DE LA LANGUE LATINE.
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forme d’un vêtement, d’un vase, etc. Agere nousparaît, plutôt que facere, convenir à celui dontl’œuvre ne tombe pas sous les sens; mais comme,dans le langage usuel, on n’observe pas toujoursl’acception rigoureuse de chaque mot, on se sertindistinctement de facere et de agere, et l’on ditpar métaphore, d’un orateur qui parle : facitverba; et de celui qui applique son esprit à uneaction qui ne consiste pas proprement à faire :non est inficiens (il n’est pas oisif, il fait quel-que chose).
79.... Lucere (luire) vient de luere (délier,dissoudre), parce que la lumière {lux) dissoutles ténèbres. Lugere (porter le deuil), de lux,parce que le deuil a pour cause le regret de ceuxqui ont perdu la lumière. Acquirere (acquérir)est composé de la' préposition ad et de quœrere(chercher); et quœrere, de quœ res, parce quecelui qui cherche s’efforce de trouver quelquechose. Quœrere a produit quœstio (question) etquœstor ( questeur).
80. Video (voir) vient de vis (force), parceque la vue est le plus étendu des cinq sens. Eneffet, aucun des autres sens ne peut percevoirce qui est au delà de mille pas, tandis que lavue s’étend jusqu’aux étoiles. De videre on afait risere (visiter), vigilare (veiller), vigi-lium (veille), et invidere (envier). Cette éty-mologie d 'invidere est confirmée par le passagesuivant d’Attius : Celui qui regarde une chosequi ne doit pas être vue (invidendum) la violepar les yeux. Violare (violer) dérive égalementde videre. On emploie ce mot, de préférence àvitiare (souiller), pour désigner l’outrage fait àla pudeur d’une vierge, de même que cum mu-liere fuisse (avoir commerce avec une femme)
menliim, aliiid vas, sic item quæfiimt apml fabros, lic-tores, item alios apud. Qui quid administrât, quojus opusnon extat quod subsensum veniat, abagitatu ut dixi ma-gis agere, quam facere putatur; sed quod bis magis pro-miscue, quam diligenter consuetudo est usa, translaticiisulimui' verbis : nam et qui dicit , facere verba dicimus,et qui aliquid agit, non esse inficienlem.
79. qui adlucet. Dicitur lucere ab luere ; ab Ince
dissolvuntur lenebra?. Ab luce Noctiluca. Lugere item abluce, quod propler lucem amissam is cultus institutus.Acquirere est ab ad et quærere ; ipsum quœrere ab eoquod, qure res ut recipêretur, datur opéra ; a quærendoguœstio; ab bisque Quœstor.
80. Video a vi ; qninque cnim sensuum maximus inoculis : nam quom sensus nullus, quod absit mille passas,sentire possit; oculorum sensus vis usque pervenit adstellas. llinc visenda, vigilant, vigilium, incident etAttiauum illud :
Oculis violavitqui vidit invidendum :a quo etiam violavit virginem pro vitiavit dicebant;a 'que cadem modestia potius cum muliere fuisse quamconcubuissedicebant.—81. Cerno idem valet ; itaque provideo ait Ennius :
est une expression plus réservée que concubuisse(coucher avec une femme).— 8t. Cerno a lemême sens que video, témoin ce passage d’En-nius : Est-ce la lumière d’un astre que je vois[cerno] dans le ciel? et celui-ci de Cassius : Jevois (cerno) que les membres sont doués de sen-sibilité et de mouvement. Cerno vient de cereo,c’est-à-dire creo (créer), parce que ce qui est créétombe sous le sens de la vue. Discrimen désignela séparation faite par le peigne, et qui laisse voirchaque cheveu distinctement. Le mot cernito,e m-ployédans les testaments, contient implicitementcette injonction : facito ut vidf.ant te essehœredem( fais voir que tu es héritier.) C’est pour-quoi dans l’acceptation de la succession (in cre-tione) on est tenu d’avoir des témoins. Le poètefait dire à Médée: faim erais mieux risquertroisfois ma vie (cemere vitam) sur un champ debataille, que d’enfanter une seule fois. Dans cepassage, l’expression cemere vitam (combattre)s’explique par ce qui se passe dans un combat :lutte sanglante, où plusieurs voient la fin de leurvie. — 82. Speclare (regarder) vient de l’ancienmot specio, qui se trouve dans Ennius : aprèsque l’hôte vous eut regardé (spexit ). On le re-trouve aussi dans spectio, terme employé dansles auspices, où l’on distingue les augures quiont ce qu’on appelle spectio (inspection), et ceuxqui ne l’ont pas. Avem specere est encore au-jourd’hui un terme d’augure. L’usage a conservécet ancien mot dans les verbes composés aspicio,conspicio , respicio, suspicio , despicio, etc., aunombre desquels est exspecto (j'attends), c’est-à-dire spectare volo (je veux regarder). De làspécula (lieu élevé, d’où l’on voit ce qui se passeau loin) ; spéculum (miroir); speculator (éclai-
Lumen jubarne in cælo cerno ?
Canius :
Sensumque inesseet motum in membris cerno.
Dictum cerno a cereo, id est a orcando; dictum ab eoquod, quom quid creatum est, tune deniqne videtur.Hinc capilli descripti quod finis videtur, disevimen. El,quod in testamento, cernilo, id est facito videant te esseheredem : itaque in cretione adhibere jubent testes. Abeodem est quod ait Medea :
Ter sub armis maiim vilam cemere,
Quam semel modo parère ;
quod, ut decernuntdevita eo tempore, mulloium videa-tur vitæ finis.—82. Spectare dictum ab specio anliquo,quo etiam Ennius usus :
Vos epulo postquam spexit;
et quod in auspiciis distributum est, qui babent spectio-nem, qui non habeant ; et quod in augnriis etiam nuncaugures dicunt avem specere. Consuetudo communis,quæ cum præverbiis conjuncta fuerunt, etiam nunc ser-val ut aspicio, conspicio, respicio, suspicio, despicio,sic alia ; in quo etiam exspecto, quod spectare volo.Mine spécula ; bine spéculum, quod in eo specimus ima-