VARRON.
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l’usage est vicieux, qu’il en soit alors pour nousde cet usage comme des mauvais exemples,qu’il ne faut suivre que par nécessité et malgrénous. Lysippe ne crut jamais que le mauvaisexemple de ses devanciers dût prévaloir contrel’art. S’il est du devoir du peuple entier de secorriger, l’individu peut donner l’exemple de laréforme, en tant qu’il ne choque pas ouvertementl’usage général.
19. Afin d’effacer jusqu’à la trace des mots per-dus, les adversaires de l’analogie non-seulements’abstiennent de toute investigation, mais encorese déclarent contre l’apparence du moindre in-dice qui pourrait faire retrouver un mot. — 20.L’introduction d’un mot nouveau, avoué par laraison et l’analogie, ne doit pas être rejetée.Yoit-on que, dans les vêtements, dans les édi-fices, dans les meubles, la longue habitude soitun obstacle à la nouveauté? Qui a jamais aiméses vieux habits au point de n’en vouloir pointchanger? Les anciennes lois ne sont-elles passouvent abrogées, et remplacées par d’autres ?—21. La forme nouvelle des vases grecs a remplacéla forme ancienne de nos pots et de nos tasses :pourquoi se refuserait-on à adopter des motsnouveaux, conseillés par ia raison, comme sices mots étaient empoisonnés? En quoi le sensde la vue est-il si différent du sens de l’ouïe,qu’il soit permis à l’œil de se récréer par la nou-veauté, et que ce plaisir soit refusé à l’oreille?— 22. Où sont les maîtres qui donnent aujour-d’hui à leurs esclaves des noms tombés eu dé-suétude ? Où est la femme qui, en parlant de saparure ou de ses bijoux, se sert des noms del’ancien temps? Toutefois il faut moins s’indi-
eam invitant quæ est depravata, niliilo magis sequemurquant, nisi cumeritnecesse,sequar in ceteris rebus malaexempta; nam ea quoque, cum aliqua vis urget, invitisequemur. Neque enim Lysippus artiticum priorum potiusest vitiosa secutus quam artem. Si sic populus facere dé-bet : etiam singnli, sine offensione quod fiat populi.
19. Qui amissa non modo quærant, sed etiam quod in-dicium dent : idem, ex sermone si quid deperiit, nonmodo niltil impendunt ut requirant, sed etiam contraindices répugnant, ne restilualur verbum. — 20. Quodnovom et ratione introductum, quo minus ut recipiamus,vitare non debemus. Nam ad usum in vestimentis, ædi-ficiis, supellectili, novitati non impedit vêtus cousueludo.Quem enim amor assuetudinis potius in pannis possessoremretinet, quam ad nova vestimenla traducit? An non sæpeveteres leges abrogatæ novis cedunt? — 21. Nonne inusi-tatis formis vasorum recentibus ex Græcia allatis oblite-rata: antiquæ consuetudinis sinorum et capularum spe-cies : liis formis vocabulorum ut contaminalis uti nollent,quas docuerit ratio præter consuetudincm veterem ? Ettantum inter duos sensus interesse volunt, ut oculis sem-per aliquas figuras supellectilis novas conquirant, contraauris expertes velint esse? — 22. Quotus quisque jamserves habet priscis uominibus? quæ mulier suum instru-mentum vestis atque auri veteribus vocabulis appellat?
gner contre ce qui est suranué que contre lesdéfenseurs de ce qui est suranné.
23. Si l’analogie ne se trouvait nulle part,elle ne se trouverait pas plus dans les motsqu’ail-leurs; mais si, comme de fait, elle se trouve par-tout, elle existe nécessairement dans les mots.Quelle est la partie du monde où les analogiesn’abondent? Le ciel, la mer, la terre, l’air, ensont remplis, ainsi que tout ce qu’ils renferment.— 24. Le cercle équinoxial n’est-il pas à égale dis-tancedesdeux tropiques? Le pôle supérieur n’est-ilpas à la même distance du cercle septentrional,et le cercle septentrional, du solstice d’été, quele pôle inférieur l’est du cercle antarctique, et lecercle antarctique, du solstice d'hiver ? Les astresne recommencent-ils pas chaque année leurcours de la même manière? — 25. La ligne quedécrit le soleil en allant du solstice d’hiver à l’é-quinoxe , est-elle différente de celle qu’il décriten revenant du solstice d’été au même point? Ens’éloignant du soleil pour aller vers le nord, etdu nord pour retourner vers le soleil, la lunen’accomplit-elle pas la même révolution qu’ens’éloignant du soleil pour aller vers le midi, etdu midi pour retourner vers le soleil? Mais jelaisse le ciel, où il serait fort difficile de décou-vrir la moindre anomalie dans le cours des as-tres. — 26. Jetons les yeux sur la mer, et consi-dérons les mouvements alternatifs de ses eaux,qui s’avancent et se retirent de six heures en sixheures. Chaque jour ne ramène-t-il pas les mê-mes oscillations journalières, et chaque mois àson tour ne ramène-t-il pas les mêmes mouve-ments mensuels? J’ai parlé de ces phénomènesdans mon traité sur les marées. — 27. La terre
Sedinductisnon tamirascendum, quam hujusce pravitati»patronis.
23. Si euim usquequaque non esset analogia, tumsequebatur, ut in verbis quoque non esset ; non, cum essetusquequaque ut est, non esse in verbis. Quæ enim estpars mundi, quæ non innumerabiles haheat analogias?Cælum, an mare, an terra, an aër, et cetera quæ suntinbis? — 24. Nonne in cælo, ut ab æquinoctiali circulo adsolstitialem et bine ad septentrionalem divisum : sic contraparibus nartibus idem a bruma versum contraria parte?Non, quantum polus superior abest a septentrionali cir-culo et is ad solslilium, tantundem abest inferior ab eoquem àvrapxnxèv vocant aslrologi, et is ad brumalem ?Non, quemadmodum quodque signum exortum boc anno,quotquotannis eodem modo exoritur? — 25. Num alitersol a bruma venit ad æquinoctium, ac contra cum ab sols-titio venit ad æquinoctialem circulum, et inde ad bru-mam ? Nonne luna, ut a sole discedit ad aquilonem et inderedit in eandem viain : sic inde fertur ad austrum et regre-dilur inde? Sed quid plura de astris, ubi difficilius repe-riturquid sit aut fiat in motibus dissimiliter? — 26 ■ At inmari, credo, motus non liabent similitudines gemmas;qui in XXIV horis lunaribus quotidie quater se mutant ;ac cum sex horis æstus creverunt, lotidem decreveruntrursus idem; itemque ab bis. An banc analogiam ad diem