VARRON.
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plupart des mots de cette espèce, il n'y a pasen autant de leur faute qu’on le pense : maiscela n’est pas nécessaire ici; car ce qui importea mon dessein, c’est de constater ce qu’ils ontvoulu faire, et nonce qu’il ne leur a pas été donnéde faire; d’autant qu’il est aussi facile, parexemple, de tirer scopa de scopœ , qu’il l’eûtété de tirer scopœ de scopa, si scopa était lemot primitif.
9. J’ai exposé la raison de la déclinaison desmots, qui était, comme je l’ai dit au commen-cement de ce livre, un des trois points que jeme suis proposé d'étudier. Je vais maintenantpasser en revue, mais sommairement et d’unemanière générale, les différentes formes de dé-clinaisons, dont les mots sont susceptibles. Il ya deux genres de mots : des mots féconds, dontla déclinaison engendre une multitude de formesdiverses, comme lego (je lis), le.gis (tu lis), le-gam (je lirai), etc. ; des mots stériles, qui ne sontsusceptibles d’aucune modification, comme etiam(aussi), «fa; (à peine), cras (demain), magis (plus),quor (pourquoi), — 1 o. On conçoit, en effet, queles mots servant à désigner des idées invaria-bles devaient être également invariables, demême que, dans une maison où il n’y a qu’unseul esclave, cet esclave n’a besoin que d’unnom ; tandis que, dans une maison où il y en aplusieurs, chaque esclave a besoin de plusieursnoms, pourqu’on puisse le distinguer de ses com-pagnons. Ainsi les mots et les noms qui exprimentdes idées variables doivent nécessairement subirdes modifications correspondantes à ces idées ;tandis que les mots qui ne servent qu’à unirles mots entre eux, sont ordinairement invariableset ressemblent à une courroie, qui peut égale-ment servir à attacher un homme, un cheval,
etc. Quand nous disons, par exemple : sosts leconsulat de Tullius et d’Antonius, nous sen-tons que la conjonction et peut unir non-seule-ment les noms de deux consuls quelconques,mais encore tous les noms et tous les mots sansexception.
l î. Il y a deux espèces de mots déclinables,si, à l’exemple de Dion, nous distinguons troissortes de mots : l u ceux qui ont des cas ; 2° ceuxqui ont des temps; 3° ceux qui n’ont ni cas nitemps. Aristote distingue deux parties d’oraison,les vocables et les verbes : les vocables, comme :un homme, un cheval; les verbes, comme : illit, il court. — 1 2. De ces deux espèces de mots,les uns sont principaux, et les autres secondai-res : principaux, comme : un homme, il écrit;secondaires, comme savant, savamment. Ondit, en effet : un homme savant, il écrit savam-ment. Viennent ensuite le lieu et le temps, puis-qu’on ne peut exister ou faire quelque chose quedans un lieu et dans un temps. Remarquons tou-tefois que l’idée de lieu se rattache plus particu-lièrement à l’idée d'être, et l’idée de temps à celled’action. — 13. Le nom précède doue tous lesautres mots; après lui vient le verbe. Nous nousconformerons à cet ordre naturel, et nous com-mencerons par la déclinaison des noms.
14. Les déclinaisons des noms sont intrinsè-ques, comme Terentius, Terenti, ou extrinsè-ques, commeeçwKs (cheval), equiso (écuyer). Lesuns désignent les mêmes choses; les autres, deschoses différentes. Les déclinaisons intrinsèquessont relatives ou à la chose dont on parle ou à lapersonne qui parle. Dans le premier cas, elles dé-rivent de la chose entière ou d’une partie de lachose : de la chose entière, comme homunculus(petit homme), de homo (homme) ; capitulum
luerint, ad hoc quod propc situm, vefert, quod niliilo mi-nus declinari potest ab eo quod imposuerunt scopa;, scopa,quam si imposuissent scopa, ab eo scopa; ; sic alia.
9. Causa, inquam, quor ab impositis nominibus dccli-narint.ea est quam osteudi. Sequilur, in qua; voluerintdeclinari aut uolueriut, ut generatim ac summatim, itemin foi mis. Duo cnim généra verborura ; unum fecundum,quod declinando multas ex se parit disparilis formas, utest lego, legis, legam, sic alia : alterum genus stérile,quod ex se paritoiiiii, ut est etiam, via;, cras, magis,
quor _10. Quarum rerum usus erat simplex, simplexibi
eliam vocabuli decliriatus, ut in qua domo unus servus,uno servili opust nomine; in qua mulli, pluribus. Igituret in bis rebus, quæ verba sunt et nomina, quod discri-mina vocis plura, propagines plures; et iu bis rebus, quæcopulæ suntac jiinguol verba, quod non opus fuit decli-nari in plura, lere singula sunt ; uno cnim loro alligarepossis vel hominem vel equom vel aliud quod, quicquidest quod cum allero polesl aliigari. Sic quod dicimus ifl lo-queudo, consul fuit Tullius et Antonius : eodem ilto etomnis binos cousules colligare possurr.us, vel dicam am-plius, omiiianomina, atque ideo etiamomnia verba- cura
fulmentum ex una svllaba, illud et, maneat unum. Quareduce natura, inslitutum est, ut quæ imposita essent vo-cabula rebus, ne ab omnibus bis declinatus putarenl.
11. Quorum generum declinaliones oriuniur, partesorationis sunt duæ, sf, item ut Dion, in tris diviserimuspartes res, quæ verbissignificantur : unam, qnæ adsigni-ficat cassus ; alteram, quæ tempora ; tertiam, quæ neu-trum. De bis Aristoteles orationis dnas partes esse dicit,vocabula et verba, ut homo et cquos, et legit et currit. —12. Utriusque generis et vocabuli et verbi quædam priora ,quædam posteriora ; priora, ut homo, scribit ; posteriora,uldoctus et docte; diciturenim homo doclus, et scribitdocte. Hæc sequitur et iocus et tempus, quod nequehomo, nec scribit potest sine loco et tempore esse : ilaut magis sit locus bomini conjunclus, tempus scriplioni.— 13. Quom de bis nomen sit primum (prius enim nomenest, quam verbum temporale; et reliqua posterais, quamnomen et verbum : prima igitur nomina) : quare deeorumdeclinatione, quam de verboruin, ante dicam.
14. Nomina declinaDtur aut in earum rerum discrimina,quarum nomina sunt,-ut a Terentius, Terenti: aut ineas res extrinsecus, quarum ea nomina non sunt, ut ab