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Macrobe (oeuvres completes), Varron (de la langue latine), Pomponius Mela (oeuvres completes) : avec la traduction en français / publiées sous la direction de M. Nisard
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VARRON.

laquelle tombent ordinairement les partisans desdeux opinions, je distingue trois espèces de rap-ports : 1 ° le rapport de la nature et de l’usage,dont les conséquences sont différentes; car autrechose est de montrer les analogies des mots,autre chose de dire qu’il faut se conformer à l’a-nalogie; 2 3 le rapport du général et du particu-lier : l’analogie doit-elle s’étendre à tous les motsou seulement au plus grand nombre? 8° le rap-port des personnes entre elles, par suite duquella minorité doit céder à la majorité. — 5. Eneffet, autre est le peuple entier, autre l’individu ;autre est la condition du poète, autre celle del’orateur; car ils ne sont pas soumis aux mêmeslois. Ainsi le peuple entier doit, dans toute es-pèce de mots, se conformer à l’analogie, et sil’usage est vicieux, se corriger; mais l’orateurest tenu d’y déroger quelquefois, et le poète peutimpunément franchir les barrières. — (j. Le peu-ple relève de lui seul, tandis que l’individu re-lève du peuple; de sorte que le peuple peut corri-ger sa manière de parler, de même que chaqueindividu peut corriger la sienne propre, si elleest vicieuse. Je n’ai pas le droit d’imposer mouusage au peuple ; mais le peuple a le droit dem'imposer le sien. De même qu’un pilote obéità l’art et à la raison, et que les gens de l’équi-page obéissent au pilote, de même le peuple doitobéir à la raison, et chaque individu au peuple.C’est pourquoi si vous avez soin de distinguer lesprincipes d’où je déduirai tour à tour mes con-clusions , vous comprendrez aisément quand jeme bornerai à constater ce qu’exigerait l’analo-gie, et quand je dirai qu’il faut s’y conformer;

Seil ea, quæ dicam, quo facilius pervioen possint, priusde triais copulis discernendum (nam confiisim ex utra-que parte ■ pleraque diciintur, quorum alia ad aliam re-ferri debent summam) : primmn de copulis naturæ etusuis; liæc enim duo sunt quæ exigent diversa, quodaliud estdicereverborum analogias.aliud dicere uti opor-tere analogiis ; secundum de copulis multitudinis ac finis,utrum omniumverborum dicatur esse analogiarum usus,an majoris partis; terlium de copulis personaruin, quieisdebent nli, quæ sunt pluies—5. Alia enfin populi uui-versi.alia singulorum, et de ieis non eadem oratoris etpoëtæ, quod eorum non idem jus. Uaque populos mii-vcrsusdebet in omnibus vérins uti analogie, et si perpe-ram est cousuetus, corrigea* se ipsum, quom oratornondélicat in omnibus uti, quod sine ol'lensioiie non polestlacéré, cum poëtæ tran&ilire lineas impune possint.—6.Popmus enim in sua potestale, singuli in illius; itaque utsuani quisque consuetudiuein, si mala est, corrigera dé-bet* sic populussuam. Ego populi consuetudinis non sumut dominus, at ille ineæ est. Ut ralioni obtemperare de-bet gubernator, gubernatori unusquisque in'navi, siepo-pulus ralioni, nos singnli populo. Quara ad quamcuuquesummam in dicendo ri'feram , si animadvertes, intelliges,iilium dicatur anaiogiaesse ,an uti oportere ea; et quomposcitm, ut usus ad id ipioil oporteret redigerelur, diciid in populnm aliter, ac.in enm i(iii sit in populo.

et, dans le cas où l’usage doit céder à l’analogie,quand je parlerai relativement au peuple entier,et quand je parlerai relativement à l'individu.

7. Je traiterai d’abord de l’analogie, en faisantvoir ce qui me semble la justifier et nous faireune loi de la suivre, jusqu’à un certain point,dans l’usage. Ensuite, passant aux griefs dontelle est l’objet, je les combattrai l’un aprèsl’autre, en opposant, à ce que j’ai dit dans le li-vre précédent contre l’analogie, les raisons con-traires qui la justifient, et que je n’ai point don-nées dans le même livre.

8. On dit que, pour bien parler, il faut seconformer à l’usage et non à l’analogie, parceque, en ne se conformant pas à l’usage, on déplaîttoujours, et parce que, en suivant l’analogie, ons’expose souvent à déplaire. Ce raisonnementest mal fondé, en ce que ceux qui se conformentà un usage bon en lui-même suivent en mêmetemps l'analogie. — 9. En effet, dans les décli-naisons où l’analogie et l’usage sont d’accord,nous suivons à la fois deux guides, et lorsquela déclinaison est défectueuse, nous réformonsl’usage d’après l’analogie. De même que, dans ladisposition d’une salle à trois lits, si la formed’un de ces lits n’est pas semblable à celle desdeux autres, ou si leur dimension n’est pas lamême, nous réformons cette inégalité en consul-tant et l’usage et l’analogie ; de même si, dansle langage, nous péchons contre la similitude,nous devons corriger cette anomalie d’après laloi d’analogie qui régit les autres mots.

tO. On peut pécher dans les déclinaisons dedeux manières, ou en suivant un usage vicieux,

7. N'unc jatn primuni dicain pro «inversa analogia, cnrnon modo videatur esse repreliendenda, sed eliam quorin usu quodammodo sequenda. Secundo de singolfs crimi-nilms, quibus rebus possint, quæ dicta sunl contra,solvi, dicam ita, ut generatim compreheinlam et ea quæin priore libro sunt dicta, et ea quæ possunt dici, atqueillic præterii.

8. Prinium quod aiunt, qui bene loqui velit, cousue-tudinem sequi oportere, non rationem similitndinuni.quod alteruin si neglegat, sine offensione facerc non pos-ait; alterum 6t sequalur, quod sine reprebensionc non aitfutiiriim : errant; quod qui in loquendo consuetudinem,qua oporlet uti, sequilur, eam seqiiiturnon sine rationc— 9. Nam vocabulaac verba, quæ dedinanuis similiter aiin consueludiue esse videmus, et ad eam conlerimus, elsi quid est erratum , non sine ea corrigeons. Nam ut, quitriclinium constrarunt si quem lectuin de tribus uiunnimparein posuerunt, aut de paribus nimium aut paruniproduxerunt, una corrigimus et ad consuetudinem com-nuineinet ad aliorum tricliniorum analogias : sic si quisin oratione in proimnliando ita déclinât verba nt diraidisparia, quod peccatrédigeradebemus ad eeterormn si-inilium verboium rutionem.

10. Cum duo peccali généra sintdicHnation ,im > uiuun(piod in consuetudiuein perperain reoeptuni est, alteruinquod nunduinest, et perperant dicatur : inuun (tant non