VARRON.
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dans les poètes grecs. Manipulus, de manus(poignée d’hommes), désigne la plus petite di-\ ision de l’armée, marchant sous un seul étendard ;centurie, une troupe de cent hommes, marchantsous la conduite d’un seul chef, appelé centu-rion. — 89. Originairement la légion se composaitde trois mille hommes, dont chacune des tribusTitiensis, Ramnensis et Lucerensis envoyait untiers : de là le nom de milites (soldats). On appelahastati ceux qui combattaient, en tête de l’armée,avec la lance; pilani, ceux qui combattaieutavec le javelot ; principes , ceux qui combat-taient, au premier rang, avec l’épée. Depuis, latactique militaire ayant changé, ces dénomina-tions sont devenues moins importantes. Les pilanifurent aussi nommés triarii , parce qu’ils com-battaient au troisième rang et soutenaient (sub-side ban t) l’arrière-garde : de là le mot de subsi-dium, et la signification que Plaute donne aumot subsidere dans ce passage : Allons, prêtez-moi tous main-forte ( subsidile ), comme font lesMaires. — 90. Auxilium (secours) a été forméde auctus (augmentation), parce que les auxi-liaires étrangers augmentent la force de l’armée.Præsidium (garnison), deprœsidere (être placédevant), désigne ceux qui sont placés hors ducamp, pour en protéger les alentours. Obsidere(être auprès) a produit obsidium (siège), qui dé-signe .la présence d’une armée campée auprèsd’une ville, pour empêcher les habitants d’ensortir. Obsidium peut aussi venir de abscidere(couper), les assiégeants étant dans l’habitude decouper toute communication à l’ennemi pour l’af-faiblir. On a appelé duplicarii ceux à qui l’u-sage est d’accorder double ration de vivres enrécompense de leur courage.— 91. Turma , forméde terima par suite du changement de l’e en u ,vient du mot ter (trois fois), parce que l’esca-
exercitus mmimas manus quæ unum secuntur signum.Centuria quisub uno centurione sunt, quorum cenle-
narius justusnumerus_89. Milites, quod trium milium
primo legio fiebat, ac slngulæ tribus Titiensinm, Ram-nium, Lucerum milia singula militum mittebant. Hastatidicti qui primi bastis pugnabaut, pilani qui pilis, prin-cipes qui a principio gladiis : ea post commutata re mili-tari minus illustria sunt. Pilani triarii quoque dicti quodin acie tertio ordine extremis subsidio deponebantur;quod hi subsidebant, ab eo subsidium dictum, a quoPlautus :
Agite nunc, subsidite omnes quasi soient triarii.
90. Auxilium appellation ab auctu, quom accesserant eiqui adjumento essent alienigenæ. Præsidium dictum, quiextra castra præsidebant in loco aliquo, quo tutior regioesset. Obsidium dictum ab obsidendo , quo minus hostisegredi posset iode: item ab abscidendo, quom id ideofacerent quo facilius dcminuerent hosteis. Duplicariidicti, quibus ob virtutem duplicia cibaria ut darentur
dron ainsi nommé était composé de trente cava-liers (ter déni), fournis par les trois tribus Ti-tiensis, Ramnensis et Lucerensis. C’est pourquoi leschefs de chaque d écurie furent appelés décurions,et sont encore aujourd’huiau nombre de trois danschaque escadron. Ceux que les dècurions choi-sissaient ( adoptabant) pour aides de camp fu-rent nommés optiones. Ce sont aujourd’hui lestribuns qui les élisent, à cause des brigues aux-quelles le choix donnait lieu. Tubicines (qui son-nent de la trompette) vient de tuba (trompette)et de canere (chanter). Liticines (qui sonnent duclairon) a la même origine. Ceux qui sonnent duclairon et du cor pour appeler les classes à l’as-semblée des comices, et qu’on appelle classici,tirent leur nom de classis (division du peuple).
92. Parmi les noms qui servent à désigner lafortune et la condition, il y en a quelques-unsdont l’origine est assez obscure, comme pauper(pauvre), dires (riche), miser (misérable), bea-tus (bienheureux), etc. Pauper vient de paulus(petit),et lar (lare, foyer) ; mendicus (mendiant),de minus , parce que ce dont on a besoin est moinsque rien. Pires, de divus, parce que celui quiest riche semble, comme un dieu, n’avoir besoinde rien; opulentus, de ops, parce que l’hommeopulent a tout en abondance. Inops (qui man-que), copis et copiosus (abondant), dérivent dumême mot xpecuniosus (qui a beaucoup d’argent),àepecunia (argent), qui vient de pecus (bétail).Cesmots ont pour origine pastor (pâtre), pascere(paître).
93. Les artistes tirent en général leur nom del’art qu’ils exercent. Ainsi medicus (médecin)dérive de medicina (art de la médecine), sutor(cordonnier) de sutrina (métier de cordonnier),et non des verbes mederi (guérir) et suere (cou-dre), qui ne sont que les extrémités de la racine
institutum.— 91. Turma terima (E in U abiit) quod terdéni équités ex tribus tribubus Titiensium, Ramnium,Lucerum fiebant. Ilaque primi singularum deeurianimdecuriones dicti : qui ab eo in singulis turmis sunt eliamnunc terni. Quos In primo administres ipsi sibi adopta-bant , optiones vocari cnepli, quos nunc propter ambitio-nes tribuni faciunt. Tubicines a tuba et canendo, simi-liter Liticines. Classicos a classe, qui lituo cornuve ca-nunt, tum cum classes comitiisad comitiatum vocant.
92. Quæ a fortuna vocabula, in bis qua'dam minusaperta, ut pauper, dives, miser, beatus, sicalia. Paupera paulo lare. Mendicus a minus, quoi quo opus est mi-nus niliilo est. Dives a divo, qui ut deus niliil indigerevidetur. Opulentus ab ope, quoi ea opime. Ab eademinops, qui ejus indiget, et ab eodem Tonte copis et copio-sus. Pecuniosus a pecunia magna ; pecunia a pecu ; a pas-toribus enim horum vocabtilorum origo.
93. Artificibus maxuma causa ars; idestabarte medi-cina ut sit medicus dictus, a sutrina sutor, non a ine-dendo ac suendo, quæ omnino ultiiuæ earum rerum radi-