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Macrobe (oeuvres completes), Varron (de la langue latine), Pomponius Mela (oeuvres completes) : avec la traduction en français / publiées sous la direction de M. Nisard
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DE LA LANGUE LATINE.

consacré à la déesse Tutilina. Vient ensuitela porte Nœvia, ainsi nommée parce qu’elle setrouve dans les bois Næviens : c’était là en effetqu’habitait Nævius. Puis la porte dite Raudus-cula , parce qu’elle était en airain, raudus et œsétant synonymes, comme on peut le voir dans lesanciennes lois sur la mancipation, où on lit: rau-dusculo libramjerito. Enfin la porte dite Laver-nale, à cause du voisinage d’un autel dédié à ladéesse Laverna. — 164. En deçà des murs sontaussi plusieurs portes. Sur le mont Palatin, laporte dite Mucion, de mugitus (mugissement),parce qu’on y faisait paitre les bœufs autour del’ancienne ville. La porte dite Romanula, deRoma (Rome), située dans la rue Neuve, et con-duisant par des degrés au sanctuaire de Volupia.— 165. La troisième est la porte Januale, prèsd’une statue de Janus, et qui, d’après l’institutiondeNuma, ainsi que Pison nous l’apprend dans sesAnnales, devait être toujours ouverte en tempsde guerre. Elle ne fut fermée que deux fois, lapremière sous Numa, et la seconde sous le con-sulat de Titus Manlius, après la première guerrepunique.

166. Voici ce que j’ai découvert sur l’originedes noms des lits. Lectica (litière), de legere(rassembler, amasser), parce qu’une litière étaitun amas d'herbe et de paille, comme celle dessoldats dans les camps. Le.cti (lits), de lignum(bois), parce qu’on les dressait sur des planchesde bois, pour éviter la fraîcheur de la terre, ouplutôt de l’ancien mot grec Xsxxpov. La litière aencore un autre nom, segestria, dérivé de seges(paille de blé), et usité encore aujourd’hui dansles camps, à moins plutôt qu’il ne vienne dumot grec cxs'yatrxpov (ce qui sert à couvrir). Fere-trum (lit funéraire) vient également du mot grec

scribens dicit eum coluisseTutilinæ loca. Sequiturpor/aNœvia , quod in nemoribus Næviis (Nævii eteuim locaubi ca), sic dicta. Deinde Rauduscula, quod ærata fuit.Æs raudus diclum, ex eo veteribus in mancipiis scrip-tum : raudusculo libram ferito. Hinc Lavernalis abara Lavernæ, quod ibi ara ejus. — 164. Prælerea infranuiras video portas dici. In Palatio Mucionis a mugitu,quod ea pecus in bucila circum anliquom oppidum exi-gebanl. Allcram Romanulam ab Roma dictam, quæ lia-hct gradus in Nova via ad Volnpiæ sacellum.— 165. Ter-tia est Janualis dicta ab Jano; et ideo ibi positum Janisignum; et jus institutum a Pompilio, ut srribit in Anna-tibus Piso, ut sit aperta semper, nisi quom bellum sitnusquam. Tradition est memoriæ, Pompilio rege fuisseoperlam, et post Tito Manlio consule, bello Carthaginensiprimo confecto, eodem anno opertam et apertam.

106. Super lectnlis origines quas adverti lue. Lectica,quod legebant undeeam facerentstramenta atque herbam,ut etiam nunc fil in caslris. Lecli, quod, ne essent interra, sublimis in lignis ponebant, nisi ab eo, quod Græciantiqui dicebant XÉxxpov, lectum potins. Qui lecticam in-volvebant, quod fere stramenta erant e segete, seges-

oEpïxpov.— 167. L’espèce de lit appelé culcita,dont l’usage s’introduisit pl us tard, a tiré son nomd einculcare (fouler), parce que ce lit était forméde paille ou de jonc, ou de quelque autre chose decette nature. Tout ce qu’on étendait dessus a étéappelé stragulum, de sternere. Pulvinar (cous-sin) dérive Aeplures{ plusieurs) ou d epoluli (depetite dimension); operimentum (couverture),de operire (couvrir). Operculum, nom donnéaux vêtements ( pallia) qui servent de couver-ture de lit, a la même origine. Plusieurs de ces vê-tements ont des noms étrangers, comme sagum( saie), reno, qui sont gaulois, et comme gau-nacum, amphim 'allum, qui sont grecs. Mais tarai(sorte de couverture) est la’tin, et vient de torus(lit), qui à son tour dérive de torvus, parce qu’unlit est apparent. C’est par analogie qu’on a donnéle nom de torulus à un ornement de tête dontles femmes font usage. — 168 . Le simple mar-chepied servant à monter sur un lit très-bas aété appelé scabellum, de scandere. Scamnum,qui désigne un marchepied servant à monter surun lit un peu plus élevé, a la même racine. Unmarchepied qui a deux échelons a été nommégradus, de gerere, parce qu’il transporte de hauten bas. IIspi<jrptopi.axa et 7rspnrsxâa l u.axa sont desmots grecs, ainsi que quelques autres, servantà désigner les couvertures dont on se sert dansles repas, comme gausape.

169. La monnaie a plusieurs noms. Elle estde cuivre et d’argent. As ( livre de douze onces)vient de œs (cuivre); dupondius (monnaie dedeux livres), de duo (deux), et pondus (poids) :la livre ou as se nommait assipondium. De as ona formé les noms singuliers cenlussis (pièce decent as), tressis (pièce de trois as), nonussis(pièce de neuf as). — 1 70. Au delà de dix, on

Iriam appellarnnt, ut etiam nunc in castris, nisi si aGræcis ; nam oxéYaoxpov. Ubi lectus mortui fertur, dice-bncAferetrum nostri, Græci çépexpov.— 167. Posteaquamtransierunt ad culcitas, quod in eas acus aul tomentumaliiidve quid calcabant, ab inculcando culcita dicta.Hac quidquid insternebant, ab sternendo stragulum ap-pellabant. Pulvinar vel a pluribus vel a polulis declina-runt. Quibusoperibantur, operimenta, et pallia operculadixerunt. In bis multa peregrina, ut sagum, reno gal-lica, et gaunacum et amphimallum græca; contra la-tinum tarai, quod ante torum, et torus a torvo, quodis in prompt». Ab bac simililudine torulus in mulieriscapite ornatus.— 168. Qua simplici scansione scandebantin lectum non altum, scabellum, in , scamnum.

Duplicata scansio gradus dicitur, quod gerit in inferiorasuperiorem. Græca sunt TOpioxpiipctTa et 7tspi7texâ(rp.aTasic alia quædam convivi, ut gausape. ’

169- Multa pecuniæ signatæ vocabula sunt. Æris etar-genti hæc. As ali ærc. Dupondius a duobus ponderibusquod unum pondus assipondium dicebatur. Id ideo,quod as erat libra pondus. Deinde ab numéro rcliquomdictum usque ad cenlussis, ut as singulari numéro; ab