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Macrobe (oeuvres completes), Varron (de la langue latine), Pomponius Mela (oeuvres completes) : avec la traduction en français / publiées sous la direction de M. Nisard
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DE LA LANGUE LATINE.

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dérivé de ferre (porter), désigne tout ce que pro-duit un fonds pour la jouissance du possesseur,uifruamur. De là fruges (biens de la terre) etfrumentum (froment). Frumentum peut en-core venir de mola, gâteau composé de sel et deblé moulu (far molitum ), qu’on plaçait sur lesentrailles cuites de la victime. Uvœ (raisins) apour racine uvor (humidité').

105. Je passe aux choses qui sont l’ouvrageae la main de l’homme, comme le vivre, le vê-tement, les instruments, et tous les accessoires.Des aliments, le plus ancien est celui qu’on ap-pelle puis (bouillie), mot dérivé du grec, ou,suivant Apollodore, du bruit que fait cette es-pèce d’aliment, quand on le jette dans l’eau bouil-/ante. Le pain (panis) doit son nom à la formequ’ou lui donnait autrefois, et qui était celle d’unpeloton de laine (panus ). Depuis on a adoptéd’autres formes. De parais et de facere (faire) ona formé panificium (boulangerie). Du mêmemot parais est issu panarium, qui désigne lelieu où l’on serre le pain ; de même que grana-rium, où l’on serrait le grain de froment.—106.Hordeum (orge) vient de horridus (hérissé);triticum (froment),Ide trilus (broyé);/ar (farine)-,de farcire, parce que la farine remplit la bou-langerie; milium (millet), du mot grec gsXi'vv);libum (sortede gâteau), de libare (offrir à unedivinité), parce qu’on le déposait sur l’autelavant delemanger; testuatium (sortedegâteau),de testu, vase de terre où l’on faisait cuire ce gâ-teau , comme le font aujourd’hui les dames ro-maines dans les fêtes appelées matralia ; circu-lus (petit gâteau rond, composé de farine, defromage et d’eau), de circuitus (circuit). — 107.Ceux qui ne réussissaient pas à bien façonner cegâteau reçurent le nom de lixulœ ou semi-’.ixulee, qui est d’origine sabine : aussi ces deux

fundo ferunt ut fruamur. Hinc declinatæ fruges et fru-mentum , sed ea e terra. Etiam frumentum, quod ad extaollicoqua solet addi, ex mola , id est ex sale et farre mo-litu. Uvœ ab uvore.

105. Quæ manu facta sunt dicam, de victu , de vestitu ,de instrumente, et si quid aliud videbitur his aptum. Devictu antiquissima puis : hæc appellata vel quod ilaGræci, vel ab eo unde scribit Apollodorus quod ila sonetquom aquæ ferventi insipitur. Panis, quod primo figurafaciebant, ut mulieres in lanificio, panus ; postea ei figu-ras facere insliluerunt alias. A pane et faciendo panifi-cium cœptum dici. Hinc panarium, ubi id servabant;sicut granarium, ubi granum frumenti condebant: undeid dictum : nisi ab eo quod Graeci id xpox7]v, a quo a

Græcis quoquegranum.dictum, et in quo eadem

conduntur.— 106. Hordeum ab horrido. Triticum, quodtritum e spicis. Far a farciendo, quod in pislrino fit. Mi-lium a græco, nam id psiivr,. Libum, quod ut libaretur,priusquam essetur, erat coctum. Testualium, quod intestu caldo coquebatur, ut etiam nunc Malraiibus id fa-eiunl matronæ. Circuli, quod mixta farina et caseo et aqua

mots sont-ils très-usités chez les Sabins. Glo-bus, gâteau en forme de boule, composé d’unepoignée de farine délayée dans de l’huile, doitson nom à sa rondeur. Crusta, espèce de croûtequi se forme sur la bouillie et qu’on enlèvecomme une peau (ut corium exuitur), a produitcrustulum (galette). La plupart des autres nomsd’aliments ont été empruntés à la langue grec-que, comme thrion et placenta.— 108. Cequ’on mangeait avec la bouillie fut appelé pul-menlum, mot qui se trouve dans Plaute, et d’oùa été formé pulmentarium. Le premier alimentde ce genre, le fromage ( caseus), est dû auxbergers, et signifie lait coagulé (lac coactum).Plus tard, lorsque le goût de la simplicité natu-relle se fut affaibli, ils firent cuire les fruits quipouvaient perdre leur crudité; et du mot olla(chaudière) se forma celui A'olera (légumes), quidans la suite désigna abusivement les fruits quiétaient crus, comme ceux qui ne l’étaient pas. Lelégume appelé rapa (rave), par abréviation deruapa, a été ainsi nommé parce qu’on l’arrachede terre ( eruitur) pour le cuire. Olea (olive)vient du mot grec IXaîa. La grosse olive a étéappelé architis , du nom atlique Ôp/_iî.

109. Je passe aux noms qu’on a donnés à lachair des bestiaux. Comme le porc, dont lachair est appelée suilia, chaque animal a donnéson nom à sa chair. On distingue la chair rôtie,la chair bouillie ,.et la chair cuite dans son jus.Les hommes ont dû observer la même succes-sion dans la manière dese nourrir. Assum (chairrôtie) dérive de assudescere, parce que la chairsue lorsqu’elleestsoumise à l’action du feu. Uvi-dum vient d 'kumidum (humide), et ce qui n’estpoint humide manque de suc : d’où le mot su-dare , c’cst-à-dire distiller l'humidité; et demême que crudum signifie ce qui a trop d’hu-

circuilum æquabiliter fundebanl. 107. Hoc quidam quimagis incondite faciebant, vocabant lixulas et semilixulasvocabuln sabino, itaque frequentati a Sabinis. A globo (a-rinæ dilalalo item iu oleo cocti dicti globi. Crustulum acrusta pultis, quojns ea, quod ut corium exuitur, crusladicta. Caetera fere opéra a vocabulis græcis sumpta utthrion et placenta. — 108. Quodedebanteum polie, abeupulmentum , ut Plautus : hinc pulmentarium dictum.Hoc primum dehuit pastorihus caseus, a coacto lacté utenaxeus dictus. Deinde posteaquam desierunt esse con-tenu bis quæ suapte natura ferebat sine igné, in quoerant poma : quæ minus cruda esse poterant, decoquebantin olla. Ab olla olera dicta, quare dégénéra cruda olera.Eqnisad roquendum quod e terra erueretur, ruapa, underapa. Olea ab elæa. Olea grandis orchitis, quod eamAttici orchimorian.

109. Hinc ad pecudis carnem perventum. Ut suilia sicab aliisgeneribuscognominata. Hanc primo assam, secun-do elixam, tertio e jure uticcepisse, natura docet. Dictumassum, quod id ab igni assudescit. Uvidum enim quodhumidum, et inde ubi id non est sucus abesl; et ideo