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Macrobe (oeuvres completes), Varron (de la langue latine), Pomponius Mela (oeuvres completes) : avec la traduction en français / publiées sous la direction de M. Nisard
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DE LA LANGUE LATINE.

67. Murmurari (murmurer), mot imitatif,qui se dit d’une personne parlant à voix si basse,qu’elle semble plutôt vouloir faire entendre unson qu’une parole intelligible. De là murmuran-tia iittora (des rives murmurantes). Fremere(frémir), gemere (gémir), clamare (crier), crepare(craquer), sont pareillement des mots imitatifs.Exemples : arma sortant, fbemob oritur ; ni-li'u me incbepitando commoves. — 68. Qui-ntal e (se plaindre publiquement), jubilare (ap-peler à grands cris), sont des mots analogues.Quirilare se dit de celui qui en appelle à hautevoix aux Quirites. Quintes dérive de Curenses,nom des habitants de Cures, qui s’associèrent avecle roi Tatius au peuple romain. Quiriture se ditdes habitants de Rome; et jubilare, des gens dela campagne; ce qui a fait dire à Aprissius ; Iobucco (rustre)! guis me jubilât? etc. Triumphare(triompher) vient du cri : Io triumphe, que lessoldats vainqueurs poussent dans la ville en ac-compagnant leur général au Capitole; ou biende 0piau.6oî, surnom de Bacchus.

69. Sponderc (promettre volontairement),de spons, qui a le sens de voluntas (volonté). On litdans Lucilius, parlant de Crétea : Cum adse cubi-tum venerit, sponte suapte (de son plein gré),etc. Spons a le même sens dans ce passage de Té-rence : Il vaut mieux jaire le bien librement{sua sponte) que par crainte. Du même motspons, racine de sponderc, on a formé respon-dere (répondre), desponsor (qui s’engage),sponsa (fiancée), etc., etc. Spondere se dit decelui qui s'engage le premier volontairement; et

07. Murmuratur dictum a simililudine soni snrdi,quom qui ita leviter loquitur, ut magis esono jd facere,qnam ut intellegatur, videatur. Hiuc etiam poetæ murmu-rât! fia litora. Similiter fremere, gemere, clamare,crepare. ab similitudine vocis souitus dicta. Hinc iliaarma sonant; jremor oritur ; bine :

Nihil me increpitando commoves.

08. Vicina lioruin quirilare, jubilare. Quirilare dici-lur fsqniQiiiritum fidem damans implorât. Quirites a Cu-rensihus ; ab bis qui cnm Talio rege in societatem vene-riiiit civilatis. Ut quirilare urbanorum, sic jubilare his-licorum; itaque lios imitans Aprissius ait ;

Io bucco ! quis me jubilai?

Vicinus tuus antiquus.

Sic triumphare appellation, quoil cum imperatore milites«■démîtes damitanl per nrbem in Capitolium cunti : Iotriumphe : iil a bçiigêw, Græco Liberi cognomento,polest dlclum.

09. Spondere est dicere : spondeo, a sponte; nam idvalet a vuluntale. Itaque Lucilius scribit de Cretea :

Cum ad secubilum venerit,

Sponte ipsam suapte adduclam, ut lunicam et raiera rei-ceret.

Eaudem voluntatem Terenliiis signjficat cum ait satius

Sua sponle recte facere quam alieno metu.

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sponsor, de celui qui garantit cet engagement.— 70. Sponsus (fiancé, qui s’engage à épouser)et consponsus sont synonymes. On lit, en ef-fet, dans Nævius, consponsi (les fiancés ou dufiancé). Spondere se dit et de la dot et de la fillepromise en mariage; car on lit dans les comé-dies : sponden’ tuam, etc. : promets-tu ta filleen mariage à mon fils ? Sponsa désigne et la dotet la fiancée; sponsio, l’indemnité réciproque-ment stipulée pour le cas d’inexécution des con-ventions ; sponsus, celui à qui une fille est pro-mise en mariage; sponsalis, le jour des fian-çailles. — 71. Despondere (promettre sa fille enmariage), composé de spondere et de la pré-position de, implique l’idée de démission de vo-lonté; car celui qui promet sa fille en mariageest tenu d’exécuter sa promesse, sous peine d’ê-tre condamné par le préteur à ce que la loiordonne, et par le censeur à ce que l’équité ré-clame. De là despondisse animum (se découra-ger), qui, comme despondissefiliam, supposel’abandon de la volonté. — 72. Respondere (ré-pondre) , composé aussi de spons et de dicere ,indique par son étymologie que celui qui répondobéit à la volonté [ad spontem) de celui qui inter-roge. C’est pourquoi l’on dit de celui dont lesparoles ne satisfont pas d’une manière pertinenteà la question qui lui a été adressée, qu’il n’a pasrépondu; de même que ce n’est pas s’engager nidonner action contre soi, que de dire sans inten-tion sérieuse ; spondeo (je promets). Par exem-ple, dans ce passage d’une tragédie : Te souviens-tu de m’avoir promis ta fille en mariage? on

Ab cadem sponte a qua dictum spondere declinatum etrespondet et desponsor et sponsa, item sic alia. Spondetenim qui dicit a sua sponte : spondeo. Spondet etiamsponsor qui idemfaciat obligatur. — 70. Sponsus, cons-ponsus ; hoc Nævius significat cum ait : consponsi. Spon-debatur pecunia aut lilia nuptiarum causa, nam, utco-mœdiis vides dici :

Sponden’ tuam gnatam tilio uxorem meo?

Appellabatur et pecunia , et qnæ desponsa erat, sponsa;quæ pecunia inter se contra spousuru rogata erat, dictasponsio; quoi desponsa quæ erat, sponsus. Quo diesponsum erat, sponsalis. — 71- Qui spoponderat filiam,despondisse dicebatiir, qnod de sponte ejus, id est devoluntate exierat; non enim si nolebat, non dabat,quod sponsu erat alligalus ; quod tum et prætorium jusad legem et censorium judicium ad æquom existimaba-tur. Sic despondisse animum quoque dicilur, ut des-pondisse tiliam, quod suæ spontis statuerant fmem. —72. A quo sponte'dicere, respondere quoque dixerunt,quom ad spontem responderent, id est ad voluntatemrogationis. Itaque qui ad id quod rogalur non dicit, nonrespondet •. ut non spondet ille, statim qui dixit : Spon-deo , si jocandi causa dixit, neque agi potest cum eo exsponsu. Itaque quoi quis dicit in tragœdia :

Meministin’ te despondere mihi gnatam tuam ?