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Macrobe (oeuvres completes), Varron (de la langue latine), Pomponius Mela (oeuvres completes) : avec la traduction en français / publiées sous la direction de M. Nisard
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DE LA LANGUE

marquer, la similitude des choses et la similitudedes mots ne. suffisent point séparément pourproduire ces doubles analogies que nous deman-dons au langage; il faut qu’elles se trouventréunies. Mais pour qu’elles passent dans le lan-gage, il faut que l’usage les ait acceptées ; carautre chose est de faire un vêtement, autre choseest de s’en servir. — 73 . On peut distinguer troissortes de mots : t ° des mots qui étaient autre-fois en usage; 2 ° des mots qui le sont actuelle-ment; 3° et des mots qui ne l’ont jamais été nine le sont pas. Je citerai, parmi les premiers,cascus (vieux), casci; sttrus(pieu), suri ; parmiles seconds, albus (blanc), albi; caldus (chaud),caldi ; parmi les troisièmes, scala (qui, sous laforme du pluriel, signifie échelle, escalier ), sca-lam, falera (qui, sous la forme du pluriel, si-gnifie collier ), faleram. On peut à ees trois es-pèces en ajouter une quatrième, qui est mixte,et usitée en poésie, comme amicitia, inimiei-tia; amiciliam , inimiciliam.

74. L’analogie fondée sur la nature des motsne comporte pas la même définition que l’ana-logie fondée sur l’usage: La première est uneanalogie qui consiste dans la déclinaison sem-blable de mots semblables; et la seconde, uneanalogie qui consiste dans la déclinaison sem-blable de mots semblables, en tant que l’usagen’y répugne pas. Ces deux définitions ne s’ap-pliquent qu’à la prose ; car la poésie a aussi sonanalogie, que je définirai plus tard. Le peupleentier doit suivre la première; les individusdoivent suivre la seconde; les poètes, la troi-sième. — 75. Tout cela est, je l’avoue, plusexact que clair, mais, ce me semble, moins obs-cur que les définitions que nous ont laissées sur

in loquendo quærimus, separatim satis est, quod utraqueparte opus est simili. Quas ad loqnendum ut perducas,accedere debet usus ; alia enim ratio, qui facias vesti.incntuin; alia, quemadmodum utare vestimento. —73.Usais species videntur esse 1 res ; una consuetudinis ve-teris; altéra consuetudinis hujus; tertia neutra. Vetera ,ut cascus, casci, surus, suri. Hujus consuetudinis, utalbus, caldus; albo , caldo. Neutra, ut scala, scalam ;falera, faleram. Ad quas accedere potest quarta mixta,ut amicitia, inimicitia; amiciliam, inimiciliam.Prima est, qua usi antiqui, et nos reliquimus : seconda,qua nunc utimur : tertia, qua utuntur poetæ.

74. Annlogiæ non item ea definienda quæ dirigitur aduatnram verborum, atque ilia quæ ad usum loquendi.Nam quæ prior, definienda sic : Analogia est verborumsünilium declinalio similis. Posterior sic : Analogia estverborum similium declinatio similis, non répugnanteconsueludine communi. Ad quam harum duarum ad extre-mum additum erit hoc : ex quadam parte : poetica ana-logia eril definita. Harum primam sequi debet populus,secnndam omncs singuli e populo, tertiam poetæ. — 75 .Hæc diligentius quam apertins dicta esse arbitrer, sed nonobscurius, quam de re simili definitiones grammaticorumsunt, ut Aristeæ, Aristodemi, Aristocli, item aliorum,

LATINE, LIY. X. r,S3

le même sujet Aristéas, Aristodème, Aristoclès ,et autres grammairiens. Leur obscurité toutefoisest excusable, en ce que la plupart des défini-tions sont peu faciles à saisir, à cause de leurbrièveté, pour ceux qui ne sont point versésdans la science à laquelle elles appartiennent. Cen’est qu’à l’aide de la division qu’On peut lesrendre accessibles. — 76. Je vais essayer d’yparvenir, en éclaircissant séparément les diffé-rents termes de ma définition de l’analogie. —77. Le mot (verbum) est la partie de l’oraisonqui ne peut pas être réduite à une plus simpleexpression, lorsque sa déclinaison est naturelle.Deux mots sont semblables, lorsqu’ils ont mêmesignification, même forme, mêmes modifica-tions. La déclinaison est ou la formation d’unmot dérivé d’un autre mot, ou la transformationdu même mot, destinée à exprimer les modifi-cations de la pensée. La similitude de la décli-naison est la similitude de la transformation desmots que l’on compare entre eux. — 78. J’avaisajouté : en tant que l’usage n’y répugne pas,parce que l’usage permet quelquefois à l'analogiede prévaloir contre lui-même, comme dans lesingulier cervix (cou), dont s’est servi Horten-sius ; et quelquefois aussi lui interdit cette faculté,comme de dire, par exemple, faux, au lieu dejauces (gosier). Quant à la restriction que j’aifaite en faveur des poètes, il faut entendre qu’ily a certains mots qui, en prose, ne comportentpas toutes les formes de la déclinaison, commejuvo (aider), comparé à amo (aimer).

79. J’ai exposé, aussi brièvement que je l’aipu, ce que c’est que l’analogie, combien d’es-pèces on en distingue, et quelles sont celles qu’ilfaut suivre : je vais maintenant passer en revue

quorum obscuritates eo minus reprehendendæ, quod pie-ræque definitiones re incognita propter stimmam hrevita-tem non facile perspiciuntur, nisi articulatim sint expli-catæ. — 70. Quare magis apparebit, si erit apertum desingulis parlibus : quid dicatur verbum , quid similitudoverbi, quid declinatio , quid similitudo declinationis nonrépugnante consueludine communi, quid ex quadamparte. — 77. Verbum dico orationis vocalis partem, quæsit indivisa et minima, si declinalionem naturalem liabeal.Simile est verbum verbo tum, quom et re quam signi-fient, et voce qua significal, et in figura transitas decli-nalionis parile. Declinatio est, quom ex verbo in verbum,aut ex verbi discrimine, ut transeat mens, vocis commu ■tatio fit aliqua. Similitudo declinationis, quom item exaliqua figura in figuram transit, ut id transit cum quoconfertur. — 78. Adjectum est : non répugnante consue-tudine communi ; quod quædam verba contra usum ve-terem inclinala patietur, ut passa Hortensium dicere prohsc cervices, cerrix; quædam non, ut si dicas pro fais-ais, faux. Ubi additur, ex quadam parte, significat nonesse in consuetudine in bis verbis omnis partis, ut decli-nalum amo, juvo; amor.juvor.

79. Quid videretur analogia in oralione, et quas ha-beret species, et quæ de his sequenda videretur, ut brevi