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DE LA. LANGEE LATINE, L1V. X.
de ce qui est clair plutôt que de ce qui est pri-mordial ; d’un principe incorruptible, plutôt quede....; de la nature, plutôt que de la volonté in-constante des hommes ; et que ces trois fonde-ments d'une bonne induction se rencontrentmoins souvent dans le singulier que dans le plu-riel, il mesemble plus raisonnable de prendre lepluriel pour guide. — 57. Prenons pour exem-ple trabes, trabs, duces, dux. Nous voyons bienComment trabs a pu sortir de irabes, et dux deduces, au moyen de la suppression de l’e; maisnous ne voyons pas aussi clairement dans lesingulier trabs ou dux la raison du pluriel tra-bes ou duces _5S. Si, ce qui arrive rarement, la
forme du nominatif pluriel se trouve dénaturée,il faut avoir soin de la rectifier avant d’en tireraucune induction; et,pour cela, il faut recourirà des cas obliques, du singulier ou du pluriel,qui ne présentent aucune altération, et peuventaider à cette rectification. — 59. En effet, ainsique le dit Chrysippe, on peut juger d’une chosepar une autre, et réciproquement, comme onpeut juger du père par le fils et du fils par lepère ; et de même que les deux extrémités d’unevoûte se soutiennent mutuellement, de même lescas divers peuvent aider à rectifier les cas obliques ;le singulier,à rectifier le pluriel; et réciproque-ment.— 60. Prenons toujours la nature pourguide et pour appui : c’est le guide le plus sûr quenous puissions suivre dans les déclinaisons. Onpeut, en effet, remarquer que ce sont presquetoujours les cas directs du singulier qui pèchentcontre l’analogie : ce qu’il faut attribuer à l’im-
Quare in demonslrando, quoniam polius proficisci opor-tet ab eo quod apertius est, quam ab eo quod prius est,
et potius ab incorrupto principio, quam., et
putius ab natura rerum, quam ab lubidine hominum, etbiec tria, quæ scquenda magis sunt, minus sunt in sin-gularibus quam in mullitudine : commodius potest ordiri,quod in Itis principes minus orationis verbis fingendis ver-borum forma facilius singularia videri posse, quam exsinguiaribus multitudinis, hæc osteudnnt : trabes, trabs ;duces, dux. — 57. Videmus enim , ex bis verbis trabes,duces de extrema syllaba E literam exclusam, et ideo insingulari factum esse trabs, dux : contra ex singuiaribusnon tam videmus, quemadmodum facta sint ex B et S trabset ex C et S dux. — 58. Si multitudinis reclus casus fortefigura corrupta erit, id quod accidit raro, prius id corri-gemus quam inde ordiemur : aut de obliquis assumere"portebit figuras eas, quæ non erunt ambiguæ , sive sin-dulares sive multitudinis, ex quibus id quojusmodi debetes se, perspici possit. — 59. Nam nonnunquam alterum exaltero videlur, ut Chrysippus scribit, quemadmodum pa-1er ex tilioettilius ex pâtre, neque minus in tornicibusPropter sinistram dextra stat, quam propler dextram si-■nstra. Quapropter et ex rectis casibusobliqui, et ex obli-•juis recti, et ex singuiaribus multitudinis, et ex multitu-mis singulares nonnunquam recuperari possunt. — 60.ril ‘cipium id potissimum sequi debemus, ut in eo funda-mentum sit in natura, quod in declinationibus ibi facilior10 - Facile est enim animadvertere, peccatum magis
péritie de ceux qui, seuls et sans autre raison queleur caprice, ont imposé des noms aux choses,tandis que la nature est ordinairement droite etvraie,à moins qu’un usage vicieux ne l’aitcorrom-pue. — 61 . C’est pourquoi, en prenant la naturepour base de l’analogie, plutôt que la volonté de \l’homme, on rencontrera peu d'obstacles dansl’usage, et la nature aidera à corriger la volontéde l’homme : ce qui n’est pas donné à la volontéde l’homme contre la nature, parce que si l’onse règle sur la forme que la volonté de l’homme adonnée aux cas, on se trouvera engagé dans uneinduction contraire. — 62. Cependant, si l’onveut prendre le singulier pour point de départ,il faudra choisir de préférence le sixième cas,parce que ce cas est d’origine latine. La diver-sité de ces désinences peut aider à retrouver l’a-nalogie dans la diversité des autres cas ; car il apour finale, tantôt un a, comme dans terra ;tantôt un e, comme dans lance ; tantôt un i,comme dans levi; tantôt un o, comme danscœlo, ou un u, comme dans versu .
63. Les rapports qui constituent l’analogieconsistent ou dans les choses, ou dans la formedes mots, ou dans les choses et dans les motstout ensemble. Les deux premiers sont simples,et le troisième est composé. — 64. Parmi lesrapports dont les choses sont susceptibles, il yen a que le langage ne comporte pas : tels sontceux que les artistes ont soin d’observer dans lesédifices, dans les statues, et autres œuvres d’art :rapports qu’on appelle, entre autres noms, har-moniques, et dont le langage n’est pas suscep-
cadere posse iu iinpositiones eas, quæ fiunt plerumque iurectis casibus singuiaribus, quod liomines imperiti etdispersi vocabula rébus impoiuint, quocunque eos libidoinvitavit; natura incorrupla plerumque est suapte sponte,uisi qui eam usu inseio depravabit. — 61. Quare si quisprincipium analogiæ polius posueril in naturalibus casi-bus, quam impositions, non limita in consueludiiie oocurrent, et a natura lubido hiimana coriigetur, lion ablubidine natura, quod , qui imposilionem sequi vol u cri ut,facient cou Ira. — 62. Sin ab singulari quis polius proficiscivolet, id ilium facere oportebit ab sexto casu, qui estproprius Latinus; nam ejus cassuis lilerarum discrimi-uibiis facilius reliquorum varietatem discernere poterit,quod ei liabent exitus aut in A, ut bac ferra; aut in E,ut bac lance; aut in I, ut bac levi; aut in O, ut boccœlo; mit in U, ut hoc versu. Igilur ad demonstrandasaeclinationes biceps ima hæc.
63. Sed quoniam, ubi analogia, tria, uimm quod in ré-bus, alleromquod in vocibus, tertium quod in utroqiie,duo priora simplicia, tertium duplex : animadverlendiimhæc quam inler se habeant rationem. — 64. Primum eaquæ sunt discrimina in rebus, partim sunt, quæ adora,tionem non altineant, partim quæ pertineant. Non perti-nent , ut ea quæ observant in ædificiis et signis laciendiscæterisque rebus artifices, equis vocantur aliæ harmoni-cæ, sic item aliæ nominihus aliis ; sed nulla harum fitloquendo pars ad orationem. —65. Quæ pertinent res, eæsunt quæ verbis dicuntur proportione, neque a similitu-