Buch 
Macrobe (oeuvres completes), Varron (de la langue latine), Pomponius Mela (oeuvres completes) : avec la traduction en français / publiées sous la direction de M. Nisard
Entstehung
Seite
514
JPEG-Download
 

VARRON.

ci'ifie aux dieux infernaux. Je crois plutôt queFebruarius vient de Febniatus, nom du jourexpiatoire où les Luperques parcourent toutnus l’ancienne ville du mont Palatin, entourésde la foule du peuple.

35. J’en ai dit assez sur ce qui regarde lesnoms latins des temps; je vais maintenant re-chercher l’origine des noms des choses qui sefont dans le temps, de legisti (tu as lu), parexemple, de cursus (course), de ludens (jouant).A l’égard de cette espèce de mots, je signaleraid’abord leur variété infinie, et ceux dont l’origineest la plus obscure. — 36. Les mots sont suscep-tibles de quatre sortes de modifications : ou ilsont des temps et n’ont pas de cas, comme lego(je lis), legis (tu lis), le g es (tu liras); ou ils ontdes cas et n’ont pas de temps, comme lectio(lecture) et lector (lecteur) ; ou ils ont des tempset des cas, comme legens (lisant), lecturus (de-vant lire); ou enfin ils n’ont ni cas ni temps,comme lecte (élégamment) et lectissime (très-élégamment). Or, si les, mots primitifs sont aunombre de mille, comme le dit Cosconius, lesdérivés peuvent s’élever jusqu’au nombre decinq cent mille, puisque chaque mot primitifest susceptible d’environ cinq cents espèces demodifications. — 37. Les mots primitifs sont,par exemple, lego (je lis), scribo (j’écris), sto(je me tiens debout), sedeo (je suis assis), ettous ceux qui ne tirent pas leur origine d’unautre mot, mais qui ont une racine propre. Lesmots dérivés, au contraire, sont ceux qui ti-rent leur origine d’un autre mot, comme legis(tu lis), legit (il lit), legam (je lirai), etc., etc.Si donc on indiquait les origines des mots pri-

mitifs, ces mots étant au nombre de mille, onindiquerait en môme temps les racines de cinqcent mille mots simples ; mais celui qui, sansremonter si haut, se bornerait à faire connaîtreles mots dérivés des mille mots primitifs, auraitencore assez fait pour la science, puisque lesmots primitifs sont en petit nombre, et leurs déri-vés innombrables.

38. Remarquons d’abord que les prépositions,quoique peu nombreuses par elles-mêmes, mul-tiplient et varient à l’infini les mots devant les-quels elles sont placées. Ainsi le verbe cederedonne processif, récessif, accessit, abscessil,incessit, excessif, successif, decessit, conces-sit, discessit. Supposons qu’il n’y ait que cesdix prépositions : comme un seul mot est sus-ceptible de cinq cents modifications, en multi-pliant par dix chacun de ces mots modifiés parl’adjonction d’une préposition, avec un seul onirait jusqu’à cinq mille; et avec mille, jusqu’àcinq millions. — 39. Démocrite, Épicure, et lesautres philosophes qui ont dit que les principessont infinis, sans expliquer l’origine de ces prin-cipes, n’ont pas laissé de. faire beaucoup, eu fai-sant connaître la nature de ces principes, et euexpliquant par eux ce que nous voyons dans lemonde. Il en est de même de letymologiste quidemande qu’on le dispense de rendre raison desmille mots primitifs, mais qui ne sollicite pasla même grâce pour les dérivés : il est évidentqu’il ne laissera pas de donner l’étymologied’une foule innombrable de mots. — 40. Aprèsavoir fait voir l’immensité de la science étymo-logique , je dirai un mot de son obscurité. L’é-tymologie des mots qui indiquent les temps est

Februato, quod tum februatur populus, id est lupercisnudis lustratur antiquom oppidum Palalinum gregibushumanis cinctum.

35. Quod ad temporum vocabula Latina attinet, hacte-nus sit satis dictum. Nunc quod ad eas res attinet quæ intempore aliquo fieri animadverterentur, dicam, ut hæcsunt : legisti, cursus, ludens. De quis duo prædicerevoie, quanta sit mulliludo eorum et quæ siut obscurioraquam alia. — 36. Quom verborum declinatuum générasint quattuor, unum quod tempora adsignificat neque ha-bet casus, ut ab lego legis, leges; alterum quod casusbabet neque tempora adsignificat, ut ab lego lectio etlector ; tertium quod habet ulrumque et tempora et ca-sus, ut ab lego legens, lecturus; quartum quod neulrumhabet, ut ab lego lecte ac lectissime : horum verborumsiprimigenia sunt ad mille, ut Cosconius scriliit, exeorum declinationibus verborum discrimina quingeutamilia esse possunt ideo, quia singulis verbis primigeniiscirciter quingentæ species declinationibus fiunt. — 37.Primigenia dicuutur verba ut lego, scribo, sto, sedeo etcetera quæ nOn sunt ab alio quo verbo, sed suas habentradices. Contra verba declinata sunt quæ ab alio quooriuntur, ut ab lego legis, legit, legam et sic indidembine permulla. Quare si quis primigeniorum verborum

origines ostenderil, si ea mille sunt, quingeutum miliumsimplicium verborum causas apercent una ; sin nullius,tamen qui ab bis reliqua orta ostenderit, satis dixerit deorigimbus verborum, quom unde natasint, principiaerunt pauca, quæ inde nata sint, innuinerabilia. — 38. Aquibus iisdem principiis anleposilis præverbis paucis im-manis verborum accedit numerus, quod præverbis muta-tis, addilis atque eommutatis aliud alque aliud lit; utenfin processif et récessif, sic accessit et abscessil; itemincessit et excessif, sic successif et decessit, concessitet discessit. Quod si hæcdecem sola præverbia essent,quouiam ab uno verbo declinationum quingenta discriminafièrent, bis decemplicatis conjuncto præverbio ex unoquinque milia numéro efficerent; ex mille ad quinqua-gies centum milia discrimina fieri possunt. — 39. üemo-critus, Epicurus, item alii qui infinita principia dixerunt,quæ unde sint non dicunt, sed quojusmodi sint, tamenfaciunt magnum : quod quæ ex bis constant in mundo,ostendunt. Quare si etymologos principia verborum pos-tulet mille, de quibus ratio ab se non poscatur, et reliquaostendat, quod rton postulet; tamen immanem verborumexpédiât numerum. — 40. De mullitudine quoniam quodsatis esset, admonui, de obscuritale pauca dicam. Ver-borum quæ tempora adsignilicant, ideo locus difficillimus