VARRON.
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reaux, des hommes et des chevaux n’est pointsoumise à la loi de l’analogie.
34. Il y a, dit-on, deux sortes d’analogie : uneanalogie naturelle, comme celle qui régit la re-production des plantes et fait qu’une lentille naîtd’une lentille, etc.; une analogie volontaire, commecelle qui préside, par exemple, à la constructiond’un théâtre, où l’architecte pratique, selon savolonté, une entrée à droite , et une autre entréecorrespondante à gauche. Les auteurs de cettedistinction en concluent que l’analogie naturelle,comme celle qui règle, par exemple, les révolu-tions célestes, mérite seule le nom d’analogie,et que l’autre ne doit pas être regardée commeune analogie, parce que la structure d’un théâtredépend uniquement de la volonté de l'archi-tecte ; qu’ainsi la loi de l’analogie se trouve dansle corps humain, parce que c’est la nature quien a disposé les parties; mais qu’elle ne se trouvepas dans le langage, parce qu’il a pour origine lavolonté des hommes, qui, par exemple, en Grèce’,en Syrie, en Italie, désignent les mêmes chosespar des mots différents. Selon moi, les déclinai-sons des mots sont à la fois volontaires et natu-relles : volontaires, dans la création des mots quiservent à désigner les choses, comme Roma , deRomulus; Tiburtes (habitants deTibur), de Ti-bur; naturelles, dans les modiflcationsqui serventà désigner les cas ou les temps, comme Romulo,Romuli, Romulum, de Romulus; dicebam,dixeram , de dico. — 35. C’est pourquoi les dé-clinaisons volontaires sont variables, et les dé-clinaisons naturelles, invariables. Or, comme ilest incontestable que ce double caractère d'unitéet de variété existe dans le langage, puisqu’il
luscum hominem claudicanicmque equom, neget inbovom, liominum etequornm natura similitudines pro-portione constare.
34. Qui autem duo généra esse dicunt analogiæ : unumnaturale, quod ut ex lentibus seminalis nascuntur lentis,sic ex lupinis lupinum; alterum voluntarium ut in fa-brica, cum vident scænam, ut in dexteriore parte sintostia, sic esse in sinisteriore simili ratione facta ; de bisduobus generibus natnralem esse analogiam ut si t in moti-bus cæli, voluntariam non esse, quod ut quoique fabrolubitum sit, possit facere partis scænæ, sic in liomiuumpartibus esse analogias, quod eas natura faciat, in verbisnon esse, quod ea hommes ad snam quisque voluntatemfingat, itaque de eisdem rebus alia verba babereGræcos,alia Syros, alia Latinos : ego declinatus verborum etvoluntarios et naturaleis esseputo, voluntarios quibushommes vocabula imposuerinl rebus quaidam, ut ab Ro-mulo Roma, ab Tibure Tiburtes; naturales,ut ab im-polis vocabulisquæinclinantur in tempora aut in casus,ut ab Romulus Romulo, Romuli, Romulum , et ab dicodicebam, dixeram. — 35. Itaque in roluntariis declina-tionihus inconstantia est, in naturalibus Constantin ; quasutrasque quoniam iei non debeant negare esse in oratione,qtiom in mundi partibus omnibus sint, et declinationesverborum innumerabiles, dicendum est, esse in bis aua-
existc dans toutes les parties de l'univers, il fautreconnaître que les déclinaisons sont soumises àl’analogie, d’autant qu’elles sont innombrables.Il ne s’ensuit pas qu’on doive y ramener tout d’a-bord tous les mots irréguliers; car si, en voulantréformer un usage vicieux, on s’expose à choquertout le monde, la raison nous fait alors un de-voir de ne pas suivre la raison.
36. -l’ai suffisamment discuté les raisons gé-nérales qui constatent que le langage est soumisà l'analogie, et déterminent les bornes dans les-quelles doit se renfermer l'observation de cetteloi. Je passe à la discussion des griefs auxquelsles mots, pris en particulier, ont pu donner lieucontre l’analogie. — 37. Remarquez d’abord queles mots sont, dans leurs déclinaisons, assujettisnaturellement à quatre conditions. En effet, toutmot doit être la signification d’une chose; cettechose doit être en usage; la nature du mot doitêtre déclinable; enfin le mot doit conserver,dans ses déclinaisons, la trace de sa forme radi-cale. — 38. Ainsi on aurait tort de vouloir qu’ondît terrus, par dérivation de terra (terre), parcequ’ici rien ne comporte naturellement la dis-tinction du genre masculin et du genre féminin.De même, rien n’exige qu’on dise faba (fève) aupluriel, de même qu’on dit Terentius, Terentii,parce qu’on distingue un homme d'un homme, etqu’on nedestinguepasune fève d’une autre fève.De ce qu’on dit Terentius, Terentlum, il nes’ensuit pas qu’il faille décliner les noms des let-tres de l’alphabet, parce que la nature de chaquemot ne comporte pas nécessairement la déclinai-son. — 39. Dans l’examen de deux mots deforme semblable, il ne faut pas seulement con-
logias. Neque ideo statim ea in omnibus verbis est se-quenda; nam siqua perperam declinavit verba consueludo,ut ea aliter elïerri non possint sine offensionc inultorum,bine rationem verborum prætermittendam ostendit lo-quendi ratio.
36. Quod ad nniversam pertinet causam ,cur similitudoet sit in oratione et debeat observari et quam ad (inemquoqne, salis du terri. Quare quod sequitur de partibussingulis , deinceps expediemus ac singula crimina, quædicunt in analogias, solvemus. —37. In quo animadver-tito, natura quadruplicem esse formant, ad quant in de-clinando accommodari debeant verba : quod debeat snb-esse res quæ designetur ; et ut sit ea res in usu ; et utvocis natura ea sit, quæ id significavit, utdeclinari pos-sit ; et similitudo figura verbi ut sit ea, quæ ex se decli-natagenus proderecertain possit. — 38. Quo neque a terraterrus ut dicatur, postulandum est, quod natura nonsyteest, ut in hoc alterum maris, alterum feminædebeat esse.Sic neque propter usunt, ut Terentius signifient unum,plures Terentii, postulandum est, ut sic dicamus/flè® etta h,B ; non enim in simili usu utrunique. Neque ut dici-mus ab Terentius Terentium, sic postulandum ut mcli-nemus ab A et B, quod non oinnis vox natura habet décli-nâtes. - 39. Neque in forma collata quærendum solum ,quid liabeat in figura simile ; sed etiom nonnunquani m