VARRON.
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ce qui explique, à l’égard du questeur, la né-cessité de convoquer l’assemblée des comices parcenturies. —94. C’est pourquoi il n’est pas dou-teux qu’il n’y ait ce qu’on appelle inlicium (in-vitation, convocation), lorsque le héraut va au-tour des murs pour inviter le peuple à comparaîtredevant le magistrat, qui doit ordonner aux Ro-mains de se rendre dans un lieu d’où la voixdu héraut puisse être entendue. Inlici (être at-tiré) et inlicis (tu attires), qu’on lit dans le chœurde Proserpine, ont donc la même origine, ainsique pellexit qui se trouve dans ce passage del’Hermione de Pacuvius : La possession d'untrône étranger Va séduit [pellexit). Il faut demême reconnaître dans elicere (tirer de, fairesortir) le surnom de Elicius, donné à Jupiter,qui a, sous cette invocation, un autel sur le montAventin. — 95. Contrairement aux usages an-ciens , un augure assiste le consul qui commandel’armée, et lui dicte ce qu’il doit dire. C’est à l’au-gure, et non à l’officier public dit accensus ouprceco, que le consul ordonne de convoquer l'ar-.mée. Cet usage est venu, je crois, de ce qu’iln’avait point de héraut auprès de lui, et que lechoix de la personne chargée de ce soin im-portait peu. Cet ordre était accompagné, pour laforme, de certaines pratiques, qui variaientsouvent. J’ai trouvé aussi, dans les actes de M.Junius, inlegium, inlexit, prisdans le même sensque inlicium, inlexit : ce qui ne doit pas étonner,à cause de la grande affinité de la lettre I avec lalettre E, et de la lettre C avec la lettre G.
96. Comme, dans ce livre, je me suis beau-coup étendu sur l’étymologie d’un petit nombrede mots, je vais procéder d’une manière toutecontraire, en me bornant à énumérer ceux qui
quod hic exercitni imperare potest quo eat : id quod prop-ter centuriata comitia imperare soient. — 94. Quare nonest dubium, quin hoc inlicium sit, quom circum murositur, ut popuius inliciatur ad magistratus conspectum,qui Quintes vocare potest in eum locum, unde vox adcontionem vocantis exaudiri possit. Quare una origineinlici et inlicis, quod in choro Proserpinæ est, ut pel-lexit quod in Hermiona, quom ait Pacuvius :
Regni alieni cupiditas pellexit.
Sic Elicii Jovis ara in Aventino ah eliciendo. — 95. Hocnuncaliter fit atque olim, quod augur consuli adest tumcum exercitus imperatur, ac præit quid eum dicere opor-teat. Consul auguri imperare solet, ut is inlicium vocet,non aecenso aut præconi ; id inccptum credo, cum nonadesset accensus, et uihil intererat quoi imperaret; et di-cis causa fiebant quædam, nequeitem facta, nequeitemdicta semper. Hoc ipsum inlegium inlexit scriptum in-veni in M. Junii commentariis, quod tamen ibi idem estquod inlicium inlexit; quod et Icum E et C cum Gmagnam liabent communitatem.
96. Sed qunniam in hoc de paucis rebus verba feci plu-ra; de pluribus rebus verba faciam pauca, et potissimumquæ aGraecalingua putant Latina, ut scnlpere a uxateOffai;
passent pour avoir une origine grecque. Tclssontscalpere (gratter, sculpter), de cxaXEÙcai; ster-nere (étendre à terre), de uTpwwuEiv ; lingere(lécher), de Xr/jjLccoOca ; i (va), de eT; ile (aller),de 'te; gignilur (engendrer), de yiyvExai ; ferte(portez), de tpépETE ; providere (prévoir), deirpoï-Seîv; errare (errer), de è^eïv; slrangulare(étrangler), de uTpaYYaXav; tinguere (tremper),deTÉ-ftsiv;.... malassare (pétrir, amollir), de p.*-XâaoEtv ; gargarissare (gargariser), de <xv«YapY*-p^EaOai; putare (penser), de miOsGOai; domare(dompter), de SapaÇEiv; mulgere (traire), deàpÉXYEtv; pectere (peigner), de rai-Bt; stringere(serrer étroitement), de aTpayyaXliTcu, qui vientde cTpayyuXîç, de même que runcinore (raboter)vient de runcina (rabot), qui a pour racine lemot grec ^uxavr,.
97. Je crois avoir suffisamment approfondiles origines des mots qui font l’objet de ce livre;je m’arrêterai donc : et puisque je me proposede vous adresser trois livres sur cette matière,savoir, deux livres sur les mots du langage pro-saïque, et un livre sur les mots du langage poé-tique; et que de ces trois livres vous en avezdéjà reçu deux, le premier sur les noms des lieuxet des choses qui sont dans les lieux, et le se-cond sur les noms des temps et des choses quise font dans le temps, je traiterai dans le pro-chain livre des origines des mots poétiques.
LIVRE SEPTIÈME.
i.La forme primitive disparaît; de sorte
que, en perdant une ou plusieurs des lettres quile composaient, un mot devient méconnaissa-
sternere a <tt(5uvvjeiv ; lingere a XixpàaSai ; i ab ei ; ileab he; gignilur a ylyvErai; perte a çépETE ; providereitpoïSEîv ; errare ab èp^EÏv ; ab eo quod dicunt aTÇ>ayya\i.vslrangulare; tinguere a te'yyeiv. Prælerea ades... Ab eoquod illi gixlanan'i , nos malaxare , ut gargarissare abàvaYopYapiÇEffôai ; putare a itu0é<j0ai ; domare a SapôÇetv;mulgere ab afiE^'v ; pectere a TCE'Çat ; stringere a aiguy-yaliaca, id enim a oTpaYYaM?, ut runcinare a runcina,cujus éuxdvr) origo Græca.
97. Quod ad origines verborum hujus libri pertinet,salis militas arbitror positas hujus generis. Désistant, etquoniam de hisce rebus tris libros ad te mittere institui,de oralione soluta duo, de poetica unum ; et ex soluta ora-tione ad te misi duo, priorem de locis et quæ in locissunt.bunc de temporibus et quæ cum his suntconjuncla :deinceps in proxumo de poeticis verborum originibusscribere institui. >
LIBER SEPTIMUS.
1.repens ruina opernit, ut si verbum quod
conditum este quibus literis oporlet, inde postquam ali-nua derapta sit, obscurior fiat voluntas impositoris. Non