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DE LA LANGUE LATINE. LTV. VIII.
premiers points, parce que j’aurai à y reveniren traitant de l’abondance des mots, et aussiparce que le troisième m’arrêtera longtemps parses détails et son importance.
3. La déclinaison est une loi nécessaire etutile, non-seulement de la langue latine , maisde toutes les langues : autrement, le nombredes mots excéderait l’étendue de la mémoire ;car les modifications des mots déclinés sont in-finies ; et lors même qu’on parviendrait à retenircette multitude de mots que supplée la décli-naison , on serait dans l’impossibilité de recon-naître leur parenté. Mais, au moyen de ladéclinaison, on distingue à la fois l’identité etla différence. Ainsi, dans legi (j’ai lu) et lego(je lis), je vois à la fois qu’il est question d’unemême chose, et que cette même chose n’a pas étéfaite dans le même temps. Mais si l’on se servaitdedeux mots tout à fait différents, àePriamus,par exemple, dans le premier cas, et de Hecubadans le second, on ne verrait pas le rapportde ces deux mots, comme dans legi et lego,dans Priamus et Priamo. — 4.11 y a donc entreles mots, comme entre les hommes, des liens dedescendance et de parenté nominale. En effet, demême que Æmilius, en tant qu’homme, a donnénaissance à la famille des Æmilius ; ainsi le nomÆmilius a donné naissance à Æmilii, Æmi-lium, Æmilio, Æmiliorum, etc. —5. Les motssont donc, en général, primitifs et déclinés( impositi et declinati ). La nature a voulu que lesmots primitifs fussent en très-petit nombre, afinqu’on pût les apprendre très-vite ; et que les motsdéclinés fussent en très-grand nombre, afinqu’on pût exprimer très-facilement toutes les
nuances de la pensée. — G. Pour connaître l’o-rigine des mots primitifs, nous avons besoin del’histoire, parce que cette connaissance ne peutnous arriver que par la tradition ; mais, à l’é-gard des mots déclinés, c’est l’art qui doit nousservir de guide, et cet art repose sur un petitnombre de préceptes, qui sont très-simples. Eneffet, les règles de la déclinaison d’un seul motpeuvent nous servir à décliner, par analogie,une infinité d’autres mots. C’est pourquoi, lors-que de nouveaux mots s’introduisent dans lalangue, tout le monde les décline aussitût sansdifficulté. Ne voit-on pas, dans les maisons dontle domestique est fort nombreux, les esclavesnouvellement achetés faire passer par tous les casobliques les noms de leurs compagnons, aussitûtqu’ils connaissent le cas direct?— 7. Quesi quel-quefois cette déclinaison est défectueuse, cela nedoit pas étonner, parce que ceux qui, au com-mencement, ont imposé les noms aux choses,ont bien pu pécher dans la formation de certainsmots. Sans doute ils ont voulu faire en sorte quele nom de chaque chose pût passer, par une dé-clinaison facile, du nombre singulier au nombrepluriel , comme homo, homines, et que le nomd’un homme libre pût également passer, paranalogie, du genre masculin au genre féminin,comme Terentius, Terentia; et ainsi pour lesdifférents cas du même mot, soit au singulier,soit au pluriel : mais ils n’ont pas toujours pu cequ’ils voulaient, et scopa (balai), parexemple,désigne une seule chose ;aquila (aigle) désigneà la fois le mâle et la femelle; vis ( violence) ale nominatif et le génitif semblables. — 8. Il neme serait pas difficile de prouver que, dans la
prima duabus causis percurram breviter : quod et tumcum de copia verborum scribam, erit relractandum ; etquod et, de tribus tertium quod est, habet suas permul-tas ac magnas partes.
3. Declinatio inducta in sermones non solum Latinos,sed omnium hominum, utili etnecessaria de causa : nisienim ita esset factum, neque discere tantum numerumverborum poSsemus; inlinitæ enim sunt naturæ, in quasea declinantur : neque quæ didicissemus, ex bis, quæ in-ter se rerum cognatio esset, appareret. At nunc ideo vi-demus, quod simile est, quod propagatum. Legi ubi de-clinatum est a lego, duo simul apparent, quodammodoeadem dici et non eodem tempore factum : at si verbigratia alterum horum diceretur Priamus, alterum He-cuba; nullam unitatem adsignificaret, quæ apparet in legoetfeji, et in Priamus et Priamo — 4. Ut in hominibusquædam sunt agnationes ac gentilitates, sicinverbis : utenim ab Æmilio bomines orti Æmilii, ac gentiles; sic abÆmilii nomine declinatæ voces in gentilitate nominali ;ab eo enim, quod est impositum recto casu Æmilius, orta■Æmilii, Æmilium, Æmilios, Æmiliorum; et sic ro-liqua, ejusdem quæ sunt stirpis. — 5. Duo igitur omninoverborum principia, impositio et declinatio; alterilm utIons, alterum ut rivus. Impositilia nomina esse volueriint
quam paucissima, quo cilius ediscere possent : declinataquam plurima, quo facilius omnes, quibus ad usum opusessent, dicerent. — 6. Ad illud genus quod prius, historiaopus est ; nisi descendendo enim, aliter id non pervenit adnos : ad reliquom genus quod posterius, ars ; ad quam opusest paucis præceptis, quæ sunt brévia. Qua enim ralionein uno vocabulo declinare didiceris, in infinito numéro no-milium uti possis : itaque novis nominibus allatis in con-suetudinem, sine dubitatione eorum declinatus statim mu-nis dicit populus ; eliam novicii servi empti in magna fami-lia cito omnium conservorum nominis recto casu acceptain reliquos obliquos déclinant. — 7. Qui si nonnunquamoffendunt, non est mirum : elenim illi qui primi nominaimposuerunt rebus, forlasse an in quibusdam sint lapsi;voluisse enim putant singularis res notare, ut ex his inmultitudinem declinaretur, ab komine homines; sic ma-res liberos voluisse notari, ut ex his feminæ declinaren-tur, ut est ab Terenlio Terentia; sic in recto casu quasimponerent voces, ut illinc essent futuræ quæ declina-rentur : sed liæc in omnibus tenere nequisse, quod et unædicuntur scopœ, et mas et femina aquila, et recto etobliquo vocabulo vis. — 8. Quor hæc non tam sint inculpa,quam putant, pleraque solvere non difficile, sed nunc nonnecesse ; non enim quid potuerint adsequi, sed quid vo-