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Macrobe (oeuvres completes), Varron (de la langue latine), Pomponius Mela (oeuvres completes) : avec la traduction en français / publiées sous la direction de M. Nisard
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DE LÀ LANGUE LATINE, L1V. IX.

sioêror leur ressemblance apparente, mais ilfaut encore tenir compte de leur valeur intrinsè-que. Ainsi la laine gauloise et la laine d’Apulieparaissent semblables à celui qui ne sait en jugerque sur l’apparence; mais le connaisseur necraint pas d’acheter, quoique à un prix plus éle-vé , la laine d’Apulie, parce que celle-ci est d’unmeilleur usage. Ces différents points, que je n’aifait qu’effleurer, auront leur éclaircissement. Jecommencerai par le dernier.

40. Est-ce dans la forme du mot ou dans sasignification que consiste la similitude? Je ré-ponds que c'est dans la forme du mot. Quelque-fois , il est vrai, nous voulons savoir si les chosesque les mots désignent sont semblables en genre,et alors nous comparons un Dom masculin avecun nom masculin, un nom féminin avec un nomféminin ; non que la chose signifiée nous importe,mais parce qu’il arrive assez souvent que deschoses dissemblables ont des formes semblables,et réciproquement. Ainsi nous disons, d’après laforme, que telle ou telle chaussure est une chaus-sure d’homme ou de femme, quoique nous sa-chions bien que quelquefois des hommes portentdes ehaussurçs de femme, et réciproquement. —

41. Ainsi Perpenna et Alphena ont une formeféminine, quoique le premier soit un nom d’hom-me , et le second un nom de femme ; et les motsparies [mur) et abies [sapin ), quoique sembla-bles quant à la forme, différent quant nu genre(car le premier est masculin et le second fémi-nin) , et désignent deux choses qui ne sont nidu genre masculin ni du genre féminin. C’estpourquoi nous disons qu’un mot est masculin,non parce qu’il désigne un être de nature mâle,mais parce qu'il peut être précédé de hic ou dehi; et pareillement nous disons qu’un mot estféminin, non parce qu’il désigne un être fémi-

eo, qnem liabeatcfTectum. Sic enimlana Gallicana et Ap-pula videtur imperito similis propter speciem , cum peri-tus Appulam emat pliiris, quod in usn firmior sit. Haecnunc strictiin dicla, apertiora fient infra. Jncipiam iiinc.

40. Quod rogant, ex qua parte oporteat simile esseverbnm, abvoce an significalione, respondemns a voce ;sed tamen nonnunquam quærimus genere similiane sinl,quæ significantur, ac nomen virile cum virili conferimus,femiuæ cum muliebri, non quod id quod siguificant vo-ces, commoveat; sed quod nonnunquam in re dissimilisimilis figuræ formas, in re simili imponunl dispaiiles, utcalcei muliebris sint an viriles, dicimusad similitudinemneuræjcum tamen sciamus nonnunquam et mulieremhabere calceos viriles et virum muliebris. — 4t. Sic dicivirum Perpennam, ut Alphenam, muliebri forma; etcontra parietem, ut abietem, esse forma similem, quomalterum vocabnlum dicatur virile, allernm muliebre,etulruinque natura neutrum. Sic ilaque ea virilia dicimus,non quae virum significant, sed quibus proponimus Inc eth', et sic muliebria.inquibusdicerepossimusliæcaut hæ.

42. Quarenibil est, quod dicunt Theona et üiona nonesse similis, si alter est Æthiops, aller Gallus, si anaio-

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nin, mais parce qu’il peut être précédé de hmeon de hœ. — 42. C’est donc faire une objectionoiseuse que de dire que Theona et l)iona ne sontpas des noms semblables, parce que l’un peutdésigner un homme noir, et l’autre un hommeblanc; car c’est juger de la forme des mots par ladissimilitude des choses qu’il désigne.

43. Aristarquea tort, dit-on, d’enseigner que,pour connaître si deux noms sont semblables,il faut considérer, non-seulement le nominatif,mais encore les cas obliques : en quoi, ajoutentses adversaires, il est aussi ridicule qu’un hommequi prétendrait ne pouvoir juger s’il y a ressem-blance entre un père et une mère, qu’après avoir vules enfants. Ce raisonnement manque de justesse,parce que les cas obliques ne servent pas à faireconnaitre les rapports apparents des nominatifs,mais leurs rapports intrinsèques; de même qu’unelumière, apportée dans les ténèbres, ne changepas la forme des choses qui y étaient cachées,mais sert à distinguer si ces choses sont plus oumoins semblables. — 44. Quoi de plus semblableen apparence que les désinences de crux et dePhryx? l’oreille ne peut en distinguer la diffé-rence. Cependant cruces et Phryges, cruci etPhrygi, nous font sentir que crux et Phryx nesont pas semblables.

45. On objecte, contre l’existence de l’analo-gie, que la similitude ne se retrouve pas dans lamajorité des mots. Cette objection est doublement erronée ; d’abord, parce qu’il est faux quela similitude ne domine pas dans le langage; ensecond lieu, parce que, dans la supposition con-traire, l’analogie ne laisserait pas d’exister. Au-tant vaudrait dire que nous ne portons pas dechaussures, parce que nos chaussures ne couvrentqu’une petite partie de notre corps.

4G. Nous aimons, dit-on, la dissimilitude, et

gia rerum dissimilitudines assumât ad discernendum vocisverbi figuras.

43. Quod dicunt, simile sit neene nomen nomini, im-prudenter Aiistarclmm præcipere, oportere spectare nonsolum ex vecto, sed etiamex eorum vocandi casu; essetenim deridiculuin, si simileis inter se parentes sint, defiliis judicare : errant, quod non ab obliquis casibus fitut recti simili facie oslendantnr, sed pvopler eos faciliusperspici similitudo putest eorum, quam vim habeat, utlucerna in tenebris allata, non facitquae ibi sunl positasimiliasinl, sed utvideanturquæsiutquævedesint—44.Quid similius videtur quam in bis est extrema litera Xcrux, Phryx P quas qui audit voces, auribus discerncrepotest nemo, quom easdem non esse séniles ex aliis ver-bis intellegamus , quod, cum sit cruces et Phryges et debis extremis syllabis exemptum sit E, ex allero fit utex C et S crux, ex altero G et S Phryx; quod item appa-ret, cum est demptum S; nam fitunum cruci, alterumPhrygi.

45. Quod aiunt, cum in majore parte orationis non sitsimilitudo, non esse analogiam, dupiieiler stultc dicunt,quod et in majore parte est, et, si in minore sit, tamen