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VARRON.
Au reste, ils désignent tous les deux une maximevulgaire, comme : Je liens le loup parles oreil-les. — Les chiens ne se mangent pas entre euxAdagio est une altération d ’abagio , mot dérivéd ’ambire (entourer), parce qu'un proverbe esttoujours accessoire ,et cité à l’appui dece qu’on dit.Adagio a, dans sa composition, quelque res-semblance avec adustum (cuit autour), et meremet en mémoire la victime appelée ambiegnapar les augures, qui était une génisse, autourde laquelle on immolait des agneaux. — 32.Il y a trois parties qu’il faut étudier simultané-ment dans l’origine des mots : 1° la chose d’oùle mot est tiré; 2° la chose qucce mot sert à dési-gner; 3° et enfin le mot lui-même. Or, il arrivesouvent qu’on est aussi embarrassé sur le troi-sième point que sur le premier. Par exemple,a-t-on dit originairement canis ou canes ? carnous voyons que les anciens disaient canes ausingulier, pour désigner un chien : témoin cepassage d’Ennius : Tanlidem quasi fêta canes,etc. ; et cet autre de Lucilius ; nequain.... immu-nis canes ut. On a dû dire originairement canisau singulier, et canes au pluriel; mais Euniusquiaditcaraesausingulier, eteelui quiditaujour-d’hui : canis caninam non est, proverbe quej’ai cité plus haut, sont irrépréhensibles, et absouspar l’usage. Canis dérive de cancre , parce queles chiens commedes trompettes [ut signacanunt)donnent le signal par leurs aboiements. I.atra-tus (aboiement), de lalere , parce qu’ils avertis-sent pendant la nuit de ce qui est caché dans lesténèbres. — 33. De même qu’on voit quelque-fois canes au singulier, on rencontre aussi trabes
au lieu de trabs ( poutre, et, au figuré, navire,arbre), comme dans ce vers ; trabes remis, etc.;et dans ce passage d’Ennius : utinam ne in ne-more.... ad terrain trabes.
34. On lit dans le Médius : Cœlilum camilla,etc. Camilla , suivant les glossateurs ( interprètesdes mots peu usités), a le sens de administra(intendante). Éclaircissons, en passant, d’au-tres mots analogues, qui ont quelque obscurité.On appelle camillus celui qui, dans les noces,porte la corbeille de la mariée, dont la plupartdes autres serviteurs ignorent le contenu. De làle nom de Casmilus, donné dans la Samothraceà un ministre particulier des mystères des grandsdieux. Je crois que ce mot est d’origine grecque,pour l’avoir rencontré dans les poèmes de Cal-limaque.
35. On lit dans Ennius : subulo quondam,etc. Subulo, nom des joueurs de tlûte chez lesTusques, dont il faut par conséquent chercherla racine dans l’Etrurie, et non dans le Latium.
36. Versibus quos.. Fauni vatesque, etc.Fauni, dieux des Latins, qui sont Faums etFauna. Suivant la tradition, ils habitaient les bois,et prédisaient l’avenirdans des vers qu’on appellesaturniens; ce qui les a fait appeler Faunes , defari (dire), fat es, nom donné anciennementaux poètes, dérive de versus (vers) et de vicre(lier), comme je le démontrerai en parlant despoètes.
37. Cor-pore Tartari.no, etc. Tartarino (in-fernal , horrible), de Tartarus (Tartare), un desquatre fleuves des enfers, dont Platon fait men-tion. Ce nom est par conséquent d’origine grge-
Auribus lupum teneo.
Canis caninam non est.
Adagio est litera commutata abagio, dicta ab eo quodambitoratinnem, neque in aliqua una re consistil sola.Adagio dicta ut adustum, quod circum ustum est, ut am-biegna bos apud augures, quam circum aliæ hostiæ con-stituuntur. — 32. Quom triasint conjuncta, in origine ver-boruni qua; sint animadvertenda, a quo sit imposilum etin quo et quid ; sæpe non minus de tertio quam de primodubitatur, ut in hoc, utrum primum una canis, aut canessit appellala ; dicta cnim apud veteres una canes. IlaqueEnnius scribit :
Tantidem quasi fêta canes sine dentibus latrat.
Lucilius :
Nequam et magnus homo, laniorum immauis canes ut.Impositio unius debuit esse canis, plurium canes; sedneque Ennius consuetudinem illam sequens reprebenden-dus, nec is qui nunc dicit : Canis caninam non est. Sedcanes, quod latratu signum dant, ut signa canunt, canesippellahs; et quod ea voce indicant noctu, qnæ latent,
latratus appeliatus._33. Sic dictum a quibusdam, ut
una canes, una trabes :
, . . trabes remis rostrala per nltum.
Ennius :
Utinam ne in nemore Pelio securihns
Cæsa accidisset abiegna ad terram trabes;quojus verbi singularis casus rectus correptus ac factatrabs.
34. In Medio :
Cælitum camilla, exspectata advenis, salve hospita;camillam, qui glossemata interpretati, dixerunt admini-stram; addi oportet, in bis quæ occultiora; itaque diciturnupliis camillus, qui cumcrum fert, in quo quid sit, inministerio plerique extrinseens nesciunt. Hinc Casmilusnominatur Samothrece mysteriis dius quidam administerdiis magnis. Verbum esse Grsecum arbitror, quod apudCallimacbum in poemalis ejus inveni.
35 Apud Ennium :
Subulo quondam marinas propler astabat piagas;subulo dictus, quod ita dicunt tibicincs Tusci; quocircaradices ejus in Etruria, non Latio quærundæ.
30. Versibus quosolim Fauni vatesque canebant.
Fauni dei Latinorum, ita ut Faunus et Fauna sit; bosversibus, quos vocant Satnrnios, in silvestrilius lotis tra-dition est solitos fari futura , a quo fando l'aunos dictos.Antiquos poetas vates appellabant a versibus viendis, utde poematis cum scribam, ostendam.
37. Corpore Tartarino prognata Paluda virago.
Tartarino dictum a Tartaro. Plato in quattuor fluminibu*