, on présentedes cierges aux vieillards. La terré fut appeléeops, parce que tout travail se fait sur la terre,et qu’on a besoin d’elle (opus) pour vivre; et delà le nom de mère donné à Ops et à la Terre. Laterre, en effet, suivant Ennius, enfante tousles animaux, les alimente, et les recueille,après la mort, dans son sein. Elle a été nom-mée Cérès, parce qu’elle porte des fruits (ge-rit ), le C étant autrefois ce qu’est aujourd’huile G.
65. Jupiter et Junon sont encore les mêmesdieux que le Ciel et la Terre. Notre Jupiter, ditEnnius, est le même dieu que les Grecs appel-lent ’Aïqp, c’est-à-dire le vent qui engendre lesnuées, puis la pluie; d'où naît le froid, qui ra-mène le vent ou Pair. Or tout cela a été appeléJupiter , c’est-à-dire le dieu qui fait vivre (ju-vat) les hommes et tous les animaux. Commetout vient de lui et relève de lui, le même poètel’a appelé le père et le roi des dieux et deshommes. Le nom de pater (père) vient de patete(se manifester), parce que du père sort là se-mence, qui produit la conception et la vie. —66. L’ancien nom de Jupiter confirme cetteétymologie ; car on l’appelait anciennement Dio-
Ibant malaci viere Veneriam corollam ;palma, qnoii ex ulraque parte natura vincta habet pari»
folia._63. Poelæ de cælo quod semen igneum ceci-
disse dicunt in marc ac natam e spumis Venerem, coit-junctio ignis et humoris quam habet vim, significant es*eVeneris. A qua vi natis dicta vita, et illud a Lucflio :
Vis est vita, vides, vis nos facere omnta cogit.
64. Qnare quod caeium principium, ab safu est die-tus Saturnus, et quod ignis, Satnrnalibus cerei Superro-ribus mittuntur. Terra Ops, quod hic omne opus, Aiiac opus ad vivendum ; et ideô dicitur Ops mater, qnôflterra mater. Ha» enimTerris genteis omnis peperit et resumit denuo,quœ dal cibaria, ut ait Ennius. Quæ quod geritfruges,Ceres : antiquis enim C quod nunc G.
65. Idem hi dci, Cælum et Terra, Juppiter etJuno, quod, ut ait Ennius,
Istic est is Juppiter quem dico, quem Graed vocanl’Aspa, qui venins est et nubes, imber posteà ,
Atque ex imbre frigus, ventus post fit, aer denuo.
Hæcce propter Juppiter sunt ista quæ dico tihi,
Qnoniam mortalis alqueurbes belluasque omneis fiivat.Quod hinc omneis et subhoc, enndem appellans dffcit :