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DE LA LANGUE LATINE, LIV. VIII.
naria, de vinum; cretaria, de creta ; et un-guentaria , de unguentum, celles où l’on vendde la viande, des peaux, ou des chaussures, de-vraient s’appeler carnaria, de caro, camis;pelliaria, d epellis ; calcearia, de calcei, et nonlaniena, pellesuina et sutrina. De même en-core que mus (un) a produit uni; très (trois),trini; quatuor (quatre), quadrini, il serait plusconforme à l’analogie de dire duini , dérivé deduo (deux), au lieu de bini. Enfin, duigœ seraitplus régulier que bigœ (attelagededeuxchevaux),et plus analogue à quadriges et trigœ. Je pour-rais multiplier les exemples de ce genre, maisceux que j’ai cités suffisent pour ma démonstra-tion. — 56. Si les vocables qui dérivent desnoms étaient également assujettis à la similitude,on devrait dire Romenses et Albenses pour dési-gner les habitants de Rome et d’Albe, comme ondit Parmenses pour désigner ceux de Parme ,puisque les noms de ces trois villes, Parma,Alba , Roma, sont de la même nature; ou, demême qu’on dit Romani et Nolani (habitants deNoie), on devrait dire Parmani pour désignerceux de Parme, puisque les noms de ces troisvilles, Roma , Nota , Parma , sont pareillementde même nature. Pourquoi ne dirait-on pas nonplus Ilienus par dérivation à'Ilium , aussi bienque Pergamenus , dérivé de Pergamum ; Per-gamus et Pergama pour le masculin et le fé-minin , aussi bien que Ilius et Ilia ? Enfin, pour-quoi ne dirait-on pas Libyalici par dérivationde Libya , avec autant de raison que Asiatici,dérivé de Asia ?
57 . Quant aux vocables dérivés des verbes,comme scriplor (écrivain), de scribere (écrire) ;lector (lecteur), de legere (lire), même anomaliedans leur déclinaison. Ainsi amare (aimer) a donnénaissance à amator ; salutare (saluer), à saluta-
unguento unguentaria&àtxn : àvaXoyixü; si essentvo-cabula, ubi caro venit carnaria, ubi pelles pelliaria, ubicalcei calcearia diceretur; non laniena ac pellesuina etsutrina. Et sicut est ab uno uni, a tribus trini , a quat-tuor quadrini, sic a dnobus duini, non bini diceretur;liée non ut quadriges, trigœ, sic potiusduigæquam bigœ.Permulta sunt hnjrrsee generis, qnæ quoniam admonitusperspicere potest, omitto. — 56. Yocabula quæ ab nomini-hus oriuntur, si ab similibus nominibus similia esse de-bent, dicemus, quoniam gemina sunt Parma , Alba, Ro-ma, ut Parmenses, Albenses, Romenses; aut quoniamest similis Roma, Kola, Parma, dicemus ut Romani,Nolani, sic Parmani : et ut a Pergamo, ab Iliosimiliter,Pergamenus, Ilienus; aut ut Ilius et ilia mas etfemina,sic Pergamus et Pergama vir et mulier. Et quoniam simi-lia nomina 6unt Asia, Libya, dicemus Asiaticos et Libya-ticos ho mi nés.
57. Quæ vocabula dicuntur a verbis, ut a scribendoscriptor, a legendo lector, hæc quoque non servare simi-btudinem Iicet videre ex bis : cum similiter dicatur ut abamando amator, et ab salutando salutator, et ab cantandocantator ; et cum dicatur lassus sum metendo, ferendo :
tor ; cantare (chanter), à cantator ; on dit encorelassus sum metendo , febendo (je suis las demoissonner, de porter) ; et cependant l’analogiene se retrouve pas dans les vocables dérivés demetendo et ferendo; car on ne dit pas fertor,de même qu’on dit messor (moissonneur). Jepourrais citer une infinité de mots de cette espèce,où l’usage prévaut contre l’analogie.
58. Il existe en outre des vocables dérivéségalement des verbes, mais différents des voca-bles dont je viens de donner des exemples, ence qu’ils ont à la fois des cas et des temps : cequi leur a fait donner le nom de participes. Laplupart de ces vocables ont les deux naturesdu verbe, comme amo (j’aime) et amor( jesuis aimé), seco (je coupe) et secor (je suis coupé).Or, le verbe actif amo et tous les autres verbesde cette nature ont un participe présent et unparticipe futur, comme amans (aimant) et ama-turus (devant aimer) ; mais ils n’ont point de par-ticipe qui désigne le passé, ayant aimé, parexemple : ce participe n’existe pas dans la languelatine. L’analogie manque donc ici comme ail-leurs. Les verbes passifs amor (je suis aimé), le-gor (je suis lu), et tous les autres verbes de cettenature, ont un participe passé, comme amalus(ayant été aimé), et n’ont ni participe présentni participe futur. — 59. L’analogie ne se re-trouve pas davantage dans les verbes qui, commeloquor (je parle), venor (jechasse),ont, dans cer-tains modes, la signification active avec la formepassive, et dans d’autres, comme le participeprésent et le participe futur, une forme et unesignification analogues. Ainsi on dit loquens etvenans, locuturus et venaturus : ce qui im-plique contradiction par rapport à loquor et ve-nor. L’analogie est d’autant moins observée dansles verbes que j’ai cités, que, parmi ceux qui
ex bis vocabula non reddunl proporlionem, quo non Ht,ut messor, et fertor. Multa sunt item in bac specie, inquibus potins consuetudinem sequimur quam rationemverborum.
58. Præterea quom sint ab eadem origine verborum vo-cabula dissimilia superiorum, quod simul habent casus ettetnpora, quo vocanturparticipia; et multa sint contraria,ut amor amo, seco secor : ab amo et ejusmodi omnibusverbis oriuntur præsens et futurum, ut amans et ama •turus; ab eis verbis tertium quod debet fingi præteritiin lingua Latina reperiri non potest : non ergo est analo-gia. Sicab amor, legor et ejusmodi verbis vocabulnm ejusgeneris præteriti temporis Ht, ul amatus eram, sum,ero ; neque præsentis et futuri ab his fit. — 59. Non est ergoanalogia ; præsertim cum tantus numerus vocabulorum ineogenere interierit, quod dicimus in his verbis, quæcontraria non habent, loquor et venor : lamen dicimus lo-quens et venans, locuturus et venaturus, quodsecun-dum analogias non est : quoniam dicimus loquor et venor.Undeilla superiora minus servantur, quod ex bis, quæcontraria verba non habent, alia efficient terna, ut eaquæ dixi, alia bina, ut ea quæ dicam, currens , ambu-