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Macrobe (oeuvres completes), Varron (de la langue latine), Pomponius Mela (oeuvres completes) : avec la traduction en français / publiées sous la direction de M. Nisard
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VARRON.

ras dans les temples azurés du ciel (templa).Templum se prend dans trois acceptions diffé-rentes, soit par rapport à la nature ou au ciel,soit par rapport aux auspices ou à la terre, soitpar rapport aux enfers et par analogie. Dans l’or-dre céleste, le mot templum a le sens que luidonne ce vers A’Hécube : Vastes temples desdieux y dont la voûte est ornée d'étoiles étince-lantes. Dans l’ordre terrestre, il a celui qu’indi-'que le passage suivant de Péribée : Il approcheîles âpres rochers, temple de Bacchus. Enfin,par analogie, il désigne le monde‘souterrain,comme dans ce vers d ' Andromaque : Salut,temples achérusicns , profondes demeures dePlutonf — 7. Templum dérive de tueri (voir,regarder), et désigne proprement tout l’espaceque peut embrasser la vue. C’est pourquoi le ciela été appelé temple. De là ce vers : Le vastetemple de Jupiter Tonnant a tremblé. On peutle définir, avec JNævius : Un hémisphère azurc.On distingue quatre parties du ciel : la gaucheou orientale-, la droite ou occidentale; Vanté-rieure ou méridionale; la postérieure ou sep-tentrionale. — 8. Le temple terrestre est l’es-pace désigné, par certaines paroles sacramentel-les, pour l'observation du vol des oiseaux. Cesparoles ne sont pas les mêmes en tout temps eten tout lieu. Dans la citadelle, l’augure dit :Templa tescaque, etc. — 9. Le temple, commeon le voit, était un espace limité par des arbres,et dans lequel l’observation augurale était cir-

6. Incipiam liinc :

(Jnus erit quem tu toiles in cærula cæli

Templa.

Templum tribus modis dicitur ab natura, ab auspicien-do, ab similitudine. Natura in cælo, ab auspiciis in terra;ab similitudine sub terra. lu cælo templum dicitur, ut inHecuba:

O magna templa cælitumCommixta stellis splendidis.

In terra, ut in Peribœa :

Scrupea saxa BaccbiTempla prope adgreditur.

Sud terra, ut in Andromaclia :

Acherusia templa alta Orci salvete inféra.

7. Quaqua intuitus erai oculi.a tuendo primum tem-plum diclum. Quocirca cælum,qua attuimur, dictumtemplum. Sic :

Conlremuit temolum magnum Jovis altitonanlls,id est, ut ait Nævius :

Uemisphærium ubi concavo

Cœrulo sentuin stat.

lijus lemplipartes quattuoi dicuntur, sinistra ab oriente,dextra «boccaso, onlica ad meridiem, postica ad sep-tentriouem. —8. In terris dictum templum locus auguriiaut auspicii causa quibusdam conceptis verbis jinitus.Concinitur verbis non isdem usquequaque. In Arcesic :

« Templa tescaque me ita sunlo quoad ego caste lingua« nuncupavero.

conscrite. De là templum (temple) et contem-plare (contempler), qui ont pour racine tueri(regarder), et qui se lisent dans ce vers de laMédée d’Ennius : Contempla et templum, etc.Contempla et conspicare doivent donc être re-gardés comme synonymes. C’est pourquoi l’au-gure employait ces mots dans la consécration dutemple appelé conspicio, laquelle consistait à dé-terminer l’espace où le regard ( oculorum cons-pectus) était circonscrit. Cortumio, composé decor (cœur) et de tueri (regarder), indique cette vuede l’âme, qui aide à celle des yeux [conspicio).

— 10. Tesca, qui suit le mot templa, suivant lesinterprètes des mots peu usités, a le sens de sancta(saint) ; mais cette interprétation est fausse; carla curie Hostilienne est un temple, et n’est passainte. Ce qui leur a fait penser qu’un temple esttoujours saint, c’est que dans Rome la plupartdes édifices religieux sont à la fois des templeset des lieux saints, et que certains lieux agrestes,consacrés à quelque divinité, sont appelés tesca.

— U. On lit en effet, dans le Philoctète d’Ac-cius : Qui es-tu, toi qui es venu dans ces lieuxdéserts et sauvages ( tesca )? Accius définit ce motdans les vers suivants : Tu vois les rivages so-litaires de Lemnos, et les sanctuaires témoinsdes antiques mystères des Cabires .— Tu vois,au pied de ces collines, le temple de Vulcain,qui fut, dit-on, précipité du ciel dans cette île.

— Là est la forêt fumante, d'où le feu a étédérobé pour être communiqué aux mortels.

« Olla veter arbos, qnirquir est, quam me senlio dixisse,« templum tescumque finito in sinistrmn.

« Olla veter arbos, quirquir est, quam me sentio« dixisse, templum tescumque finito in dextrum.

« Inter eaconregione, conspicione, cortumione, utque« ea rectissime sensi.

9. In hoc templo faciundo arbores constitui fines appa-ret, et intra eas regiones, qua oculi conspiciant, id esttueamur, a quo templum dictum et c ontemplare, utapud Ennium in Medea :

Contempla et templum Cereris ad lævam aspice;contempla et conspicare idem esse appaiet; ideo dicere,tuin cum templum facit, augurent : conspicione, quaoculorum conspeclum finial. Quod, cum dicunt conspi-cionem, addunt cortumionem , dicitur a cordis visu ; corenimeortumiouisorigo. — 10. Quod addit templa ni sinttesca, aiunt sancta esse, qui Glussas scripserunl. Id estfalsum ; nam curia lioslilia templum est et sauclum nonest. Sed hoc ut putareut, ædem sacram templum esse,factum quod in urbe Roma pleræque ædes sacra; sunttempla, eadera sancta; et quod loca quædam agrestia,quod aliquojus dei sunt, dicuntur tesca. — 11- Nam apudAccium in Philoctela Lemnio :

Quis tu es morlalis, qui iu deserta et tesca leapportes loca?

Ea enim loca quæ sint, désignât quom dicit :

Lemnia priestoU II ma rara, et celsa CabirumDelubra lenes mysteriaquePristina castis concepta sacris;