VA R R ON.
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—■ 48. Metuere (craindre), de motus (mouve-ment), parce que l’âme, en présence d’un dan-ger, tressaille et s’enfuit. Formido , crainte ex-cessive, qui met l’âme hors d’elle-'même {foras).Pavor, peur, trouble de l’âme égarée (quumper avia it ). — 40. Metuere indique plus parti-culièrement l’état d’une âme émue ( mota ); ettremere , le frisson causé par la crainte : d’oùtremor, frayeur qui se manifeste par le tremble-ment de la voix et même du corps, dont les poilsse hérissent comme l’épi de l’orge. — 50. Mœ-rere (être triste), de marcere, parce que le chagrinflétrit le corps. De marcere est venu macer (mai-gre). Lœtari (se réjouir), de ce que le bonheurdilate le cœur. Juventius a dit : Toutes les joieshumaines réunies ensemble n'égaleraient pasma joie ( lœtitia ). De là lœta (choses heureuses).
51. Narro (je raconte), de narum ou gnarumfacere alterum (faire connaître à quelqu’un) :d’où narratio, exposition qui nous fait connaîtreun fait. Je suis donc arrivé à la seconde partie del’action, laquelle consiste à parler ; et je vaisexpliquer l’origine des mots qui s’y rapportent,et appartiennent aux actions qui se passent dansle temps conjoint et dans le temps non conjoint.En voici, ce me semble, la source étymologique.— 52. L’homme commence à parler [fatur), dèsqu’il articule un mot significatif. Jusque-là l'hom-me est infans (qui ne parle pas). Fari (parler) estun mot imitatif, qui rappelle les premiers bé-gayements de l’enfant. Fatum (destinée) doitson nom a l’époque de la vie, déterminée par lesParques, où l’enfant commence à parler. Du mêmemot fari on a fait facundus (qui parle avec faci-lité) , fatidicus (qui prédit l’avenir). Vaticinari
motu animi, quom id qnod malum casiirum putat, refu-git mens. Quom vehemenlius in movendo, ut ab seabeat,foras fertur , formido ; quom per avia it, ab eo pavor. —49. Hinc etiam metuo mentem quodammodo motam velmeluisti amovisli; sic quod frigidus timor, tremilisli timuisli. Tremor dictum a similitudine vocis, quæ tunequom valde tremunl, apparet, quom etiam in corporepili, ut arista in spica ordei, horrent. — 50. Mcerere amarcere, quod etiam corpus marcesceret. Hinc etiammaori dicli. Lœtari ab eo quod lalius gaudium proptermagni boni opinionem diffusum. Itaque Juventius ait :
Claudia sua si omnes homines conférant unum in locum,
Tamen mea exsuperet lælitia.
Sic quom se liabent, lœta.
51. Narro cum alterum facio narum, a quo nar-ratio, per quam cognoscimus rem geslam. Quæ parsagendi est secunda, in qua explicabimus, quæ sontab dicendo , ac sunt aut conjuncta cum temporibus aut abbis. Eorum hoc genus videntur S-rupt-ot. — 52. Fatur i$qui prirnum borno significabilem ore mittit vocem. Abeo ante quam ila facianl, pueri dicnntur infantes; quomid faeiant, jam fari, quod vocabulum a similitudine vo-cis pueri, id diclum. Ab hoc tempnre, quod tum puerisconstituant t’arcæ fando, dictum fatum êtres fatales.
(prophétiser) a été formé de vesanus (qui est eudélire), parce que ceux qui prophétisent sonttransportés d’une fureur divine. Mais j’anticipesur les mots poétiques, dont j’aurai à parler plustard. — 53. Les jours pendant lesquels il estpermis au préteur de prononcer certains mots ju-diciaires ont été appelés fasti, de fari; et ceuxpendant lesquels il lui est interdit, sous peined’expiation, de prononcer ces mots, ont reçu lenom de nefasti, de ne (adverbe négatif) et dumême mot fari. De là effata, dernières parolespar lesquelles les augures annoncent hors de laville la fin des auspices ; effari , affari, mots sa-cramentels du même genre. — 54. De là fana(temples), parce que les pontifes, en les consa-crant, en annoncent la circonscription ( fali suntfinem) ; profanum (profane), la façade extérieuredu temple, et prsfanatum, ce qui, dans les sacrifi-ces, est placé devant le temple. Ladîmed’Herculea été aussi appelée profanatum, parce qu’elle estvouée au temple. On l’appelle encore polluctum ,de porricere (présenter). C’est pourquoi on consu-mait autrefois dans le temple tout ce qui étaitprofane : ce que fait encore aujourd’hui le préteuren immolant publiquement une génisse à Her-cule. — 55. Du même mot fari on a fait/a6u/a(pièce de théâtre, tragique ou comique) ; fassi etconfessi (qui confessent ce qu’on leur demande) ;professi (promettant, avouant) ; fama (renom-mée) ; famosus (fameux). Il faut ajouter à cesdérivés fallere (tromper), falsum (fausseté), etfallacia (tromperie) : dont la racine fari impli-que l'idée d’une déception, causée par une pa-role, que le fait a démentie. Quand la déceptionne repose que sur la chose, il n’y a pas là à pro-
Ad banc eamdem vocem qui facile fantur, facundi dicti,et qui futurs prædivinando soleant fari, fatidici dicti ;idem vaticinari, quod vesana mente faciunt. Sed de hocpost erit nsurpandum, quom de poëtis dicemus. — 53.Hinc fasti dies quibus verba certa légitima sine piaculoprætoribus licet fari. Ab hoc nefasti quibus diebus eafari jus non est et si fati sunt, piaculum faciunt. Hinceffata dicuntur, quod augures finem auspiciorum codes-tum extra urbem agris sunt effati ubi esset; bine effarilempla dicunlur ab auguribus; affantlir qui in bis finessunt. — 54. Hinc fana nominata, quod pontilices in sa-crando fati sint finem ; hinc profanum est quod antefanumconjunctum fano, hinc profanatum in.sacrificio; atqueinde Herculi decunia appellata ab eo est, quod sacrificioquodam fanatur, id est ut fani lege sit. Id dicitur pol-luclum, quod a porriciendo est fictum ; quom eniin exmeicibus libamenta poriecla sunt Herculi in aram, tumpolluctum est, ut, quom profanatum dicitur, id estproinde ut sit fani factum; itaqueolim fanoconsumebaturomne quod profanum erat, ut etiam fit, quod prætor Ur-bis quotannis facit quom Herculi immolât publiée juvon-cam. — 55. Ab eodem verbo fari fabulœ, ut tragmdiæet comœdiæ , dictæ. Hinc fassi ac confessi, qui fati idquod ab bis qnæsitum. Hinc professi; bine fama et fa-mosi. Ab eodem falli, sed et faesunt et fallacia, quæ