Buch 
Macrobe (oeuvres completes), Varron (de la langue latine), Pomponius Mela (oeuvres completes) : avec la traduction en français / publiées sous la direction de M. Nisard
Entstehung
Seite
525
JPEG-Download
 

DE LA LANGUE LATINE.

525

Lie, et ne permet plus de retrouver, sous sesruines, les traces de son origine. 11 ne fautdonc pas blâmer ceux qui, pour éclaircir la si-gnification cachée d’un mot, y ajoutent ou enretranchent des lettres, de même que, pour ai-der les yeux à voir plus distinctement les petitsouvrages de Myrmécide, on les entoure exté-rieurement de soies noires. — 2. Cependant, mal-gré les efforts des grammairiens pour réparer ceque le temps a détruit, les mots d’une origineobscure ne laissent pas d’ètre très-nombreux.Si les poètes, qui ont conservé beaucoup de motsanciens, en avaient en même temps expliqué lasignifîea.ion primitive, la lecture de leurs ou-vrages serait infiniment plus utile ; mais, en verscomme en prose, il u’est pas possible de rendreraison de tous les mots ; et même en lisant beau-coup, si la lecture n’est pas accompagnée d’uneprofonde étude de la grammaire, on ne doit pasespérer de faire de grandes découvertes. Un desplus savants grammairiens latins, Æiius, a es-sayé d’interpréter les Saliens; mais combiencette interprétation est superficielle ! que de motsanciens dont l’origine lui est restée cachéel — 3.Cela n’a rien d’étonnant, puisque non-seulementÉpiménide, après avoir dormi pendant cinquanteans, ne fut reconnu, à son réveil, que par unpetit nombre de personnes, mais encore Teucer(dans la tragédie de Livius) ne fut reconnu, aprèsquinze ans, par aucun des siens. Or, qu’est-cequ’un espace de quinze ans et même de cinquanteans, comparé à l’âge des mots poétiques? Enadmettant même que les chants des Saliens neremontent pas au delà du règne de Numa, nousne comptons pas moins de sept cents ans. Com-ment oseriez-vous reprocher à un écrivain de nepas connaître le quadrisaïeul ou le père du qua-drisaïeul d’un homme célèbre, puisque vous-

reprebendendum igilur in illis, qui in scrnlando verbo li-leras adjiciuut aut démuni , quo id facilius, quod sub eavoce subsit, viderc possint. Ut enim facilius obscuramoperam Mvrinccidis ex ebore oeuli videant, extrinsecusadmovent nigras scias. — 2. Quom bæc adminicula addasad eruendam voluntalem impositoris, tamen talent multa.Quodsi poetice, quie in rarminibus servavit multa, priscaquæ essenl, sic etiam quor essent posuisset : fecundiuspoemaia ferrent fruclum. Sed ut in soluta oralione, sic inpoematis verba non omnia, quæ habeant ëtvpa, possuntdici. Neque mulla ab eo eruentur, quem non ernnt in lu-cubratione literæ prose 1 utæ, niultum licet legerit. Æliihominis in primo in literis Lalinis exercitati intcrprelalio-nem carminumSaliorum videbis el exili lilera expedifam,et prælerita obscura niulia. — 3. Nec miruiri, quoin nonmodo Epimenides postannosU. experrectus a multisnoncognoscatiir, sed etiam Teucer Livii post annos XV absuis qui sit ignorelnr. At boc quid ad verborum poetico-mm adatem? quorum si Pompili regnuin fous in carmi-nibus Saliorum , neque ea ab superioribus accepta, tamenbabent ucc annos. Quare quor scriploris industiiam re-

même vous ne sauriez nommer la mere de votreaïeul ou du père de votre quadrisaïeul? Or cetteépoque, où ne peut atteindre votre mémoire,touche à peine à la moitié du temps qui nous sé-pare de l’époque où furent composés les chantsSaliens et les premiers essais de la poésie ro-maine.— 4. Il faut donc, dans le jugementqu’on porte des étymologistes, voir plutôt cequ’ils ont fait que ce qu’ils n’ont pas fait, leur sa-voir gré de ce qu’ils ont découvert, sans leurfaire un reproche de ce qu’ils n’ont pu décou-vrir, puisqu’ils sont les premiers à déclarerqu’il n’est pas possible de rendre raison de tousles mots, dont, en effet, l’étymologie n’est pastoujours aussi claire que celle de medicina (mé-decine). Quoique je ne voie pas les racines du poi-rier, je puis dire néanmoins que la poire vientde la branche; la branche, de l’arbre; l’arbre ,des racines. Ainsi l’étymologiste qui, sans savoird’où vient equus (cheval), enseigne que equita-tus (équitation, cavalerie) vient de équités (ca-valiers); équités, de eques (cavalier); eques,d eequus, ne laisse pas d’avoir fait beaucoup pourla science, et de mériter qu’on lui sache gré deson travail. J’essayerai donc de marcher sur sestraces.

5. Je rechercherai, dans ce iivre, les originesdes mots poétiques, en traitant 1° de ceux quidésignent les lieux; 2° de ceux qui désignent leschoses qui sont dans les lieux ; 3° de ceux qui dé-signent les temps; 4° de ceux qui désignent leschoses qui se font dans le temps. Je m’occuperaiaussi quelquefois, par digression, des mots quel’analogie et l’affinité me feront rencontrer surmon chemin, en observant toutefois i’ordre dis-tinct de ma quadruple division.

6. Je prends pour début le vers suivant : Unuserit, etc. : Il sera le seul que tu transporte-

prebendas qui lierois tritavum, atavum lion potueritreperire, quom ipse avi, tritavi matremnon possis dicere?quod intervallum mullo lanto propius nos, quam bine adinitiuin Saliorum, quo Romanorum prima verba poelica

dicunt prolala_4. Igitur de originibus verborum qui

multa dixerit commode, potius boni consulendum, quamqui aliquid nequiverit, reprebendendum; præserfim cumdicat etjmologice non omnium verbo'um dici posse cau-sam, ut a qua re res ad medendum medicina. Neque sinon norim radicesarboris, non possem dicere pirum esseex ramo, ramum ex arbore, eam ex radicihus quas nonvideo : quare qui ostendit equitatum esse ab equilibus,équités ab équité, equilem ab equo, neque equos undesit dicit, tainen hic docet et plura et satisfacit grato, quemimitari possimusne, ipse liber erit indicio.

5. Dicam in hoc iibro de verbis quæ a poetis suntposila; priimim.de locis; dein de bis quæ in locis sunt;tertio de temporibus ; (uni quæ cum temporibus sunt con-jimcta/sed ita ut quæ cura bis sint conjuncta, adjungam,et, si quid excidit ex bac quadripartitione, tamen in eaut comprebendam.