DE LA LANGUE LATINE, LIV. VIII.
(petite tête), de caput (tête) ; homines (hommes),de Ao»to,et,en sens inverse, cervix (cou), qu'ontrouve dans les poèmes d’Hortensius, de cervi-ces, dont le singulier n’est pas en usage — 15.Ou d’une partie de la chose, soit du corps,comme mammosœ (qui a de grosses mamelles),de mamma (mamelle); manubria (un manche),de manus (main); soit de l'âme, comme pru-dens (prudent,savant), de prudentia (prudence,science) ; ingeniosi (spirituels), de ingenium (es-prit). Ces mots ne désignent que des sentimentscalmes; mais, pour en exprimer déplus vifs,l'âme a donné naissance à strenui (actifs, cou-rageux), par exemple, d e slrenuitas (activité,courage) ; à nobiles (nobles), de nobilitas (no-blesse). Ainsi de pugnare (lutter) on a fait pu-giles (lutteurs); de currere (courir), cursores(coureurs). De même que les déclinaisons se ti-rent tantôt de l'âme, tantôt du corps, elles setirent aussi de choses extérieures, comme pe-cuniosi (riches en argent), agrarii (riches enterres).
16. Les déclinaisons relatives à la personnequi parle ont pour fin de lui donner le moyen dedéterminer, en parlant d’une antre, ce qu’onappelle le nominatif, le datif, l’accusatif, et lesautres modifications de noms qui ont passé dela langue grecque dans la nôtre. On s’accorde àen reconnaître cinq : le nominatif, Hercules;l’ablatif, Hercule-, l’accusatif, Herculem; ledatif, Herculi; le génitif, Herculis. — 17. Al’égard des adjectifs, comme les qualités qu’ilsdésignent peuvent être plus ou moins prononcéesdans le sujet auquel ils se rapportent, on acréé une autre espèce de déclinaison, commecandidum (blanc), candidius (plus blanc), can-
didissimum (très-blanc) ; et ainsi des autres ad-jectifs.
18. Les déclinaisons extrinsèques sont, parexemple, equile (écurie), de equus (cheval);ovile (bergerie), de ovis (brebis), etc. : au con-traire de celles dont j’ai parlé plus haut, et quiconsistent à changer pecunia en pecuniosus,urbs (ville) en urbanus (urbain), ater (noir) enatratus (noirci). Au nombre des déclinaisonsextrinsèques i! faut ranger aussi celles qui d’unnom d'homme font un nom de lieu, et récipro-quement, comme: Roma, de Romulus, et Ro-■manus, de Roma. — 19. Les déclinaisons quiont pour principe une chose extérieure sont as-sez variées. Ainsi, autre est la déclinaison d’unnom de famille, comme Lalonius (fils de Latone),Priamidœ (fils de Priam) ; autre est la déclinai-son qui apour principe une action, comme prœda(proie), de prœdari (voler, piller); meress (ré-compense) , de mereri (mériter), etc. Je pourraisciter d’autres exemples de cette espèce ce décli-naison ; mais comme il est facile de s en rendreraison, et que d’ailleurs il me reste beaucoup àdire, je passe à un autre point.
20 . La distinction du temps en passé, présentet futur, a donné naissance à une triple décli-naison du verbe : salulo (je salue), salutabam(j’ai salué), saluiabo (jesaluerai). De même ladistinction de la personne qui parle, de celle àqui l’on parle, et de celle de qui l’on parle, aégalement donné naissance à une déclinaisoncorrespondante. Je parlerai de ces deux sortes dedéclinaisons en traitant de l’abondance des mots.
2 1 . Des trois points que je m’étais proposé deconsidérer, j’en ai traité deux, savoir : la raisonet la forme des déclinaisons. Il me reste à parler
equo equiso. In sua discrimina declinantur aut propleripsius rei naturam, de quo dicitur, ant propler illius, quidicit. Propter ipsius rei discrimina aut ab tolo,aut aparte. Ab toto, ut ab homme homunculus, ab capite ca-pilulum : propter multitudinem, ut ab bouline homines;abeo,quod aliidicunt, ceroiccs, id Ortensiusin poematiscervix. — 15. Quæ a parte declinala, aut a corpore, ut amamma mammosœ, a manu manubria : aut abanimo,ut a prudentia prudens, ab ingenio ingeniosi. Hæc sineagitationibus; at ubi motus majores, item ab animo, utab strenuitate et nobilitate, strenui et nobiles. Sic a po-gnando et currendo pugiles et cursores. Ut aliæ declina-tiones ab animo, aliæ a corpore : sic aliæ, quæ extra Im-minent, ut pecuniosi , agrarii, quod foris pecunia etager.
16. Propter eorum qui dicunt, sunt declinati casus, utiis qui de altero diceret, distinguere posset, quom voca-ret,quom daret, quom accusarct : sicalia ejusdemmodidiscrimina, quæ nos et Græcos ad declinandnm duxerunt.Sine controversia sunt quinque. Quis vocetnr, ut Hercu-les; quemadmodum vocetur, ut Hercule; quo vocetur,»tad Herculem; quoi vocetur, ut Herculi ; quojus voce-fcir, ulHerculis. —17. Propter ea verba quæerant prohibe
cognomiuala, ut prudens, candidus, strenuus, quodin bis præterea sunt discrimina propter incremenlum,quod majus vel minus in bis esse potest, accessit decli-nalionum genus, ut a candido, candidius, candidissi-mum : sic a longo, divite, id genus aliis, ut (ieret.
18. Quæ in eas res, quæ extrinsecus, declinantur, suntabequo equile, abovibus ovile, sicaiia (hæc contrariaillis quæ supra dicta, ut a pecunia pecuniosus, ab. urbeurbanus, ab atro atratus); ut nonnunquam ab liomine lo-cus, abeo loco borno, utab Romulo Roma, ab Roma iîo-manus. — 19. Aliquot modis declinata ea quæ foris ; namaliter qui a majoribus suis, Latonius et Priamidœ: ali-ter quæ a facto, ut a prædando prœda, a mereudo mer-ccs. Sic alia siuit, quæ circum ire non difficile ; sed quodgenus jam videtur, et alia urgent, omitto.
20. In verborum genere quæ tempora adsignificant,quodea erant tria, præterilum, præsens, futurum : de-clinatio facienda fuit triplex, ut saluto, salutabam, sa-lut abo : quom item personarum natura triplex esset, quiloqueretur, ad quem, de quo : bæc ab eodem verbo decli-nata; quæ in copia verborum explicabunlur.
21. Quoniam dictum de duobus, declinatio quor et inqua sitforma : tertiumquod relinquitur,quemadmodum,