sir.
VARRON.
stituer l’analogie à l’usage, et dire Juppilri,Marspilrem , passerait à bon droit pour insensé.Il faut donc rejeter l’analogie qui n’est pas sanc-tionnée par l’usage.
34. S’il est vrai que des mots semblables doi-vent nécessairement avoir des dérivés sembla-bles, il s’ensuit que des mots dissemblables doi-vent produire des dérivés dissemblables : ce quipourtant n'a pas lieu ; car des mots semblablesproduisent des dérivés tantôt semblables, tantôtdissemblables, et réciproquement. Ainsi bonuset malus ont produit bonum et mahtm; maislupus (loup) et le pus (lièvre) ont produit lupoet lepori. Ainsi Priamus et Paris ont pour datifsPriamo, Pari ; et Jupiter et ovis (brebis), Jouiet oui.
35. Bien plus, non-seulement des mots sem-blables ont des dérivés dissemblables, mais lesmêmes mots ont aussi des dérivés dissemblables;et non-seulement des mots dissemblables ont desdérivés semblables, mais des mots dissemblablesont aussi les mêmes dérivés. Ainsi, quoique lenom d’Albe soit commun à deux villes, les habitants de l’une s’appellent Albani, et les habi-tants de l’autre, Albcnses. Le nom d’Athènesest commun à trois villes, et cependant les habi-tants de ces trois villes s’appellent Alhenœi,Athenœis , et Athenœopolitœ. — 36. On voitdonc quedes mots dissemblables ont très-souventles mêmes dérivés, comme luam, par exemple,accusatif de lua (expiation des Saturnales) et fu-tur du verbe luo (laver, expier). La plupart desnoms d'hommes et de femmes sont dissemblablesau nominatif pluriel, comme Terentiei, Teren-liœ ; et semblables au datif du même nombrepour les deux genres, comme Terentieis, Teren-tieis. Plautus eAPtautius, dissemblables au no-
pitrem, quos si quia servet analogias, pro insano ait re-preliendendus. Non ergo ea est sequenda.
34. Qnod sioportet ita esse, ul a similibus suniiiteromnia (ieclinentur verba, sequilur, ul ab dissimilibus dis-similia debeant fingi, quoi! non fit : nam et a similibusalia fiuut similia , alia disaimilia ; et ab dissimilibus partirasimilia, partim dissimilia. Ab similibus similia, ut a bonoet malo, bonum, malum. A similibus dissimilia, ut ablupus, lepus; lupo, lepori. Contra ab dissimilibus dis-similia, ut Priamus, Paris : Priamo, Pari. Ab dissi-milibussimilia.ut/uppiZer.ouis, et Jovi, ovi. — 35. Eoetiam magis ivaXofinû; non solum a similibus dissimiliafingnnlur, sed etiam ab isdem vocabulis dissimilia ; neque adissimilibus similia, sed etiam eademabdissimilibus voca-bulis fingi apparut ; quod cum duæ sint Albæ, ab una dicun-tur Albani, ab altéra Albenses; quorn triuæ fuerint AUie-nn-, ah una dicti Alhenœi, ab altéra Athenœis , a lertiaAthenœopolitœ. — 36. Sic ex (liversis verbis multa factain declinando inveniunlur eadem : ut quorn dico ab Sa-lurni Lua Luam, et ab luo, luam. Omnia fere nostranomma virilia et nmliebria mulliludinis, quorn roctocasufiunt-, dissimilia, cum dandi, eadem : dissimilia, ut maresTerentiei, feminæ Terenliœ; eadem in daudi, vins Te-
minalif, soûl semblables au génitif, Puci Plautiet Marvi Plauti.
37. Enfin, si l’on cherche la raison de l’analo-gie dans le nombredes mots semblables, elle doitêtre considérée moins comme une règle que com meune exception, parce que le nombredes mois dis-semblables est beaucoup plus grand que celui desmots semblables. — 38. En effet, si l’analogieest une loi du langage, elle affecte ou le langageentier ou seulement une partie; et si elle n’af-fecte pas le langage entier, il importe peu qu’elleen affecte une partie, de même que la blancheurdes dents d’un Éthiopien ne suffit pas pour lefaire ranger dans la classe des hommes blancs.Donc l’analogie n’est point une loi du langage.
39. Suivant les partisans de l’analogie, il estfacilod'observer la similitude dans la dérivation;et cette similitude résulte de celle des genres,des formes et des cas. Or, ceux qui définissentainsi l’analogie ignorent deux choses : en quoiconsiste véritablement la similitude, et à quoielle se reconnaît. Donc, puisqu’ils ne peuventnous indiquer la voie qu’il faut suivre, nous nedevons tenir aucun compte de ce qu’ils disent. —40. Je leur demanderai, en effet, si la vertu d’unmot consiste dans le son des syllabes qui frappel’oreille, ou dans la signification que perçoit l’in-telligence, ou dans ces deux parties du mot. Si leson doit êtresemblab!eauson,ilimporte peu quece qu’il signifie soit masculin ou féminin, que cesoit un nom ou un vocable, quoique, suivantmes adversaires, ces deux sortes de mots soientdifférentes. — 41. Si c’est, nu contraire, dans lasignification que doit exister la similitude, IJionaet Theona, qui, à leurs yeux, sont presque iden-tiques, deviennent pourtant dissemblables, si,entre autres exemples, l’un de cesnoms désigne un
renliels, et mulieribus Terentieis. Dissirnile Plautus etPlautius, et commune Luci Plauti et Murci Plauti.
37. Denique si est analogia, quod in înultis verbis estsimilitudo verborum : sequilur, quod in pluribus est dissi-militudo, ut non sit in sermone sequenda analogia. — 38.Postremo, si est in oralione,aul in omnibus ejns parlibusest aut inaliqtia; et in omnibus non est, in aliqua esseparum est, ut album esse Æthiopam non satis est quodliabeat caixlklos dentes : non est jrgo analogia.
39. Quorn ab similibus verbis qnæ declinantur, similiafore polliceantur qui analogias esse dicnnt, et cum similetum denique dicant esse verlio verbum , ex eodem si gé-néré, eadem figura, transituin de cassu in cassum simi-liler, ostendi possit : qui liane dicunt, iitrumque ignorant,etinquoloco simililudo debeat esse, et quemadmodumspectari soieat, simile sit neene Quæ cum ignorant, se-quiturut quom analogiam dicere non possint, scqni nondebeamus., — 40. Quæro enim , verbum utrum dicant vo-cem quæ ex syilabis couiicla, eam quam audimus; anquod ea signilicat, quara intellegimus; an utrumque. Sivox voci esse debët similis, niliil refert, quod signilicatmas an feinina sit : et utrum nomen an vocabulum sit,quod illi intéresse dicunt. — 41. Sin illud quod significa-