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Macrobe (oeuvres completes), Varron (de la langue latine), Pomponius Mela (oeuvres completes) : avec la traduction en français / publiées sous la direction de M. Nisard
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VARltON.

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n’ont point la double nature de l’aetif et dupassif, les uns ont trois formes, comme ceuxdont j’ai parlé, et les autres n’en ont que deux ,comme currens, ambultms ; cursurus , am-bulalurus; quant au participé passé, il n’existepas dans ces verbes. — 60 . On chercherait aussien vain l’analogie dans les verbes fréquentatifs ;car si, par exemple, on dit canlitans, par déri-vation de cantare, on ne dit pas amilans, déri-vation non moitié naturelle de nmnre. Cette ano-malie affecte non-seulemertt le singulier, maisencore le pluriel. Ainsi on dit cantitanles, et l’onne dit pas éditantes.

61 . Comme il existe une espèce de vocablesqu’on appelle composés , et que, selon mes ad-versaires , on ne doit pas les comparer avec lesmots simples, dont je me suis seulement occupéjusqu’à présent, je discuterai cette espèce demots isolément. Tibicines (joueurs de flûte ), parexemple, est composé de tibia (flûte) et de en-tière (chanter, jouer de) : pourquoi de cithara(luth), de psalterium (instrument à cordes), oude pandura (id.), ne formerait-on pas cithari*-cen, etc., si l’analogie est une loi invariable?Pourquoi, à limitation de wditumns (gardiend’un temple), composé de codes (temple) et detue ri (garder), ne dirait-on pas atritumus , pardérivation de atrium et de tucri, plutôt queatriensis (portier), que l’usage a préféré? Ondit bien auceps (oiseleur), de avis (oiseau) et decapere (prendre) : pourquoi ne dirait-on pas/m-ceps, depiscis ( poisson ) et de capere? — 62 . Lesfourneauxoù l’on purifie lecuivfe, ubi laveturœs,s’appellent œmhffl, et cependant l’analogie exige-rait ærelavinœ. On dit argentifodinœ (mined’argent),et l’on nedit pas/em/orfmœpourdési-gnet une mine de fer. Lapidicida (tailleur depierres) est usité, et lignicida, dérivation notu-

lans , cursurus , ambulaiurns ; lei tia enim pra'teritinon sunt ut cursus mm, amfmlatus siitn. — 60. Ne in Itisquidem , quæ sæpius quid fieri ostendunl, servatur ana-logia ; natn ut est acantando cantituns, ab amando ami-tans non est, et sic multa. Ut in bis singularibns, sic inmultitudinis; sicut enim cantitanles, seditantes non di-cuntur.

61. Quoniam est vocabulorum geuus quod appellantcomposititium, et negant conferii id 0 |>ortere cum simplici-busde quibus adliuc dixi, de composais separatini dicam.Cum ab tibiiset canendo tibicines dicantur, qiiænint, sianalogias sequi opoi teat, cur non acilhara et psalterio etpandura, dicamus citharicen et sic alia. Si ab aède et tuen-do œditumus est, cur non ab atrio et tuendo potius atri-tunmssitquam atriensis. 1 Si ab avibus capiundis aucepsdicatur, debuisse aiunt ex piscibus capiundis, lit aucu-pem, sic piseipem dici. — 62. Ubi lavetur æs, eerarias,non mrelavinas-uominari ; et ubi fodiatur argenlum, argen-t\fodin«s dici, neque ubi fodiatur ferrum, ferrifodinas.Qui lapides csedunt.fapfeidrw; qui ligna, lignicidasliondici . neque ut aurificem,, sic argpntiiicem : mm doclum

relie d elignum (bois) et de cœtlere (couper), nel’est pas. On dit aurifex (orfèvre), et l’on ne ditpas argentifex. De môme que dodus (savant) apour corrélatif iudoctus (ignorant), salsus ( pi-quant, spirituel) devrait avoir pour corrélatifinsalsus; et cependant on dit insulsus (fade,sot). Tl est facile de tirer des conséquences deccs anomalies.

63. Il me reste à parler des cas, sur lesquels

les partisans d’Aristarque insistent avec le plusd’opiniâtreté. Et d’abord, comme ils doivent lesa\ de l’analogie veut que tous les noms

et tous les articles aient le même nombre de cas.Or, les uns, comme les noms des lettres de l’al-phabet, n’ont qu'un seul cas; les autres en onttrois, comme prœdium, prœdii, pnctlio ; ceux-cieu ont quatre, comme mel, mellis, molli , melle ;ceux-là en ont cinq, comme quintus, quinti,quinto, quintum, quinte ; enfin d’autres en ontsix, comme unus, unius, uni, unum, une, uno.Où est l’analogie?

64 . Je demanderai aussi avec Cratès pour-quoi, à l’exemple des Grecs, qui donnent descas aux noms des lettres, nous ne disons pasalpha, alphati, alphatos. Si l’on me répond,comme à Cratès, que les noms de nos lettres nesont pas latins, mais tout à fait étrangers, jedemanderai à mon tour pourquoi les Grecs dé-clinent les noms qu’ils ont empruntés aux Latins,aux Perses et aux autres peuples étrangers. —

65. Car s’iis suivaient l’analogie, ils devraientne donner qu’un seul cas aux mots phénicienset égyptiens, et en donner plusieurs aux motsgaulois et autres. Car on dit, par déclinaisonû'alawda, alaudas; et ainsi d’autres mots. Si,d’un autre côté, mes adversaires m'objectent,ainsi qu’ils l’ont écrit, que les noms des lettresgrecques ne doivent avoir qu’un seul cas, parce

dici indoclum, nonsalsuin insulsum. Sicab hoc quoquefonte qua; produanl, animadvertere est facile.

63. Relinquilur de casibns, in quo Aristurcliei suoscontendimt nervos. Priiuuni si in bis esset analogia, dis-cant debuisse omîtes nominatus et articules liabere loti-dein casus -. mine alios hahere unum solum ut literas sin-gulas omries; alios tris ut prœdium, prœdii, prœdio ;alios qualtuor ut met, mellis, melli, melle; alios quoi-que ut Quintus, Quinti, Quinto, Quintum, Quinte;aliossex ut unus, unius, uni, unum, une,uno- Nonesse ergo in casibus analogias.

64. Secundo, quod Cratès, quor quæ singulos liabentcasus ul literie Græcæ, non dicantur alpha, alphati, alpha-tos? Si idem milii respondebitur quod Craleti, non essevocabula noslra, sed pendus barhara; qua-ram, quoridem noslra nemina et Persarum et cæterorum quosvocant barbaros, cum casibusdicant. — 65. Quare si essetanalogia, aut, ul Pcrnicum et Ægyptiorum vocabula,singulis casibus dicerent, aut pluribus, ut Gallorum aucaderorum. Nam dicmit al) alauda alaudas et sic alia.Sin, quod scribunt, dicent, quoi! Pomicum sit, singulis