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Macrobe (oeuvres completes), Varron (de la langue latine), Pomponius Mela (oeuvres completes) : avec la traduction en français / publiées sous la direction de M. Nisard
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DE LA LANGUE LATINE.

très-obscure, parce que nous n’en avons em-prunté qu’un très-petit nombre aux Grecs, etque ceux à la formation desquels nous avons as-sisté ne sont pas primitifs. Je ne promets donc,comme je l’ai dit, que mes soins et mes efforts.

41. Je rechercherai d’abord ce qu’on en-tend par ago (je mets en mouvement). L’ac-tion est le résultat de la mise en mouvement :c’est pourquoi l’on dit agiiare gestum (gesti-culer), agitare quadrigas (conduire un char),agere pecus pastum (mener paître un trou-peau). De là, angiportum, impasse, lieu oùl’on ne peut se mouvoir qu’avec peine; angulus(angle), lieu où tout mouvement est impossible,à moins que ce mot ne dérive de angustus(étroit). — 42.11 y a trois sortes d’action : pen-ser, parler, faire. La pensée précède les deuxautres, puisqu’on ne peut parler et faire qu’a-près avoir pensé. Il est vrai qu’elle est vulgai-rement regardéecofnme nulle, et que la troisièmepasse pour la plus importante; mais sachonsreconnaitre que penser et parler sont des ac-tions aussi réelles que faire. Aussi dit-on agerecausatn (plaider), augurium agere (augurer,prédire), quoique, dans ces deux cas, on parleplus qu’on ne fait.

43. Cogilare (penser) dérive de cogéré (pous-ser devant soi, rassembler), parce que l’espritrassemble sesidées,pour choisir entre elles. Ainsicaseus (fromage) vient de lac (lait), et coactum(coagulé). De cogéré on a formé aussi contio(assemblée du peuple), coemptio (achat), compi-tum (carrefour). Cogitatio a produit concilium(assemblée), d’où consilium (conseil, délibéra-tion). Conciliare est même un terme qui désignel’action du foulon. — 44. Reminisci (se ressou-

venir) indique l’effort de celui qui rappelle unenotion disparue de son esprit (mens) et de samémoire ( memoria ). De curn (avec) et de mens(esprit) a été formé comminisci (méditer, ima-giner). Çminisci (énoncer sa pensée), meminisse(se souvenir), amens (déchu de sa raison, trou-blé), dérivent également de mens. — 45. Me-minisse, rappeler une idée qui, après être en-trée dans la mémoire, s’en est échappée, estpeut-être composé de manere (demeurer) et demoveri (être mis dehors). Peut-être aussi le motmemoria est-il une contraction de manimoria.Sans doute ces mots du chant des Saliens, Ma-muri Veturi, signifient vêtus memoria (an-cienne mémoire). De Yàmonimenta, inscriptionsgravées sur les tombeaux de la voie Flaminienne,par lesquelles les morts rappellent (admonent) auxpassants qu’ils sont mortels comme eux. Ce motdésigne, en général, tout ce qui est écrit et faitpour transmettre la mémoire d’une chose à lapostérité. — 46. Curare (avoir soin) dérive decura (soin). Cura, de urere (brûler) et de cor(cœur). Recordari (se ressouvenir), de revocarerursus (rappeler de nouveau) et de cor. Curia,lieu où le sénat s’occupe des intérêts de la répu-blique (curât). Ce mot désigne encore le lieu oùl’on s’assemble pour le soin (cura) des chosessacrées : d’où curio (prêtre de chaque curie).

4 7. Volo (je veux) vient de voluntas (volonté)et de volatus (vol), parce que l’âme est si légèrequ’elle vole en un instant au lieu où elle veut.Lubere (suivre son penchant, sa fantaisie), delabi (glisser), parce que l’âme se laisse aisémententraîner, lubrica prolabitur, comme on disaitautrefois. De lubere, libido (caprice, passion),libidinosus , Venus Libenlina et Libitina , etc.

Goutt, quod neqne Viis Fere societas cum GraecaLingua,neque vernacula ea, quorum in partum memoria adfueritnostra. Dequibus, ut dixi, quæ poterimus.

4 i. Incipiam liiuc primum quod dicitur ago. Aclio abagitatu fada; bine dicimus agit gestum tragœdus et agi-tanlur quadrigæ ; bine ogitur pecus pastum. Qua vixagi potest, bine angiportum; qua nil potest agi, bineangulus , vel quod in co locus angustissimus, quojus lociis angulus. — 42. Actionum trium primus agitalus men-tis, quod primum ea quæ sumus acturi, cogitare debe-nius, deinde tum dicere ac facere. De bis tribus minimeputat volgus esse actionem cogitalionem; tertium in quoquid facimus, id maxumum; sed et quom nos agitamusquid et eam rem agitamus in mente, agimus; et cum pro-nunliainus, agimus. Itaque ab eo orator agere diciturcausant et augures augurium agere dicunlur, quom ineo plura dicant quam faciant.

43. Cogilare a cogendo dictum; mens plura in unumcogit unde eligere possit. Sic e lacté coacto caseus nomi-natusjsicex bominibus contio dicta, sic coemptio, siccompiiuni nomination. A cogitatione concilium, indeconsilium. Et vestimentum apud fullonem quom cogitur,concitiari dictum. — 44. Sic reminisci, quom ea quæ te-

nuit mens ac memoria, cogitando repetuntur. Hinc etiamcomminisci dictum, a con et mente, quom finguntur, inmente quæ non sunt; et ab boc illud quod dicitur emi-nisci, quom commentum pronuntiatnr. Ab cadem mentememinisse dictum et amens qui a mente sua descendit.— 45. Meminisse a memoria, quom quid remansit inmente indeque rursus movetur; quæ a manendo ut ma-nimoria potest esse dicta. Itaque Saiii quod cantant, Ma-mûri Veturi, signilîcant veterem memoriam. Ab eodemmonere, quod is qui monet, proinde sit ac memoria. Sicmonimenta quæ in sepulcris; et ideo secundum viam,quo prætereuntis admoneant et se fuisse et illos essemortalis. Ab eo cetera quæ scripta ac facta mémorisécausa, monimenta dicta. — 46. Curare a cura dictum.Cura, quod cor uraf. Curiosus, quod bac præler modurnutitur. Recordari rursus in cor revocare. Curies, ubi se-nalus rempublicam curât, et ilia ubi curam sacrorum pu-blics; ab bis cnriones.

47. Volo a voluntate dictum et a volalu, quod animusita est, ut puncto temporis pervolet quo volt. Lubereab labendo dictum, quod lubrica mens ac prolabitur, utdicebant olim. Ablubendo libido, libidinosus ac VenusLibentina et Libitina, sic alia_48. Meluere a quodam